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« Lettres d'une Péruvienne » - Françoise de Graffigny (voie techno) : résumé et analyse
Bac français, révise les œuvres en 10 min chrono !Lettres d’une Péruvienne est un roman épistolaire de Françoise de Graffigny, paru en 1747. Il prend la forme d’un ensemble de lettres écrites par Zilia, une jeune Inca, qui porte un regard extérieur et critique sur l’Europe. Tout ce que tu dois savoir sur cette œuvre au programme du bac de français se trouve dans cette vidéo 👇.
Françoise de Graffigny, écrivaine et esprit des Lumières
Françoise de Graffigny est née en 1695. Mariée à 17 ans, elle a 3 enfants qui mourront tous morts en bas âge. En 1723, elle se sépare légalement de son mari, devient veuve deux ans plus tard et doit alors gagner sa vie comme dame de compagnie. Elle s'intéresse tardivement à l’écriture, puisque ce n’est que vers l’âge de 43 ans qu’elle se lance dans le monde des lettres. Fréquentant les salons littéraires, elle s’entoure des grands esprits des Lumières : Denis Diderot, Jean-Jacques Rousseau ou encore Voltaire. Ils partagent la défense de la raison, de la science et de la liberté contre l’injustice, l’intolérance et la tyrannie. Françoise de Graffigny se met à écrire des pièces de théâtre, des contes. Ses Lettres d’une Péruvienne connaissent un grand succès dès leur publication, en 1747.
Lettres d’une Péruvienne et critique du colonialisme
Pour bien comprendre l’histoire de l’héroïne du livre, Zilia, il faut se plonger dans le contexte colonial de l’Europe au XVIIIe siècle. Depuis la découverte des Amériques en 1492, les Européens pillent, détruisent et réduisent des populations en esclavage. Les Espagnols ont conquis le Pérou et détruit l’Empire inca en imposant leur langue, leur religion et leur culture. Des pratiques violentes contre lesquelles s’insurgent les esprits des Lumières. « Tous les droits de l’humanité [sont] violés » (introduction historique aux Lettres d’une Péruvienne).
Françoise de Graffigny s’inscrit pleinement dans ce mouvement intellectuel et culturel. Dans son roman, elle choisit un ton polémique, satirique et moraliste pour dénoncer les pratiques cruelles des colons. Grâce à son regard neuf, le personnage de Zilia pointe du doigt les inégalités concernant l’éducation des femmes, le mode de vie européen, l’hypocrisie, le matérialisme… D’abord ignorante, Zilia devient, au fil du récit, savante. Cela fait d’elle le symbole des Lumières contre l’obscurantisme : « je cherche des lumières avec une agitation qui me dévore ; et je me trouve sans cesse dans la plus profonde obscurité. ».
Comment résumer et présenter Lettres d’une Péruvienne ?
L’ouvrage Lettres d’une Péruvienne rassemble des lettres fictives. Autrement dit, Zilia n’a jamais existé, même si des femmes comme elle ont, sans doute, réellement vécu. À l’époque, Françoise de Graffigny affirme que ces lettres sont authentiques et qu’elle les a traduites elle-même. Mais c’est bien l’autrice qui se cache derrière cette jeune Péruvienne…
- Les lettres 1 à 36 s’adressent à Aza, le fiancé péruvien de Zilia.
Les conquistadors espagnols viennent d’enlever Zilia à son pays, et la maltraitent : « Ils me regardent comme leur esclave, et […] leur pouvoir est tyrannique. » (lettre 5). Zilia est affolée de ne pas parler leur langue, puisque ça l’empêche de comprendre ce qui lui arrive : « ignorant la langue de ces hommes féroces dont je porte les fers » (lettre 1).
Alors qu’elle est sur un bateau en direction de l’Europe, elle est « sauvée » par le chevalier Déterville. L’homme tombe amoureux de Zilia. Il la traite bien et la ramène en France, où elle rencontre sa sœur Céline, qui devient immédiatement son amie… Mais elle rencontre aussi leur mère, qui la méprise comme le feront les autres Françaises, parce que Zilia est une étrangère.
