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« Discours de la servitude volontaire » - Étienne de La Boétie (voie techno) : résumé et analyse
Bac français, révise les œuvres en 10 min chrono !Si tu as déjà acheté un vêtement juste parce que c’était la mode et que tout le monde avait le même, Étienne de La Boétie te dirait que c’est l’habitude de te soumettre qui t’a fait l’acheter ! Pour retrouver ta liberté de porter ce que tu veux, tu n’as qu’à… refuser ! Même chose en politique : pour s’émanciper de la tyrannie d’un dictateur, il suffit… d'arrêter de lui obéir ! C’est tout l’objet de son Discours de la servitude volontaire, que l’on révise dans cette vidéo.
Étienne de la Boétie, un philosophe précoce
Étienne de La Boétie, c’est un peu le premier de la classe : il étudie le latin, le grec, le droit… Il devient d’ailleurs juriste, comme les autres membres de sa famille. En parallèle, il s’intéresse à l’écriture. Il traduit de nombreux auteurs latins et grecs, et il écrit des vers. En 1548, il rédige le Discours de la servitude volontaire à ton âge : vers 17 ans !
Le contexte historique à l’époque de La Boétie
En France, à la Renaissance, le roi réprime violemment toute révolte. Notamment une révolte contre la gabelle, un impôt sur le sel instauré depuis le Moyen Âge. Cette cruauté choque profondément La Boétie : le roi exerce un pouvoir tyrannique pour maintenir l’unité du royaume. Les tensions ne sont pas que politiques, elles sont aussi religieuses : les protestants ne veulent plus se soumettre à l’autorité du Pape. Le contexte historique est donc mouvementé ! Au XVIe siècle, l’humanisme s’impose : c’est un mouvement intellectuel qui place l’homme au centre de sa réflexion. Éducation et politique sont au cœur des préoccupations. Étienne de la Boétie est un humaniste. Tout comme Montaigne qui aura un coup de foudre amical pour La Boétie. Il fera tout pour faire publier l’œuvre de celui qu’il a aimé comme un « frère ». Mais il n’y parviendra pas. Le Discours de la servitude volontaire verra tout de même le jour après la mort de La Boétie, sous forme d’extraits en 1574 puis dans son intégralité en 1576.
Analyse de Discours de la servitude volontaire
Pour bien comprendre le Discours de la servitude volontaire, il faut bien comprendre le mot « servitude ». Il provient du terme latin servus, qui signifie… “esclave” ! Étienne de La Boétie est en proie à une incompréhension fondamentale :
Comment il se peut que tant d’hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois tout d’un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’on lui donne, qui n’a de pouvoir de leur nuire, qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal, s’ils n’aimaient mieux souffrir de lui que de le contredire ?
Il met en valeur une contradiction : le tyran n’est tyran que parce que le peuple lui donne de la force. Il ne naît pas avec plus de pouvoir que les autres : « Ce qu’il a de plus que vous, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire. » . Ce serait par la volonté que le peuple pourrait sortir de la servitude : « Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres ». Le tyran est donc un colosse aux pieds d’argile : pas besoin de violence pour le faire tomber ! Il suffit juste d’arrêter de se soumettre à lui ! Tu te demandes sûrement pourquoi les hommes acceptent leur soumission. La Boétie te répondrait que c’est par habitude, par passivité, par éducation. Et aussi parce que le tyran distrait le peuple en le divertissant : ce dernier va donc se laisser mener et devenir docile. Étienne de La Boétie crée enfin une typologie des tyrans, c’est-à-dire un classement : il y a ceux qui sont élus, ceux qui prennent le pouvoir par les armes, et ceux qui héritent du pouvoir. Les plus vicieux sont ceux qui sont élus. Leur pouvoir n’est pas héréditaire : alors ils sont prêts à tout pour que ce soient leurs enfants qui récupèrent le trône ! La Boétie fait d’une pierre deux coups ! Il critique le tyran, qui est incapable d’amitié et de bonheur, parce qu’il craint sans cesse d’être trahi. Et il dénonce aussi le peuple faible qui se laisse asservir. La Boétie ne le plaint pas : il le bouscule, en lui expliquant comment fonctionne la servitude, et en l’incitant à être lucide et courageux.
Comment Discours de la servitude volontaire s’inscrit dans le parcours « Défendre et entretenir la liberté » ?
Précision : dans ton essai, appuie-toi d’abord sur tes connaissances du Discours de la servitude volontaire, le texte de la contraction et ta culture générale, en lien avec le parcours.
Tu ne dois pas exprimer d’avis personnel.
Voici trois questions qui pourraient devenir des sujets d’essai et quelques pistes à explorer pour chacune.
- Première question : « Faut-il être instruit pour « défendre » et « entretenir » la liberté, ou ce réflexe est-il naturel ? »
La Boétie suggère qu’une partie cultivée de la population aurait les moyens intellectuels de se révolter, alors que cette révolte n’est pas permise à la “populace” :
Ce sont volontiers ceux qui ont l’entendement net et l’esprit clairvoyant qui ne se contentent pas, comme la grosse populace, de voir ce qui est à leurs pieds [...] Ceux-là, quand la liberté serait entièrement perdue et bannie de ce monde, l’imagineraient et la sentiraient dans leur esprit, la savoureraient encore, et la servitude ne pourrait jamais les séduire.
