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Bac 202610:36Publié le 27/04/2026

« Pour un oui ou pour un non » - Nathalie Sarraute : résumé et analyse

Bac français, révise les œuvres en 10 min chrono !

Se faire ghoster sans raison, c’est très énervant, n’est-ce pas ?! Dans la pièce de théâtre Pour un oui ou pour un non, Nathalie Sarraute décrit cette situation entre deux amis d’enfance. Elle raconte comment le « ghosté », excédé, va demander des explications au « ghosteur » ! Résumé, contexte historique, personnages, présentation du parcours dans lequel l’œuvre s'inscrit... Trouve toutes les informations-clés dans cette vidéo 👇.

Nathalie Sarraute et l’exploration du langage

Nathalie Sarraute est née en Russie en 1900, mais après la séparation de ses parents, elle va vivre en France et en Suisse. Elle suit d’abord des études d’anglais. Puis des études d’histoire. Enfin, elle fait du droit et devient avocate. Mais en 1940, l’État français se met au service de la politique antisémite de l’occupant nazi. Juive, Nathalie Sarraute est radiée du barreau en 1940. Elle se consacre alors entièrement à la littérature.
En 1939, elle a déjà publié Tropismes, un recueil de courts textes dans lequel elle définit ces fameux « tropismes » comme des « mouvements indéfinissables qui glissent très rapidement aux limites de la conscience ». Autrement dit : les tropismes, c’est tout ce qui dépasse le langage, qui est plus significatif que les mots, comme les gestes ou le ton de la voix... ► Dans Tropismes, Sarraute expose sa conception du langage qui va inspirer tous ses écrits à venir, dont Pour un oui ou pour un non, une pièce diffusée à la radio en 1981, puis publiée en 1982.

Dans quel contexte historique et littéraire Pour un oui ou pour un non est publié ?

Émergence du Nouveau Roman et de l’absurde

  • Après la Seconde Guerre mondiale, la société change. Au niveau littéraire, à partir de 1950, se développe le Nouveau Roman, un mouvement littéraire qui remet en cause les formes traditionnelles du récit. Alain Robbe-Grillet et Nathalie Sarraute sont deux des auteurs les plus marquants de ce mouvement. Par exemple, dans ses essais L’Ère du soupçon et Pour un nouveau roman, Sarraute souligne qu’un tournant a été pris : adieu les personnages cohérents et les intrigues linéaires, bonjour l’exploration de la complexité psychologique de l’homme ! Dans le Nouveau Roman, pas de narration linéaire. Les personnages sont anonymes ou absurdes et l’intrigue est réduite au minimum.
  • En parallèle, le théâtre de l’absurde prend de l’ampleur. Comme dans le Nouveau Roman, il y a peu ou pas d’intrigue. Dans la pièce de Samuel Beckett En attendant Godot, les personnages principaux ne font que parler en attendant un certain Godot… qui ne viendra jamais ! L’absurde tient dans cette fausse intrigue qui ne mène finalement nulle part, et dans l’usage du langage, réduit à des mots qui ne servent qu’à remplir le vide. En clair : c’est le rejet du théâtre classique !

Méfiance du langage

Après les grands rêves des années 1960-1970, les mots ont perdu leur sens. Tout le monde parle, mais personne ne se comprend plus : dans les années 1980, on assiste à une vraie crise de communication. C’est à cette époque, lorsque la gauche arrive au pouvoir, qu’est écrite la pièce Pour un oui ou pour un non. Les slogans porteurs d’espoir de Mai 68 comme « Je ne veux pas perdre ma vie à la gagner » ou « L’imagination au pouvoir ! » semblent vidés de leur sens. L’espoir d’une société libre et égalitaire a été transformé en une course à l’enrichissement. Les inégalités se creusent, l’argent l’a emporté sur les rapports humains. La langue n’est plus un outil, mais un frein qui empêche d’exprimer ce qu’on ressent vraiment. Et c’est aussi un marqueur social opposant ceux qui la maîtrisent à ceux qui n’ont pas les mots pour s’exprimer.

Comment résumer Pour un oui ou pour un non ?

