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« Discours de la servitude volontaire » - Étienne de La Boétie (voie générale) : résumé et analyse
Bac français, révise les œuvres en 10 min chrono !À seulement 17 ans (à peu près au même âge que toi) Étienne de La Boétie ose affirmer dans son Discours de la servitude volontaire que pour échapper à la tyrannie d’un dictateur, il faut seulement… Arrêter de lui obéir ! Résumé, contexte, analyse, parcours dans lequel elle s’inscrit : découvre toutes les notions-clés de l’œuvre dans cette vidéo.
Qui est Étienne de La Boétie ?
Étienne de La Boétie naît à Sarlat en 1530 au sein d’une famille bourgeoise de juristes. Une famille où on ne plaisante pas avec l’école : latin, grec, étude de l’Antiquité… Heureusement le petit Étienne est passionné ! Question orientation, sa voie est toute tracée : ce sera le droit comme tous les hommes de la famille. En parallèle, il s’intéresse à l’écriture. Il rédige son Discours de la servitude volontaire à seulement 17 ans ! Et c’est grâce à ce livre qu’il rencontrera, plus tard, Montaigne. En effet, Montaigne en obtient une copie. Il est impressionné. Il cherche à rencontrer son auteur. Ils deviendront rapidement très proches. Ils formeront deux figures incontournables de l’humanisme. Montaigne écrira d’ailleurs « Parce que c’était lui, parce que c’était moi » : une belle déclaration amicale !
Résumé de Discours de la servitude volontaire
Pour bien comprendre le Discours de la servitude volontaire, il faut bien comprendre le mot « servitude ». Ce mot provient du latin servus, qui signifie… l’esclave ! La Boétie est face à une incompréhension fondamentale : « comment il se peut que tant d’hommes, tant de villes, tant de nations supportent quelquefois tout d’un tyran seul, qui n’a de puissance que celle qu’on lui donne, qui n’a de pouvoir de leur nuire, qu’autant qu’ils veulent bien l’endurer, et qui ne pourrait leur faire aucun mal, s’ils n’aimaient mieux souffrir de lui que de le contredire. » Il met en valeur une contradiction : le tyran n’est tyran que parce que le peuple lui donne de la force. Le tyran ne naît pas puissant :
Ce qu’il a de plus que vous, ce sont les moyens que vous lui fournissez pour vous détruire.
Ce serait par la volonté que le peuple pourrait sortir de la servitude : « Soyez donc résolus à ne plus servir et vous serez libres ». Le tyran est donc un colosse aux pieds d’argile : si le peuple arrête de se soumettre à lui, il s’effondre ! Pas besoin de faire preuve de violence pour le renverser ! Et si les hommes acceptent leur soumission, c’est par habitude, par passivité, par éducation : le tyran distrait le peuple qui se laisse mener et qui devient docile. La Boétie crée une typologie des tyrans, c’est-à-dire un classement : il y a ceux qui sont élus, ceux qui prennent le pouvoir par les armes, et ceux qui héritent du pouvoir. Les plus vicieux sont ceux qui sont élus. Car leur pouvoir n’est pas héréditaire et ils sont prêts à tout pour que leurs enfants héritent du trône ! Tant de violence pour pas grand-chose finalement, parce qu’un tyran ne peut pas développer de relation amicale, ni être heureux. En effet, il craint sans cesse d’être trahi ! Mais le tyran n’est pas le seul à être critiqué : La Boétie dénonce aussi la faiblesse du peuple qui se laisse asservir. Le discours de La Boétie est donc polémique, du grec polemos qui signifie la guerre. Cela veut dire qu’il veut provoquer, faire réagir. En un mot, il est là pour mettre le feu aux esprits ! Il ne plaint pas le peuple, mais au contraire le bouscule et l'encourage, en lui dévoilant les mécanismes de la servitude, et en l’incitant à faire preuve de discernement et de courage.
