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Français10:11Publié le 27/04/2026

« Cahiers de Douai » - Arthur Rimbaud : résumé et analyse

Bac français, révise les œuvres en 10 min chrono !

Dans Cahiers de Douai, le jeune Arthur Rimbaud couche sur de simples cahiers d’écolier des poèmes qui vont devenir des classiques de la poésie française. Résumé, contexte, analyse, parcours dans lequel elle s’inscrit : découvre toutes les notions-clés de l’œuvre dans cette vidéo.

Qui est Arthur Rimbaud ?

La vie de Rimbaud est plutôt mouvementée. Né en 1854, à Charleville, dans les Ardennes, non loin de la frontière avec la Belgique, il passe son enfance dans la ferme familiale. Sa relation avec sa mère est conflictuelle : il l’appelle même « La Daromphe » ! Il ne connaît que très peu son père, qui les a abandonnés alors qu’il n’avait que 6 ans. Malgré cette situation difficile, c’est un petit génie : il gagne des prix littéraires, écrit en latin, et se fait repérer par le principal de son collège et ses professeurs. À 15 ans, il commence à rédiger ses premiers poèmes, entre autres « Ophélie », « Sensation » ou encore « À la musique ». Mais il ne supporte plus la vie à la campagne, ni l’autorité de sa mère, Vitalie. Alors, il multiplie les fugues à Paris. Le jeune Arthur veut devenir poète ! Tout ne se passe pas comme prévu : lui qui rêve de mener la vie d’artiste librement à Paris, se fera arrêter et sera emprisonné brièvement. Clairement, il refuse toute autorité. C’est à cette période de sa vie, entre fugues et écriture de ses premiers textes sur ses cahiers d’écolier, qu’il rencontre le poète Paul Demeny à Douai. Il lui confiera ces fameux poèmes que tu lis aujourd’hui et qu’il considérait comme des erreurs de jeunesse :

Brûlez tous les vers que je fus assez sot pour vous donner

lors de mon séjour à Douai !

Heureusement, Paul Demeny lui a désobéi et ce n’est que plus de vingt ans plus tard, après la mort de leur auteur, qu’ils sont publiés. Rimbaud ne retournera pas en classe. Il rencontre Paul Verlaine, poète reconnu, marié et père de famille. Ensemble, ils vivront une relation passionnelle : « Venez, chère grande âme, on vous appelle, on vous attend », écrit Verlaine à Rimbaud. Mais cette relation amoureuse se termine tragiquement, puisque Verlaine lui tire dessus. Même s’il ne le blesse que superficiellement, cela signe la fin de leur histoire. Enfin, pas tout à fait, puisque Rimbaud rédigera des poèmes inspirés de leur relation dans son recueil Une saison en enfer. Bien qu’admiré par ses amis poètes, Rimbaud n’a pourtant pas connu le succès de son vivant. Mais ce n’est pas une priorité pour lui, et c’est d’ailleurs pourquoi il abandonne la littérature à 20 ans. Celui que Verlaine surnomme « l’homme aux semelles de vent » voyage beaucoup, devient négociant et trafiquant d’armes, avant de mourir en 1891, à l’âge de 37 ans. Une vie brève mais intense…