Dans cette pièce de théâtre, il n’y a pas d’actes ni de scènes. Et même les personnages n’ont pas de nom. Ils sont désignés par la lettre de leur genre : H pour Homme, et F pour Femme, et par un numéro pour les distinguer.

  • Tout d’abord, H1 remarque que H2 s’éloigne. H1 interroge H2 pour comprendre. H2 finit par confesser que c’est le ton de sa voix qui l’a vexé lorsqu’il lui a dit « C’est biiien… ça », parce que son ton est méprisant. H1 n’en revient pas. Il se moque de H2 car il trouve sa raison futile et illégitime. D’où le titre de la pièce : Pour un oui ou pour un non, c’est-à-dire « pas grand-chose » !
  • La tension monte. H2 avoue avoir interrogé des juges pour savoir s’il pouvait rompre cette amitié. Mais en retour, il a subi une enquête et a été condamné : il est « celui qui rompt pour un oui ou pour un non ». Comme les deux hommes n’arrivent pas à se mettre d’accord, ils sollicitent un autre avis extérieur. Ils improvisent alors un nouveau « procès » jugé par leurs voisins : H3 et F. Mais ceux-ci ne les aident pas, ils trouvent leur dispute incompréhensible.
  • H2 est incompris. Mais H2 décide tout de même de s’excuser : leur amitié est ancienne, ils peuvent surmonter cette dispute. « Pardonne-moi. Tu vois, j’avais raison. Voilà ce que c’est de se lancer dans ces explications. On parle à tort et à travers, on se met à dire plus qu’on ne pense, mais je t’aime bien tu sais, je le sens très fort dans des moments comme ceux-là. »
  • Les tensions semblent s’apaiser ; ils rappellent qu’ils ont une « amitié parfaite » en apparence… Mais au moment où la réconciliation semble proche, ils se disputent au sujet d’un vers de Paul Verlaine : « La vie est là, simple et tranquille… ». Nouveau coup dur ! H1 exprime à son tour son mal-être vis-à-vis des mots employés par son ami. Il accuse H2 d’être un snob qui utilise des citations de poète !
  • H2 réalise qu’il n’y a aucune issue positive possible : « entre nous il n’y a pas de conciliation possible. Pas de rémission. C’est un combat sans merci. Une lutte à mort. Oui, pour la survie. Il n’y a pas le choix. C’est toi ou moi. […] Nous sommes dans deux camps adverses. Deux soldats de deux camps ennemis qui s’affrontent. »
  • Résolution : « à quoi bon s’acharner ? » dit H1. Cette discussion s’achève sur une question : « Pour un oui ou pour un non ? » à laquelle H1 répond « Oui » et H2 « Non », ce qui souligne leurs différences et leur caractère conflictuel.
    ► Et cela scelle aussi la fin définitive de leur amitié.

Qui sont les personnages de Pour un oui ou pour un non ?

Dans cette pièce de Nathalie Sarraute, il y a peu de personnages : ils sont 4, et non nommés. Cela permet à Sarraute d’établir des archétypes, c’est-à-dire des personnes types, et de rompre avec les codes d’écriture traditionnels du théâtre comme celui de donner un nom aux personnages et de les identifier par des caractéristiques physiques.

  • H1 est un riche bourgeois, qui possède de nombreux domaines et qui voyage. Il pense que H2 est jaloux de lui. Qu’il le méprise parce que H2 est plus sensible, plus rêveur. Il ne comprend pas pourquoi H2 ne veut pas avoir un mode de vie plus luxueux. H1 est angoissé par H2, par l’étendue de la culture de H2 et par son rejet du matérialisme auquel H1, lui, est très attaché.
  • H2 est plus modeste et sensible. Il accuse H1 de penser qu’il est un raté. Et il se sent étouffé auprès de H1.

En apparence, leurs liens sont très forts : il s’agit d’une puissante amitié. On est presque à la frontière de l’amour. Cela se remarque à travers le vocabulaire amoureux employé et l’usage de verbes comme « rompre ». Pourtant, il faut nuancer ces liens : cette amitié n’en est pas vraiment une. Les deux personnages sont totalement opposés. Ils sont l’inverse l’un de l’autre. Ils ne parviennent pas à s’entendre. L’entente n’était qu’apparente jusqu’à ce que la goutte d’eau fasse déborder le vase !