Les personnages principaux de Discours de la servitude volontaire
Même si le destinataire du discours est Longa, un des amis d’Etienne de La Boétie, l’auteur s’adresse avant tout au peuple. Et visiblement, La Boétie est là pour en découdre : il le traite de « grossier peuple », de « peuple sot » ou encore de « lourdauds ». Mais c’est pour le faire réagir, parce qu’Etienne de La Boétie est révolté par le manque de lucidité de « la populace » ! Il ne cible que ceux qui acceptent leur soumission, pas ceux qui sont soumis par les armes contre leur gré : « Ce sont volontiers ceux qui ont l’entendement net et l’esprit clairvoyant qui ne se contentent pas, comme la grosse populace, de voir ce qui est à leurs pieds (...) Ceux-là, quand la liberté serait entièrement perdue et bannie de ce monde, l’imagineraient et la sentiraient dans leur esprit, la savoureraient encore, et la servitude ne pourrait jamais les séduire ». Le tyran, que La Boétie nomme « mange-peuples », se fait également malmener. Quelle que soit la manière dont il a pris le pouvoir, il use de la terreur, du divertissement, de la manipulation, pour maintenir son pouvoir. Mais il ne peut être seul, il a besoin de complices qui le servent par intérêt. Complices prêts à le trahir pour prendre plus de pouvoir et « devenir calife à la place du calife »… La Boétie fait aussi référence à des figures très précises, historiques ou mythologiques, comme César, Caton, Ulysse ou encore Néron. Ces figures de l’Antiquité, bons princes comme mauvais princes, caractérisent la culture humaniste. Si La Boétie ne fait pas directement référence aux tyrans de son temps, c’est parce qu’il ne veut pas prendre de risques ! Emprisonnement, torture, condamnation à mort, qui sont monnaie courante à cette époque.
Dans quel contexte paraît Discours de la servitude volontaire ?
L’écriture du Discours de la servitude volontaire est influencée par l’humanisme, qui est très à la mode au XVIe siècle. Ce mouvement intellectuel se caractérise par un grand intérêt pour l’étude des Anciens et la rhétorique antique, c’est-à-dire l’art de persuader en s’exprimant bien. Mais ce n’est pas un retour en arrière ! Il s’agit de développer la langue française, langue officielle depuis 1539, qui remplace progressivement le latin. Les humanistes placent l’homme au centre de leur réflexion. Ils ont confiance en sa capacité à progresser, à utiliser sa raison et à lutter pour sa liberté ! La situation historique influence aussi beaucoup l’écriture du Discours. Nous nous situons entre 1546 et 1548 et à cette période, le roi centralise le pouvoir, c’est le début de la monarchie absolue. C’est tout un système qu’Étienne de La Boétie dénonce !
Et les tensions sont nombreuses :
- Tensions politiques, car le pouvoir royal cherche à maintenir l’unité du royaume par la force et réprime violemment toute tentative de révolte.
- Tensions religieuses, car les relations entre catholiques et protestants sont conflictuelles : les protestants ne veulent plus se soumettre à l’autorité du pape. Le Discours de la servitude volontaire n’est pas publié du vivant de La Boétie, mais circule clandestinement, sous forme manuscrite, parmi les milieux protestants et intellectuels !
Montaigne fera tout pour publier l'œuvre de son ami. Mais il n’y parviendra pas… En revanche, les protestants réussiront à publier le Discours de la servitude volontaire après la mort de La Boétie. D’abord sous forme d’extraits en 1574, puis dans son intégralité en 1576. À travers la description du mauvais prince, on distingue la figure du bon prince. C’est simple, il est le portrait inversé du tyran : il garantit les libertés, il ne domine pas pour asservir, il est capable d’aimer et d’être aimé. La Boétie veut montrer au peuple aveugle que les choses peuvent changer :
Apprenons donc enfin, apprenons à bien faire.
