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« Mes forêts » - Hélène Dorion : résumé et analyse
Bac français, révise les œuvres en 10 min chrono !Si tu fermes les yeux, quel paysage te vient en tête ? Une plage, une montagne, une ville ? À cette question, Hélène Dorion répondrait clairement : des forêts. Cet environnement a une grande importance pour elle, au point qu’elle lui consacre tout un ouvrage, intitulé Mes forêts… Résumé, analyse, contexte et parcours dans lequel elle s’inscrit : découvre tout ce qu’il faut savoir sur cette œuvre dans cette vidéo.
Qui est Hélène Dorion ?
Hélène Dorion est née en 1958 à Québec, capitale du sirop d’érable. Après des études de littérature et de philosophie, elle devient enseignante, métier qu’elle exerce durant six ans. Puis, on lui offre un poste dans une maison d’édition consacrée à la poésie. Un métier qui l’intéresse d’autant plus qu’elle en écrit déjà elle-même. En une quarantaine d’années, ce sont à peu près trente livres qui voient le jour, des romans, des recueils de poèmes, des essais, et même des récits illustrés par des photographies ! Si les genres littéraires qui l’intéressent sont variés, son œuvre suit tout de même un fil directeur : le thème d’une nature sensible et fragile ! Progressivement, elle se fait connaître au Canada, mais également dans le monde entier. Ses ouvrages sont traduits et publiés dans des dizaines de langues, elle obtient de grands prix littéraires comme en 2024, le Grand Prix de poésie de l’Académie française. En 2025, elle est même nommée chevalière de l’ordre des Arts et des Lettres de la République française. C’est pour cela qu’aujourd’hui, tu planches sur Mes forêts, paru en 2021, première œuvre francophone écrite par une Canadienne proposée au bac de français !
Résumé et figures centrales de Mes forêts
« Mes forêts s’apparenterait presqu’à un roman, dans le sens où ce livre raconte une histoire, qui part d’un début et qui va vers une fin », écrit Hélène Dorion. Voilà pourquoi elle n’est pas trop d’accord avec le fait de considérer son œuvre comme un recueil. Il ne s’agit pas de lire un poème par-ci par-là, pris de manière isolée, mais de considérer le tout comme un ensemble qui suivrait un fil directeur… Mes forêtsse divise en quatre sections. Entre ces quatre sections, sont intercalés des poèmes qui commencent tous par « Mes Forêts ». Au total, l'œuvre compte 59 poèmes !
- Première section, « L’écorce incertaine » : Hélène Dorion se promène dans la forêt, et partage ses observations. Si elle écrit que l’écorce est incertaine, c’est parce que la nature est vulnérable ; mais chaque faille est une porte vers quelque chose de nouveau. Cela justifie la présence d’un vocabulaire particulier avec des mots comme « faille », « fissure » ou « craqueler », qui soulignent la fragilité de cette nature, qui doit être préservée. C’est pourquoi sa douceur, sa force et les blessures provenant d’agressions extérieures coexistent ! Cette section a pour but de présenter les différents éléments de la nature, un par un, afin de créer le décor du reste de l’ouvrage. C’est pour cela que les titres des poèmes renvoient aux éléments de la nature : « Le tronc », « Les feuilles », « L’écorce » … Il s’agit de présenter les sujets de « ses » forêts, de peindre un tableau multisensoriel (cela veut dire qu’elle fait référence aux différents sens). Et le lecteur pourra le visualiser et l’imaginer !
- La section « Une chute de galets » propose une réflexion sur le temps et sur l’éternité. L’épigraphe de l’écrivaine Silvia Baron Supervielle, petite citation placée avant un poème, le souligne : « Où aller sans commencement/et peutêtre sans fin ». Le caractère éphémère de la vie, de l’homme est mis en valeur. Sa vanité l’est également, puisqu’il se coupe du seul milieu dans lequel il vit réellement pour se concentrer sur le virtuel, sur ce qu’elle appelle « facebookinstagramtwitter ». Il se focalise sur des écrans qui, par définition, créent un filtre entre lui et la réalité : ses forêts.
elles sont un dessin de nature morte/ignorant les écrans/
sur lesquels on les regarde/sans jamais les voir.