Pour un oui ou pour un non et parcours « Théâtre et dispute »

Ce parcours montre que les conflits sont omniprésents dans le théâtre : les deux vont de pair.

  • Dans cette pièce, la dispute se manifeste par son caractère ridicule, comique puisqu’elle semble provenir de 3 mots insignifiants : « C’est biiien… ça ». Ça ne suffit pas à justifier le conflit. D’autant plus que les liens d’amitié entre les deux hommes sont forts. C’est une amitié de longue date. Même la mère de H2 apprécie H1. Il n’y a pas de raison qu’une phrase sans importance provoque un tel conflit. Pourtant ce qui compte ce ne sont pas ces mots, mais la manière dont ils sont prononcés. 💡Rappelle-toi de Tropismes, le premier livre de Nathalise Sarraute.
    ► H2 : « C’est biiien…ça… ». Cet accent mis sur « bien » provoque un étirement : « biiien… », et un suspens avant que « ça » arrive… C’est révélateur de l’état d’esprit des personnages. H1 ne félicite pas H2.
  • La dispute repose donc sur les sous-entendus. « C’est biiien… ça » marque le mépris ; on pourrait penser que H1 approuve et l’encourage mais le ton qu’il emploie montre que ce n’est pas le cas. Pour Sarraute, les tropismes en disent plus long que les mots. Parce que le langage dissimule les pensées et les véritables intentions.
    C’est pourquoi le ton condescendant d’H1 n’est, en réalité, que l’élément déclencheur du conflit : des tensions étaient déjà présentes bien avant : les deux hommes se méprisent mutuellement.
    H1 avoue l’insécurité qu’il ressent lorsqu’il est avec H2 : « H1 : Oui…il me semble que là où tu es tout est … je ne sais pas comment dire… inconsistant, fluctuant…des sables mouvants où l’on s’enfonce…je sens que je perds pied…tout autour de moi se met à vaciller, tout va se défaire…il faut que je sorte de là au plus vite… que je me retrouve chez moi où tout est stable. Solide. »
    → D’où le fait qu’H2 hésite à révéler les raisons pour lesquelles il s’est éloigné : « H2 : Et moi… puisque nous en sommes là…et moi, vois-tu, quand je suis chez toi, c’est comme de la claustrophobie [...] mais même quand j’en suis sorti, quand je suis revenu chez moi, j’ai du mal à…à […] ...) Du mal à reprendre vie… ». Il sait que cela déclenchera un engrenage tragique : impossible de revenir en arrière, les conséquences seront malheureuses. Et l’intrigue le prouve bien... 
  • Malgré leur tentative de réconciliation, toute amitié entre les deux hommes est impossible ! Même si le conflit qui les oppose semble futile aux yeux des autres, il souligne le fait qu’ils ne s’entendent plus. N’importe quel élément peut relancer les tensions. Comme le montre le vers de Paul Verlaine.
    ► Le titre Pour un oui ou pour un non sous-entend que les causes de la dispute sont, à la fois, risibles et comiques, et sérieuses et tragiques. En apparence, le conflit est ridicule et éphémère. Mais en réalité, c’est bien plus qu’une simple dispute pour un oui ou pour un non, c’est un conflit qui révèle deux caractères opposés et une amitié qui s’est, depuis bien longtemps, essoufflée.

Le mythe des frères ennemis en littérature

Les relations amicales, ce pas toujours faciles à gérer ! Grâce à Nathalie Sarraute, on constate que nous ne sommes pas des cas isolés. H1 et H2 renvoient même au thème traditionnel des frères ennemis. Dans la tragédie Antigone, Jean Anouilh relate l’histoire d’Étéocle et Polynice qui, opposés par un conflit, ont fini par s’entretuer pour obtenir le trône. Ce qui vient relativiser la dureté de la dispute avec des mots.

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Réalisateur : Georges Heilmann

Auteur : Yolaine Lelant-Papin et Pauline Miet

Producteur : J2F Production

Année de copyright : 2026

Année de production : 2026

Année de diffusion : 2026

Publié le 27/04/26

Modifié le 27/04/26

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