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Bac 202611:53Publié le 27/04/2026

« Le Menteur » - Pierre Corneille : résumé et analyse

Bac français, révise les œuvres en 10 min chrono !

Le Menteur est une pièce de théâtre publiée pour la première fois en 1644. Pierre Corneille y raconte les aventures amoureuses de Dorante, un menteur compulsif ! Résumé de cette comédie, contexte historique, personnages, présentation du parcours dans lequel elle s'inscrit... Trouve toutes les informations-clés dans cette vidéo 👇.

Pierre Corneille, entre comédie et tragédie

Pierre Corneille est un dramaturge du XVIIe siècle, c’est-à-dire un auteur de pièces de théâtre. Il est né à Rouen en 1606. Il commence par suivre des études de droit parce que c’était très à la mode. Mais son cursus à peine terminé, il se tourne vers la littérature et teste différents registres : tragédies, tragédies héroïques, comédies... Pierre Corneille est un touche-à-tout qui se fait connaître grâce au Cid, à Horace et Cinna, trois pièces de théâtre qui ont marqué le théâtre français. Il entre à l’Académie française en 1647. Toutefois, ses dernières années en tant qu’auteur seront bousculées par l’arrivée d’une nouvelle génération d’écrivains. Notamment un jeune dramaturge aux grandes ambitions, Jean Racine.

Dans quel contexte est écrit Le Menteur ?

En littérature, le contexte historique est étroitement relié aux changements de règne. De Louis XIII à Louis XIV, les goûts changent.

  • Sous Louis XIII, qui règne jusqu’en 1643, le théâtre baroque domine : il se caractérise par l’exagération, la démesure, les faux-semblants, les changements et l’instabilité. Tout cela coïncide parfaitement avec ce fameux thème du mensonge. Les comédies ayant pour sujet la tromperie, la ruse, ont un grand succès.
  • Mais, vers 1660, les goûts vont évoluer avec le jeune roi Louis XIV. Ordre et rigueur, voilà les valeurs du classicisme qui feront du malheureux Corneille un has been.

Mais nous n’en sommes pas là, lorsque Le Menteur est créé en 1644. Pierre Corneille, est encore un grand nom de la scène. Cette pièce est inspirée de l'ouvrage espagnol La Verdad sospechosa (La vérité suspecte) de Juan Ruiz Alarcón, datant de 1630. Au XVIIe siècle, les auteurs reprennent parfois des œuvres connues et les adaptent aux goûts et à la culture de leur public. Une sorte de remake !
► Dans Le Menteur, Corneille nous plonge dans une société aristocratique parisienne, très courtisane, qui valorise l’esprit, l’apparence et la galanterie.

Comment résumer et présenter Le Menteur ?

Le Menteur est le récit de Dorante qui raconte beaucoup d’histoires et s’invente constamment une vie pour se rendre intéressant et pour draguer !

Cette comédie se divise en 5 actes :