Tu l’auras compris, la « nature morte », c’est le genre artistique, mais c’est aussi à prendre au sens littéral du terme : le virtuel représente un danger : celui de se couper de la réalité !
- La section« L’onde du chaos » interroge le rapport de l’homme à la nature. L’ « onde du chaos », c’est cette vague de modernité, brutale, destructrice, violente, qui détourne l’homme de la nature : « on appelle des catastrophes/pour les couvrir du tissu/de nos indifférences » Le ton est bien plus sombre, bien plus pessimiste :
mes forêts/racontent une histoire/qui sauve et détruit/sauve/et détruit.
- La section« Le bruissement du temps » a un ton plus doux, plus léger que la section précédente. Hélène Dorion fait référence à l’Histoire de l’humanité avec un grand H. Elle mentionne les mythes antiques (celui de Prométhée, qui a volé le feu à Zeus), les dieux gréco-romains, puis elle fait un bond dans le temps et cite les savants comme Einstein. Le lien avec la nature ? Facile : c’est elle qui est témoin de l’histoire de l’homme :
la terre a commencé à recueillir nos histoires.
(Avant l’horizon)
Et heureusement, la tonalité est moins pessimiste : après la pluie, le beau temps ! Ou comme le dit Hélène Dorion :
un poème murmure / un chemin vaste et lumineux/
qui donne sens/à ce qu’on appelle humanité.(Avant la nuit)
Ce qu’elle souligne ici, c’est le fait qu’on peut retrouver l’harmonie entre l’homme et la nature qui existait avant les smartphones et les réseaux sociaux, grâce à la poésie ! La preuve que, les poètes peuvent vraiment sauver le monde !
Dans quel contexte a été écrit Mes forêts ?
Hélène Dorion a écrit Mes forêts durant une période très particulière, celle de la pandémie de covid 19 ! Nous avons tous vécu le confinement d’une manière différente. Hélène Dorion a appris à ralentir, à observer la nature et à la ressentir pleinement. Elle est très sensible à la fragilité de la nature et à l’écologie. Par exemple, l’incendie dans le parc naturel de Banff, au Canada, lui a fait réaliser que tout ne tient vraiment qu’à un fil !
Quant au contexte littéraire contemporain en poésie, un seul mot d’ordre : place à la liberté de créer ! Tu l’auras remarqué, la poésie d’Hélène Dorion est fragmentée. Cela signifie que la métrique, c’est-à-dire la forme du poème, est irrégulière. Les syllabes, les vers, les strophes, n’ont aucune régularité et ne respectent pas les règles traditionnelles ! Il n’y a pas le même nombre de syllabes par vers, ni le même nombre de vers par strophe, c’est la liberté totale.
Mes forêts dans le parcours « La poésie, la nature, l’intime »
Le parcours « La poésie, la nature, l’intime » invite à étudier le lien très fort entre ces trois éléments, qui se fondent et se confondent. Le déterminant possessif « mes » dans le titre Mes forêts montre qu’une relation très forte unit la nature et la poétesse. Le silence et l’observation de la nature permettent de se reconnecter avec soi-même, dans « sa » forêt intérieure, une forêt de mots, de poèmes. C’est la forêt qui permet à la poétesse de mieux se comprendre et de retrouver une forme de paix avec elle-même :
les forêts/apprennent à vivre/avec soi-même.
(L’horizon)
Et cela au point que l’individu et la forêt semblent fusionner : la forêt aurait un accès direct à l’intime, comme si elle faisait partie de la poétesse : « les forêts entendent nos rêves/et nos désenchantements » (Le tronc). Ce contact avec la nature bouleverserait l’intime, le modifierait : « les forêts creusent/parfois une clairière/au-dedans de soi » (Les Feuilles). C’est dans cette perspective que l’on comprend pourquoi la poétesse a aussi un accès privilégié à l’intime de la forêt. Elle ressent ses moindres mouvements dans son âme, et cela la touche directement :
je ne sais pas/ce qui se tait en moi/quand la forêt/cesse de rêver.