Alors Zilia prend sa vie en main et s’instruit : elle suit des cours de français et fait tout pour mieux comprendre ce nouveau monde. Si elle l’admire parfois, elle en dénonce surtout les défauts. Un jour, surprise : on retrouve la trace d’Aza, en Espagne. Zilia est impatiente qu’il la rejoigne en France ! Le chevalier Déterville, blessé, s’éloigne. - Les lettres 37 à 41 changent de destinataire et sont adressées à Déterville, qui est désormais loin. Zilia lui raconte que ses retrouvailles avec Aza ne se passent pas comme prévu. Ce dernier est indifférent, infidèle, et a renié sa culture péruvienne. Zilia est blessée, mais elle ne cède pas pour autant à l’amour de Déterville, à qui elle propose de rester bons amis.
Lettres d’une Péruvienne et parcours « un nouvel univers s’est offert à mes yeux » en voie techno
On te propose trois questions qui pourraient devenir des sujets d’essai à l'écrit du bac de français, et quelques pistes à explorer pour chacune.
⚠️ Attention, ton avis personnel ne compte pas ici ! Dans ton essai, appuie-toi d’abord sur tes connaissances de l’œuvre, le texte de la contraction (qui inspirera le sujet d’essai) et ta culture littéraire, historique et générale.
💡Exemples de sujets d’essai pour l'écrit du bac de français
SUJET 1 :En quoi le voyage est-il bénéfique pour l’individu ?
« À mesure que j’en ai acquis l’intelligence, un nouvel univers s’est offert à mes yeux. » (lettre 18) Voici la citation qui a inspiré l’intitulé du parcours.
→ Zilia montre ainsi ce que signifie arriver dans un nouveau monde pour un individu. Il y découvre une nouvelle culture et une nouvelle langue. Le voyageur devient plus ouvert d’esprit et plus lucide sur le monde qui l’entoure. Zilia fait donc l’expérience de la culture européenne, et voit pour la première fois des objets qu’elle admire comme les fontaines, lors du mariage de Céline. Zilia devient philosophe. Elle illustre parfaitement l’allégorie de la Caverne du philosophe grec Platon. Symboliquement, elle était dans le noir, dans une caverne, parce qu’elle ne connaissait ni le lieu, ni la langue, ni les usages du pays dans lequel elle a été emmenée. Mais grâce à ses efforts et ses apprentissages, elle a réussi à en sortir et à s’élever : elle a atteint la sagesse. « Venez, Déterville, venez apprendre de moi à économiser les ressources de notre âme, et les bienfaits de la nature. Renoncez aux sentiments tumultueux, destructeurs imperceptibles. » (lettre 41)
→ Et qui dit voyage, dit aussi voyage… intérieur ! Le roman Lettres d’une Péruvienne est un véritable roman de formation, puisque ce voyage en Europe permet à Zilia d’en apprendre davantage sur les Français, sur la langue française, mais aussi sur elle-même. Quand elle se découvre dans le miroir, elle ne se reconnaît pas : « Le Cacique m’a fait comprendre que la figure que je voyais, était la mienne ». Grâce au miroir du Cacique, mot qui veut dire « chef » et qui désigne Déterville, elle découvre ainsi qui elle est véritablement... Une femme courageuse, qui ne se laisse pas détourner de ses valeurs, ni déterminer par un homme. Aza est infidèle ? Zilia va se relever, elle ne va pas se morfondre.
SUJET 2 : A-t-on besoin de voyager pour porter un regard critique sur sa culture ?
Ou autrement dit, a-t-on besoin de se déplacer ou d’être originaire d’un autre pays que la France pour adopter un point de vue étranger et critique sur ce pays ? A-t-on besoin d’être un barbare, au sens premier du terme ?