  • Acte I : Après avoir abandonné ses études de droit à Poitiers, Dorante arrive à Paris. Il demande à son valet Cliton des conseils pour séduire les femmes. Justement, deux femmes apparaissent devant eux. Dorante interroge Cliton : comment s’appelle la plus belle ? Premier quiproquo : Cliton lui répond Lucrèce, alors que Dorante parlait de Clarice. Dorante est donc persuadé que la plus jolie des deux s’appelle Lucrèce. Pour l’impressionner, il prétend rentrer des guerres d’Allemagne, durant lesquelles il aurait été héroïque. Cliton sait pertinemment que c’est un mytho et il n’en revient pas : « Que va-t-il conter ? […] Savez-vous bien, Monsieur, que vous extravaguez ? » (acte I scène 3).
    Par un nouveau mensonge, Dorante provoque malgré lui la jalousie d’Alcippe, l’amant de Clarice, en affirmant avoir donné la veille un « divertissement musical » sur un bateau pour une dame qu’il aime. Dorante ignore qu’Alcippe aime Clarice, or celui-ci comprend que Dorante lui parle d’elle. Et Cliton n’en peut plus : « J’enrage de me taire et d’entendre mentir ! » (acte I scène 5). Il décide de confronter son maître : « J’appelle rêveries/Ce qu’en d’autres qu’un maître on nomme menteries » (acte I scène 6) et il l’avertit : « mais enfin ces pratiques/Vous peuvent engager en de fâcheux intrigues. » (acte I scène 6).
    💡Cela te rappelle sans doute le traditionnel duo comique maître-valet au théâtre : le valet audacieux remet son maître à sa place, quand il le mérite !
  • Acte II : Géronte, père de Dorante, veut que Clarice épouse son fils. Celle-ci ne sait pas qu’elle le connaît déjà. Quant à Géronte, il ignore que Clarice est déjà amoureuse d’Alcippe. Dorante refuse d’épouser Clarice, parce qu’il croit être amoureux de Lucrèce. Pour éviter ce mariage, il prétend s’être déjà marié à Poitiers à une Orphise imaginaire. Après sa discussion avec Géronte, Clarice comprend que Dorante est un grand menteur. Furieuse, elle imagine une ruse avec sa servante Isabelle : cette dernière se fait passer pour Lucrèce afin de tester Dorante lors d’un rendez-vous nocturne secret. Problème supplémentaire pour Clarice : gérer sa relation avec Alcippe, à qui Dorante a menti en prétendant avoir fait la fête avec elle.
  • Acte III : Philiste, ami d’Alcippe, révèle à ce dernier l’ampleur des mensonges de Dorante concernant la fête qu’il prétend avoir organisée : « Rien n’est qu’un pur mensonge/Ou, quand il l’a donnée, il l’a donnée en songe. » (acte III scène 2). Dorante ne s’en rend pas compte, mais petit à petit, tout le monde voit qu’il ment. Notamment Clarice et Lucrèce : « Clarice, à Lucrèce. Est-il plus grand fourbe ? Lucrèce, à Clarice. Il ne sait que mentir ». Nouveau rebondissement : la confusion des identités continue ! Dorante fait le galant pour séduire Clarice (qu’il croit toujours être Lucrèce) tout en étant manipulé par les deux femmes. Avec l’aide d’Isabelle, elles se font passer l’une pour l’autre lors d’un rendez-vous donné à la nuit tombée. Dorante n’y voit que du feu. Clarice le confronte : elle le met face à ses mensonges. Fidèle à lui-même, Dorante ment encore, et s’en sort en prétendant avoir tout inventé… pour lui plaire.
  • Acte IV : Encore un mensonge : Dorante fait croire à son valet Cliton qu’il s’est battu contre Alcippe, et qu’il l’a tué. Mais après une conversation avec ce dernier, Cliton, dégoûté, réalise que Dorante lui ment à lui aussi : « Les gens que vous tuez se portent assez bien. » (acte IV scène 2). Nouveau problème, nouveau mensonge : Géronte insiste pour marier Dorante à Clarice. Dorante confond toujours Clarice et Lucrèce. Alors, il ment à son père en prétendant qu’Orphise, sa soi-disant épouse, est enceinte. Mais, erreur fatale : Dorante  se trompe de nom sur son prétendu beau-père entre deux versions de son histoire, et Géronte commence à avoir des soupçons.
  • Acte V : Géronte découvre enfin - grâce à Philiste - les mensonges de son fils sur Orphise et son père, Pyrandre. « Dorante n’est qu’un fourbe ; et cet ingrat que j’aime/Après m’avoir fourbé, me fait fourber moi-même » (acte V scène 2). Géronte est furieux, il veut imposer à son fils l’épouse qu’il lui a choisie : Clarice étant engagée avec Alcippe, ce sera Lucrèce finalement. Dorante calme la situation par un ultime  mensonge : en vrai c’était de Lucrèce dont il était amoureux dès le départ ! Amoureux du bon prénom, oui, mais pas de la bonne personne quand même 😉! 
    ► Alcippe et Clarice se marient. Tout comme Dorante et Lucrèce. Dorante finit par obéir à son père, et pour garder la face, il prétend qu’il a toujours aimé Lucrèce. Quant à Lucrèce, elle est ravie : Dorante lui plaît depuis le début 💘 !

Qui sont les personnages principaux dans Le Menteur ?

Les personnages sont nombreux !

  • Dorante est notre serial mytho qui enchaîne mensonge sur mensonge, et auprès de tous : valet, amis, père, car « En matière de fourbe il est maître » (Clarice, acte III scène 3).
  • Clarice et Lucrèce sont deux belles jeunes femmes. Dorante tente de les séduire, surtout Clarice, qu’il pense s’appeler Lucrèce.
  • Cliton est le valet de Dorante. Il correspond aux stéréotypes des valets au théâtre : intelligent, farceur, moteur du comique. Cliton est tour à tour alarmé, berné par Dorante, puis son confident, et le critique de ses mensonges.
  • Isabelle est une sorte de double féminin de Cliton, puisqu’elle aussi est une servante intelligente et aide Clarice et Lucrèce à piéger Dorante.
  • Géronte, le père de Dorante, qui comme tous les pères de comédie, a pour but de marier son fils. Il croit d’abord à tous les mensonges de celui-ci avant de réaliser, à la fin de la pièce, que son fils est un menteur.      
  • Alcippe, l’amant de Clarice, qui, lui aussi, tombe dans le piège.
  • Philiste, l’ami d’Alcippe, qui va dévoiler au grand jour les mensonges de Dorante le mytho sans pour autant le critiquer.