Résumé de Cahiers de Douai

Cahiers de Douai rassemble 22 poèmes : 15 donnés entre août et septembre 1870 à Paul Demeny, et 7 autres, écrits durant une fugue vers Paris, qu’il lui confiera un mois plus tard. Ces poèmes sont lyriques : ça signifie que le « je » possède une place centrale. Et que le poète s’accorde beaucoup d’importance : il exprime et analyse ses sentiments personnels. La nature aussi a un rôle capital. Elle est chaleureuse, et elle l’accueille à ciel ouvert durant ses fugues : « Mon auberge était à la Grande-Ourse » (« Ma Bohème »). Rimbaud est vraiment la caricature du jeune poète vagabond aux vêtements troués, avec un baluchon sur le dos, car comme il le dit lui-même, il erre « les poings dans mes poches crevées » (« Ma Bohème »). La nature est ainsi sa source d’inspiration poétique : « J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal » (« Ma Bohème ») ; « Petit Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course/Des rimes. » (« Ma Bohème »). Le lien entre le poète et la nature est donc essentiel puisque sans elle, pas de poésie ! La nature remplace aussi parfois la femme aimée. La femme, dans ses poèmes, est fantasmée et rêvée : avec elle, Rimbaud n’a pas une véritable relation sentimentale. Mais il est jeune, comme il l’écrit lui-même dans « Roman », « On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans »…  Et cela explique pourquoi il ne s’interdit rien, dans ses poèmes, il se libère de toute contrainte, et c’est d’ailleurs cela qui a inspiré l’intitulé du parcours « Emancipations créatrices ».

Dans quel contexte historique parait Cahiers de Douai ?

  • En 1870, la situation historique en France est chaotique : on assiste à la chute de Napoléon III et du Second Empire, et à la guerre franco-prussienne. C’est justement cette guerre qui est dénoncée dans « Le Dormeur du val ».
  • Du point de vue social, la société a des normes trop strictes, pour Rimbaud. Mais la loi est encore plus redoutable : l’homosexualité est passible de sanctions. Notre jeune Arthur mène une vie de débauche : il fugue, il est emprisonné, il boit beaucoup… C’est un ado provocateur et à contre-courant des normes. D’où son attirance pour Paris, une ville qui incarne à la fois ses espoirs de devenir poète et une certaine agitation qui le fascine.
  • Enfin, le contexte littéraire est central : le romantisme, dont les poèmes ont pourtant nourri le jeune Arthur, est en plein déclin. Pour rappel, ce mouvement littéraire accorde une grande importance à la nature, aux sentiments personnels, au rêve…
  • Rimbaud s’intéresse aussi brièvement au Parnasse. C’est un courant littéraire de la fin du XIXe siècle, né en réaction au romantisme. La poésie y est objective : on ne parle pas de soi, on évite tout engagement, et seul compte l’idéal de beauté et de perfection. Mais trop de règles, trop de cadres, c’est tout ce que déteste Rimbaud. À peine introduit par Verlaine auprès des poètes parnassiens, il se moque d’eux et part en courant tracer son propre chemin.

Cahiers de Douai dans le parcours « émancipations créatrices »

Émancipations, cela signifie libérations, et l’adjectif « créatrices » est là pour montrer que ces libérations des contraintes aboutissent à une création. Évidemment, c’est de création poétique dont il est question ici.  Tu remarqueras qu’il y a un « s », marque du pluriel, à ces termes. Les émancipations sont donc multiples ! Bien sûr, dans un sujet qui t’invite explicitement à ne mentionner que les émancipations poétiques, tu pourras te limiter à celles-ci. Mais si ce n’est pas le cas, d’autres libérations sont à mentionner :