→ « Barbare » vient du grec barbaros qui signifie l’étranger. Mais attention, ce n’est pas négatif sous l'Antiquité. C'est plus tard que le terme prendra le sens plus péjoratif de celui qui appartient à une autre culture qui serait inférieure et cruelle. Ce second sens est employé par les Occidentaux pour désigner les populations qu’ils colonisent. Pourtant, celles-ci sont bien plus proches de la nature et infiniment moins cruelles que les Occidentaux. Les Européens sont hypocrites, superficiels : « Quelques-uns ont l’air de penser ; mais en général je soupçonne cette Nation de n’être point telle qu’elle paraît ; l’affectation me paraît son caractère dominant. » (lettre 16) ; ils sont matérialistes : « Il faut paraître riche, c’est une mode, une habitude, on la suit » (lettre 29)… Bref, Zilia brosse un portrait critique et satirique des Occidentaux. Et ce n’est pas Jean-Jacques Rousseau qui va lui donner tort : « Jusques ici, j’ai vu beaucoup de masques, quand verrai-je des visages d’hommes ? » se demande-t-il dans La Nouvelle Héloïse, en 1761.
→ Au XVIIIe siècle, l’exotisme est à la mode. Les Occidentaux développent un goût prononcé pour les contrées lointaines aux cultures différentes. C’est pourquoi cet exotisme est utilisé pour critiquer l’Europe : le regard étranger de Zilia lui permet de percevoir tous les défauts des Occidentaux. On peut aussi citer Montesquieu et ses Lettres persanes parues en 1721. Uzbek, un personnage venu visiter la France, échange des lettres avec son ami Rica, resté chez eux en Perse. Comme Graffigny, Montesquieu commente la société française pour mieux la critiquer.
→ Zilia ne porte pas de regard critique sur sa propre culture. Elle considère la culture péruvienne comme un modèle vertueux. C’est pour elle un état de nature non corrompu par la société, où les hommes seraient bienveillants, innocents, indifférents aux richesses et se contenteraient de ce que la nature leur offre. C’est clairement la définition du mythe du bon sauvage : « on élevait la jeunesse avec tous les soins qu’exigeait l’heureuse simplicité de leur morale » (introduction historique aux Lettres d’une Péruvienne). La critique cible en revanche Aza, ce traître, cet infidèle qui a renié sa culture, sa religion, sa langue, pour adopter celles des Espagnols.
SUJET 3:La littérature permet-elle d’adopter un regard nouveau sur le monde ?
→ En effet, tu peux tout à fait parcourir le monde… depuis ta chambre et lire Michel de Montaigne ! Et plus particulièrement son essai Des Cannibales, dans lequel il invite le lecteur à ne pas porter un regard plein de préjugés sur ces populations amérindiennes. Par exemple, comme l’explique Montaigne, les Indiens mangent leurs prisonniers de guerre. Mais c’est une tradition qui se fait dans un certain respect : ils prennent soin d’eux et les assomment pour qu’ils ne souffrent pas. Montaigne les compare aux Portugais, qui, eux, torturent leurs prisonniers avant de les achever… Ce concept, consistant à regarder les autres cultures comme des cultures différentes et non inférieures, s’appelle le relativisme culturel !
→ Mais dans Lettres d’une Péruvienne, on voit aussi que découvrir de nouvelles cultures, n’est pas toujours plaisant : « Les objets ont pris une autre forme, chaque éclaircissement m’a découvert un nouveau malheur. » (lettre 18). En un mot : les découvertes de Zilia vont aussi de pair avec des déceptions et de la nostalgie. Zilia est mélancolique à la pensée du Pérou et de son fiancé.
► Ainsi, c’est aussi le voyage en tant que tel qui te permet d’adopter un regard nouveau sur le monde, de te détacher des préjugés et des idées reçues, et de faire ta propre expérience.
Devenir un voyageur éclairé à l'image des auteurs des Lumières !
Comme le montre Françoise de Graffigny, quand tu voyages, il faut ouvrir ton esprit pour te laisser surprendre par une expérience personnelle. Ainsi, chaque voyageur perçoit les pays à sa manière ; par exemple, ce n’est pas parce qu’Henri Michaux a détesté l’Inde dans Un barbare en Asie que toi aussi, tu auras les mêmes impressions ou le même regard sur ses paysages !
👉 Retrouve toutes les vidéos et les fiches de révision de la série Bac français, révise les œuvres en 10 min chrono !
Réalisateur : Georges Heilmann
Auteur : Yolaine Lelant-Papin et Pauline Miet
Producteur : J2F Production
Année de copyright : 2026
Année de production : 2026
Année de diffusion : 2026
Publié le 27/04/26
Modifié le 27/04/26
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