Le Menteur et parcours « Mensonge et comédie »

Cet intitulé « Mensonge et comédie » montre que ces deux notions doivent être étudiées ensemble. L’une ne va pas sans l’autre. En effet, dans cette œuvre, le mensonge rend possible la comédie et la comédie passe par le mensonge. Et le mensonge n’est pas traité avec gravité, il n’est pas dénoncé : il ne s’agit pas de le pointer du doigt en observant ses conséquences tragiques. Au contraire, l’auteur s’en sert comme moteur du comique. Et c’est Corneille en personne qui le dit :

J’ai fait Le Menteur pour contenter les souhaits de beaucoup d’autres qui, suivant l’humeur des Français, aiment le changement, et après tant de poèmes graves dont nos meilleurs plumes ont enrichi la scène, m’ont demandé quelque chose de plus enjoué qui ne servît qu’à les divertir.
Pierre Corneille (épître).

Ainsi, les différentes formes de comique employées dans cette œuvre sont :

  • le comique de mots dans l’acte même de mentir !
  • le comique de situation. Par exemple, quand Dorante commet une erreur monumentale et frôle la catastrophe en oubliant le prénom de son beau-père imaginaire ;
  • le comique de caractère puisque les personnages crédules sont tournés en ridicule. Dorante se moque de son propre père : « Dorante. Que dis-tu de l’histoire, et de mon artifice ? / Le bonhomme en tient-il ? m’en suis-je bien tiré ? » (acte II, scène 6)
  • le comique de geste, comme lors de la mise en scène de Clarice jouant à la fenêtre le rôle de Lucrèce, et inversement.

► Attention, mentir n’est pas le privilège exclusif de Dorante. Presque tout le monde se livre au mensonge.

💡Bon à savoir : le jour du bac de français, si ton sujet ne te limite pas à l’étude du personnage de Dorante de manière explicite, il faut mentionner les mensonges des autres protagonistes également !

Le mensonge prend plusieurs formes : invention d’une histoire, inversion des identités, mise en scène… Ces éléments sont d’ailleurs à l’origine de ce qu’on appelle le théâtre dans le théâtre. Lorsqu’un personnage d’une pièce de théâtre joue un rôle en plus de son rôle premier. C’est ainsi que Dorante se construit, par exemple, un personnage fictif aux aventures épiques et romancées extraordinaires ! Et plus Dorante s’enfonce dans ses mensonges, plus nous sommes curieux de savoir comment cette histoire va se terminer.

Corneille et la valorisation du mensonge

Si le dénouement de cette pièce est heureux, c’est parce que cette comédie n’est pas faite pour dénoncer ce défaut. Au contraire, le dramaturge va même le valoriser : il faut des qualités intellectuelles comme du talent, de l’éloquence et de la mémoire pour bien mentir. Mais il faut également des qualités physiques puisqu’un bon menteur doit avoir un parfait contrôle de son corps, et ne pas laisser celui-ci trahir ses mensonges : « Le ciel fait cette grâce à fort peu de personnes / Il y faut promptitude, esprit, mémoire, soins. Ne se brouiller jamais, et rougir encore moins. » (Dorante, acte III scène 4). Loin d’être dénoncé, le mensonge est présenté comme le signe d’une rare vivacité d’esprit ! C’est en ce sens que Cliton conclut cette pièce par l’éloge paradoxal du menteur. Cette comédie serait donc un tuto pour réussir à mentir : « Peu sauraient comme lui s’en tirer avec grâce./Vous autres qui doutiez s’il en pourrait sortir,/Par un si rare exemple apprenez à mentir. » (Cliton, acte V scène 7)

Finalement, l’éloge du mensonge n’est possible que parce qu’il s’agit d’un divertissement (« Si comme vous Lucrèce excellait à mentir /Le divertissement serait rare, ou je meure ! » (Cliton, acte III scène 4). Ce n’est qu’un jeu de l’esprit : la vérité éclate aux yeux de tous très vite… Et Dorante épouse la femme que lui choisit son père, l’autorité paternelle est sauve !

 

💡Exemple de conclusion pour le bac de français

Dorante est vraiment un serial menteur et un serial séducteur à la fois. Il a pourtant de la chance : il finit par se marier ! Cette histoire ne se termine pas si mal pour lui. Même s’il épouse Lucrèce, qui lui plaisait moins que Clarice. En même temps, il n’aurait pas été moral que le menteur soit récompensé… D’autres célèbres personnages de théâtre n’ont pas eu cette chance.Dom Juan, par exemple, l’illustre personnage de la pièce de Molière, gagne un billet en aller simple à destination des Enfers !

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Réalisateur : Georges Heilmann

Auteur : Yolaine Lelant-Papin et Pauline Miet

Producteur : J2F Production

Année de copyright : 2026

Année de production : 2026

Année de diffusion : 2026

Publié le 27/04/26

Modifié le 27/04/26

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