Il n’est pas tendre avec ceux qu’il appelle aussi les « lourdauds » ou encore « le grossier peuple ». Mais ces appellations sont aussi une provocation : La Boétie veut qu’ils réagissent et qu’ils prennent conscience de la situation. Pour Étienne de La Boétie, il faut que des hommes lucides, éduqués par de brillants exemples (entre autres, lui-même, bien sûr), aident les plus aveuglés à prendre conscience de la situation. Il propose une solution : la désobéissance civile. Ce concept sera théorisé par l’Américain Henry David Thoreau au XIXe siècle dans son ouvrage La Désobéissance civile. Il montre que si le tyran paraît tout puissant et solide, il ne l’est que parce que sa base, le peuple, lui donne cette force. Si le peuple arrête de lui obéir, il perd toute sa puissance. En d’autres termes, la solution est simplissime : la population n’a aucun effort à fournir, puisqu’arrêter d’obéir est un mode d’action passif. En un mot, Étienne de La Boétie a posé le diagnostic, proposé une solution, mais le peuple l’ignore puisque ce sont surtout les intellectuels qui liront le Discours de la servitude volontaire. Il faudra attendre 1789 et la Révolution française pour que le peuple ose enfin écouter La Boétie et renverser ce fameux colosse aux pieds d’argile !
- Deuxième question : « Lutter pour la liberté, est-ce encore d’actualité ? »
Pourquoi voulons-nous vivre libres, mais nous soumettons-nous tout de même à la loi ? La loi est censée préserver nos libertés fondamentales et essentielles, parce que par habitude, par éducation, l’homme peut s’éloigner de sa nature et accepter la servitude : « il est dans la nature de l’homme d’être libre et de vouloir l’être ; mais aussi sa nature est telle que naturellement il prend le pli que son éducation lui donne. »Ce constat est aussi fait par Rousseau, deux siècles plus tard : « L’homme est né libre, et partout il est dans les fers », écrit-il dans Du Contrat social. C’est pourquoi l’homme doit inscrire la liberté comme droit fondamental dans la Constitution, pour la garantir : car il est facile pour un tyran de la limiter jusqu’à la faire disparaître discrètement… Et aujourd’hui, la servitude peut prendre des formes bien plus variées : nous devenons esclaves de la technologie, parce que nous dépendons littéralement de nos téléphones et ordinateurs, qui nous servent à communiquer, à travailler… Le dictateur n’est pas toujours celui auquel on pense de prime abord. Il prend aussi la forme des réseaux sociaux qui font exploser ton temps d’écran ou de l’intelligence artificielle qui fait tes devoirs de maths à ta place. C’est bien de la servitude volontaire ! Ces outils, tout comme un dictateur, te divertissent, jouent sur ton ignorance et ton habitude de les consulter pour entretenir cette dépendance :
Le peuple sot a toujours ainsi fabriqué lui-même
des contes mensongers pour ensuite les croire.
- Troisième question : « La littérature est-elle un outil capable de lutter efficacement pour la liberté ? »
Étienne de La Boétie utilise toute la rhétorique antique pour répondre à cette question ! Comme le ton didactique, oratoire et polémique (du grec polemos = la guerre), les interrogations rhétoriques (de fausses questions qui n’attendent pas de réponse), les expressions péjoratives insultantes. Son but : organiser ses propos, convaincre, et surtout réveiller le peuple aveugle et endormi, lui faire prendre conscience des réalités ! Et en ce sens, la littérature permet de lutter efficacement pour la liberté puisqu’elle engendre une réaction. Dans la littérature d’idées, ce combat peut prendre plusieurs formes. Par exemple, une forme fictionnelle, dans laquelle l’auteur fait semblant d’adopter le point de vue d’un homme ne partageant pas la culture occidentale. Tout cela pour critiquer discrètement et de manière neutre, enfin en apparence bien sûr, la société de son temps et surtout la monarchie. C’est ce que choisit de faire Montesquieu avec ses Lettres Persanes en 1721. Autres formes : la poésie, comme le poème Liberté de Paul Éluard, composé en 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, ou encore l’apologue, comme la fable de Jean de La Fontaine intitulée Le Loup et le Chien. D'un autre côté, La Boétie met aussi en valeur l’action, notamment à travers l’exemple de Caton, homme politique romain du 1er siècle avant Jésus-Christ, qu’il va valoriser parce qu’il veut libérer Rome de Sylla, un dictateur : “Que ne me donnez-vous un poignard ? Je le cacherai sous ma robe. J’entre souvent dans la chambre de Sylla avant qu’il soit levé … j’ai le bras assez fort pour en délivrer la ville.”. Pour autant, La Boétie n’invite pas à prendre les armes tous les quatre matins, et encore moins pour des raisons discutables :
Il ne faut pas abuser du saint nom de la liberté pour accomplir un mauvais dessein.
C’est pourquoi il serait parfaitement en accord avec Rosa Parks et son refus de se lever dans le bus. Elle désobéit passivement, sans violence, pour faire entendre ses droits, dans un contexte de ségrégation raciale aux États-Unis dans les années 1950.
💡 Proposition de conclusion pour le bac français
Pour conclure, tu peux rajouter une quantité infinie de références, puisque les livres ne sont pas les seules formes artistiques qui luttent pour la défense et l’entretien des libertés. Ainsi, la Statue de la Liberté, offerte par la France aux États-Unis, s’impose en tant que symbole universel de la liberté. Les chaînes brisées à ses pieds rappellent à tous que nous pouvons volontairement mettre fin à notre servitude.
👉 Retrouve toutes les vidéos et les fiches de révision de la série Bac français, révise les œuvres en 10 min chrono !
Réalisateur : Georges Heilmann
Auteur : Yolaine Lelant-Papin et Pauline Miet
Producteur : J2F Production
Année de copyright : 2026
Année de production : 2026
Année de diffusion : 2026
Publié le 27/04/26
Modifié le 27/04/26
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