Discours de la servitude volontaire dans le parcours « Défendre et entretenir la liberté »
La Boétie a pour but de « défendre » et « entretenir » la liberté ! Le titre de ce parcours est inspiré par une question qui guide tout le Discours : « quel malheur a donc pu tellement dénaturer l’homme, seul vraiment né pour vivre libre, jusqu’à lui faire perdre la souvenance de son premier état et le désir même de le reprendre ? » Pour La Boétie, la liberté doit être « défendue » : le peuple doit être prêt à se battre pour elle. « Que dire encore ? Que la liberté est naturelle et, qu’à mon avis, non seulement nous naissons avec notre liberté, mais aussi avec la volonté de la défendre. » D’où le fait qu’il mentionne des exemples de figures antiques inspirantes, comme Caton qui défie le dictateur Sylla : à lui seul, il sauve sa ville en refusant de plier devant la tyrannie ! La Boétie est révolté et ne comprend pas : le peuple n’a aucun effort à fournir pour défendre sa liberté, puisque arrêter d’obéir est un mode d’action passif. Mais il continue à se soumettre par habitude… La Boétie le prouve à travers la métaphore du poison : « l’habitude, qui, en toutes choses, exerce un si grand empire sur toutes nos actions […] nous apprend à avaler et à ne pas trouver amer le venin de la servitude. » La Boétie est donc une Rosa Parks ou un Gandhi avant l’heure. Comme eux, il encourage à ne pas se soumettre à une autorité injuste qui ne respecte pas les droits fondamentaux de l’homme ni la morale. Cette résistance passive et pacifique sera théorisée 300 ans plus tard, au XIXe siècle, par l’Américain Henry David Thoreau, dans son œuvre La Désobéissance civile. La liberté doit donc être « entretenue » : même si les hommes naissent libres, si on les éduque à se soumettre, si on les fait vivre en les privant de leurs droits, ils finiront par oublier qu’ils sont des êtres libres et accepteront de se comporter comme des esclaves : “Il est dans la nature de l’homme d’être libre et de vouloir l’être; mais aussi sa nature est telle que naturellement il prend le pli que son éducation lui donne.” Et La Boétie apporte une solution : il faut que des hommes lucides, éduqués par de brillants exemples antiques, aident les plus aveuglés à prendre conscience de la situation. Malheureusement pour lui, il ne verra jamais à quel point il sera une source d’inspiration au fil des siècles, comme son œuvre n’a pas été diffusée au grand public avant sa mort. Et pourtant, si ce Discours de la servitude volontaire a autant de retentissement depuis presque 500 ans, c’est bien parce qu’il interpelle son lecteur, grâce aux tonalités oratoires, polémiques, didactiques, ou encore aux questions rhétoriques qui éveillent son attention. Ces questions, dont les réponses sont évidentes, ont pour but de provoquer et de faire réagir :
Comment a-t-il tant de mains pour vous frapper, s’il ne les prend de vous ?
💡 Proposition de conclusion pour le bac français
La liberté est donc une valeur essentielle, qu’il faut défendre et entretenir. Et nombreux sont les artistes qui s’y adonnent à des époques et dans des contextes différents :
- pendant la révolution de juillet 1830, Delacroix et son célèbre tableau La Liberté guidant le peuple représente le peuple triomphant après avoir renversé un pouvoir autoritaire ;
- sous le règne de Napoléon III, Victor Hugo et ses Châtiments dénoncent la tyrannie de l’Empereur ;
- pendant l’occupation, Paul Éluard et son poème Liberté valorisent ceux qui se battent pour libérer le pays.
👉 Retrouve toutes les vidéos et les fiches de révision de la série Bac français, révise les œuvres en 10 min chrono !
Réalisateur : Georges Heilmann
Auteur : Yolaine Lelant-Papin et Pauline Miet
Producteur : J2F Production
Année de copyright : 2026
Année de production : 2026
Année de diffusion : 2026
Publié le 27/04/26
Modifié le 27/04/26
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