  • L’émancipation est sociale et thématique  : Rimbaud  mène une vie de débauche. C’est ce que montrent les références érotiques et alcoolisées d’ « Au Cabaret vert » : « Quand la fille aux tétons énormes, aux yeux vifs,/[…] m’emplit la chope immense ». Il est aussi contre la bourgeoisie. Il caricature le mépris de cette classe sociale dans « Le Forgeron » : « ça bave aux murs, ça roule, ça pullule…/-Puisqu’ils ne mangent pas, Sire, ce sont les gueux ! ». Et il se bat contre les inégalités, il défend ceux qui vivent dans la misère, notamment dans « Les Effarés » : « À genoux, cinq petits, - misère- !/Regardent le boulanger faire/Le lourd pain blond… » Enfin, il attaque aussi l’institution religieuse et son hypocrisie : « Il est un Dieu, qui rit aux nappes damassées/Des autels, à l’encens, aux grands calices d’or », écrit-il dans « Le Mal ». Rimbaud n'hésite jamais à choquer, même quand cela peut lui causer de gros soucis !
  • L’émancipation est aussi politique : Napoléon III et sa politique guerrière sont largement critiqués. On pense entre autres à « L'Éclatante Victoire de Sarrebrück, remportée aux cris de vive l’Empereur ! » Et à ses quatre premiers vers : « Au milieu, l’Empereur, dans une apothéose/Bleue et jaune, s’en va, raide, sur son dada/Flamboyant ; très heureux, - car il voit tout en rose,/Féroce comme Zeus et doux comme un papa. »
  • Il y a aussi l’émancipation géographique : fugues, balades, traversée de la frontière (« Au Cabaret vert » le prouve, Rimbaud écrit « J’entrais à Charleroi »)... Tout cela fait de Rimbaud l’archétype du poète vagabond qui déambule sans destination : « Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,/Picotés par les blés, fouler l’herbe menue » (« Sensation »).
  • Évidemment, l’émancipation est poétique : la forme poétique est tordue, parodiée. Cela signifie que Rimbaud va la détourner pour s’en moquer. Par exemple, la métrique traditionnelle, c’est-à-dire les règles d’écriture poétique, n’est pas respectée. On repère une ponctuation irrégulière, et des poèmes comme « Les Effarés » présentent des vers avec un nombre de syllabes irrégulier ! De quoi faire frissonner les poètes classiques…
  • L’émancipation est enfin littéraire de manière plus large : Rimbaud rompt avec la forme poétique stricte. La frontière entre les genres est poreuse, floue, facilement franchissable. Pense au poème intitulé « Roman », à « Ophélie » qui se compose de chapitres. « Le Dormeur du val » est, comme une nouvelle, un poème à chute ; et « Le Châtiment de Tartufe » présente un personnage issu du théâtre de Molière
  • Rimbaud s’émancipe aussi des artistes emblématiques, moqués : « Le Bal des Pendus » parodie « La Ballade des Pendus » de François Villon, un poète du XVe siècle, par exemple. Mais il ne se moque pas seulement des poètes, puisque le peintre Botticelli et sa « Naissance de Vénus », sublime tableau représentant la déesse qui sort d’un coquillage, sont parodiés par « Vénus anadyomène », poème décrivant une vieille femme grasse et hideuse qui sort d’une baignoire… et elle est même « Belle hideusement d’un ulcère à l’anus » !

Cependant, Rimbaud ne s’émancipe pas tout le temps de la tradition, il s’en inspire aussi parfois : beaucoup de poèmes, comme « Le Dormeur du val », sont des sonnets, une forme poétique traditionnelle se composant de deux quatrains, strophes de 4 vers, puis deux tercets, strophes de 3 vers. De plus, Rimbaud emploie l’alexandrin, le vers traditionnel de 12 syllabes, de manière quasi systématique. Pour bien comprendre cette ambivalence, il faut te replacer dans le contexte : Rimbaud est jeune, alors forcément, comme tout ado, il se cherche, il essaye. Il s’inspire de la tradition, parce qu’il a besoin d’une base, mais il s’en émancipe aussi, parce qu’il a besoin de tenter quelque chose de nouveau !

 

💡 Proposition de conclusion pour le bac français

L’enjeu du parcours reposait sur cette opposition qu’on peut nuancer entre tradition et modernité. Sur la volonté de Rimbaud de s’émanciper des auteurs de la tradition. Et pourtant, aujourd’hui, tu l’étudies pour ton bac… paradoxal, non ? Dans l’acte même de se libérer de la tradition, Rimbaud crée une nouvelle manière de faire de la poésie, c’est ce que l’on appelle un nouvel art poétique. Il devient ainsi lui-même un poète traditionnel dont s’inspireront d’autres grands poètes comme Ponge ou Apollinaire !

 

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Réalisateur : Georges Heilmann

Auteur : Yolaine Lelant-Papin et Pauline Miet

Producteur : J2F Production

Année de copyright : 2026

Année de production : 2026

Année de diffusion : 2026

Publié le 27/04/26

Modifié le 27/04/26

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