(Le silence)
Tout cela peut être résumé par l’un des derniers vers de ce livre : « et quand je m’y promène/c’est pour prendre le large/vers moi-même » (Le bruissement du temps). Tu as bien compris cette belle antithèse ? S’éloigner pour mieux revenir… C’est donc un véritable hymne à la nature que chante Hélène Dorion. Le motif du chant est très présent :
tu écoutes le chant des racines ; j’écoute le monde qui bruit.
(L’onde du chaos)
Pour rappel, aux origines, la poésie était … chantée ! On perçoit encore mieux le lien entre poésie, nature et intime quand on le sait ! La poésie d’Hélène Dorion est aussi une poésie polyphonique… En grec, poly signifie « plusieurs » et phone « sons », « voix ». « Polyphonique » signifie donc « qui fait entendre plusieurs voix ». On entend donc beaucoup la voix d’Hélène Dorion, mais aussi celle de « ses » forêts, qui sont personnifiées. D’où l’emploi de nombreux verbes comme « gémir », « chanter », « raconter », verbes de parole montrant que ces voix s’expriment : « le bois me racontait une histoire » (L’onde du chaos) ! Dans Mes forêts, nous avons donc de nombreuses voix, une dimension intime, une poétisation de la nature malgré les ravages du monde moderne, une forte musicalité… : le ton est lyrique ! Malgré des références allant en apparence contre tout lyrisme, comme :
il fait un temps d’arn/de ram zip et chus/sdf et vip/
il fait triple k/USA made in China.(L’onde du chaos)
« vip », « ram », « zip »... ces mots sont des acronymes, très contemporains, qui, à première vue, ne semblent pas très poétiques… Et pourtant, Hélène Dorion les inclut dans ses poèmes, pour y intégrer la voix du monde moderne. Ce qui montre que son écriture fait résonner tous les bruits du monde, même les plus inattendus ! Il y a donc de l’espoir ! Malgré le ton parfois pessimiste qu’emploie Hélène Dorion quand elle mentionne les catastrophes naturelles, l’impact négatif de l’homme sur la nature, un renouveau est possible :
plus léger plus coloré/un monde surgit/dans le reflet de la mémoire/prononce un commencement.
(«L’onde du chaos)
Enfin, tu l’auras sûrement remarqué, la poésie d’Hélène Dorion est très particulière : sur les pages de ton livre, on a de grandes espaces, pas de ponctuation, de rares majuscules… Cette liberté formelle rappelle quelques mots de Bruno Doucey, poète et écrivain, lui aussi, adressés à Hélène Dorion : « Je parcours Mes forêts du regard, et je vois que tu y as supprimé tout signe de ponctuation. Que tu ne conserves la majuscule que pour les noms propres et l’entame de chaque texte. Que tes mots s’organisent verticalement dans l’espace de la page, ménageant des espaces blancs, des vides, des brèches, comme autant de clairières dans la forêt du livre. Et si c’était finalement cela la poésie, Hélène : des mots qui se mettent debout dans l’espace de la page. » Intéressante, cette définition de la poésie et ce lien avec la nature : preuve que, l’intitulé du parcours est très significatif, car tous les chemins poétiques mènent aux forêts…
💡 Proposition de conclusion pour le bac français
Il n’est pas indispensable pour réviser ton bac, d’enfiler tes baskets et te promener dans la forêt. Mais faire attention à la nature qui t’entoure peut vraiment t’aider. Comme Hélène Dorion, essaie de te focaliser sur les détails et d’imaginer un monde à la fois plus vivant et plus fragile que tu ne le penses. Si tu n’es pas fan des balades, tu peux aussi lire le grand poète Victor Hugo, qui décrit la puissance et la beauté de la nature dans ses Contemplations !
👉 Teste tes connaissances sur Mes forêts d'Hélène Dorion avec notre quiz.
👉 Retrouve toutes les vidéos et les fiches de révision de la série Bac français, révise les œuvres en 10 min chrono !
Réalisateur : Georges Heilmann
Auteur : Yolaine Lelant-Papin et Pauline Miet
Producteur : J2F Production
Année de copyright : 2026
Année de production : 2026
Année de diffusion : 2026
Publié le 27/04/26
Modifié le 27/04/26
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