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« Entretiens sur la pluralité des mondes » - Bernard Le Bouyer de Fontenelle (voie techno) : résumé et analyse
Bac français, révise les œuvres en 10 min chrono !Si Bernard le Bouyer de Fontenelle avait vécu aujourd’hui, il aurait sûrement été le Youtubeur de la physique avec sa chaîne « Vive la science » et le premier influenceur de l’astronomie ! Mais l’auteur d’Entretiens sur la pluralité des mondes est un écrivain du XVIIe siècle qui a voulu démocratiser les grandes théories scientifiques avec les moyens dont il disposait : l’écriture. Tout ce que tu dois savoir sur cette œuvre au programme du bac de français se trouve dans cette vidéo 👇.
Biographie de Bernard le Bouyer de Fontenelle
Bernard le Bouyer de Fontenelle naît en 1657 à Rouen. Après une formation en droit, il se tourne rapidement vers la littérature. L’ouvrage Entretiens sur la pluralité des mondes est publié en 1686; il remporte un grand succès. Ce qui lui ouvre les portes de l’Académie française en 1691, et de l’Académie royale des sciences en 1697. Il meurt presque centenaire, en 1757.
Fontenelle, auteur de la transition du classicisme aux Lumières
- La fin du XVIIe siècle marque une véritable révolution scientifique : Isaac Newton découvre la gravitation, et l’idée d’autres mondes habités suscite un vif intérêt. Mais en 1686, la France vit encore sous l’Ancien Régime. Le pouvoir se méfie des idées nouvelles et les découvertes peinent à s’imposer, surtout lorsqu’elles contredisent l’Église. Être savant comporte alors des risques. On pense à Galilée, condamné par l’Église à renier publiquement ses théories selon lesquelles la Terre tourne autour du Soleil : c’est le principe de l’héliocentrisme, découvert par Copernic dès 1543 - théorie pourtant vraie, mais contraire aux Écritures saintes.
- Dans ce contexte, les textes scientifiques restent réservés à une élite : ils sont le plus souvent rédigés en latin et emploient des mots très techniques. Fontenelle rend le savoir accessible à tous en écrivant en français et en évitant un vocabulaire trop spécialisé.
- En ce qui concerne le contexte littéraire, le classicisme est désormais à bout de souffle. Même si on retrouve l’idéal du placere et docere, expression latine de « plaire et instruire », dans Entretiens sur la pluralité des mondes. Les auteurs classiques adoptent une forme agréable et plaisante pour diffuser des messages sérieux, et même parfois donner une leçon de morale à leurs lecteurs.
- On se situe donc à une période de transition, et dans le monde des lettres, c’est la querelle des Anciens et des Modernes. Les Anciens défendent les idées de l'Antiquité, par opposition aux Modernes qui prônent de nouvelles formes artistiques et le progrès.
► Bernard le Bouyer de Fontenelle est un Moderne, et même le plus moderne des Modernes : son goût pour la science et les techniques fait de lui un précurseur de l’esprit philosophique des Lumières, ce mouvement intellectuel et culturel qui connaîtra son apogée au milieu du XVIIIe siècle. Ce mouvement valorisera l’éducation, le progrès ou encore la diffusion massive des savoirs, notamment à travers l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.
Quelle analyse faire d’Entretiens sur la pluralité des mondes ?
Cet ouvrage est une conversation fictive entre un savant et une marquise désireuse d’apprendre. Il y a six entretiens : un par soir. Le dernier entretien a été ajouté un an après les cinq premiers.
- L’intention de Fontenelle est pédagogique et ludique : « Je dois avertir ceux qui liront ce livre, et qui ont quelque connaissance de la physique, que je n’ai point du tout prétendu les instruire, mais seulement les divertir en leur présentant d’une manière un peu plus agréable et plus égayée ce qu’ils savent déjà plus solidement […] » (préface).
Bernard le Bouyer de Fontenelle présente les savants importants et leurs théories : le mécanisme de Descartes (entretien du premier soir), qui renvoie au fait que la nature fonctionne comme une machine; l’héliocentrisme de Copernic (entretien du premier soir); les tourbillons de Descartes (entretien du quatrième soir), qui tente d’expliquer pourquoi les astres sont constamment en mouvement. Il présente des théories astronomiques : l’existence d’une pluralité de mondes, mise en avant dès le titre : Entretiens sur la pluralité des mondes ! Cela renvoie à l’idée qu’il existe une infinité de planètes : il s’agit d’étudier leurs caractéristiques, la question de leurs éventuels habitants, l’absence de vide (entretien du quatrième soir), et le fait que l’univers est en constante évolution (entretien du cinquième soir). - Fontenelle fait référence à des fictions : il a recours à l’imagination (le savant et la marquise voyagent d’astre en astre par la pensée), au roman Roland furieux de l’Arioste qui présente le voyage imaginaire d’Astolphe sur la Lune (entretien du deuxième soir).
- Il se confronte aux limites de l’imagination : « Nos sciences ont de certaines bornes que l’esprit humain n’a jamais pu passer, il y a un point où elles nous manquent tout à coup » (entretien du troisième soir).
- Il dénonce la vanité des hommes : des philosophes égocentriques (« un philosophe dans un système se met au centre du monde, s’il peut. »), et de ceux qui n’ont pas l’ouverture d’esprit nécessaire pour remettre en question les dogmes, c’est-à-dire les hypothèses considérées comme des vérités mais… sans preuve (entretien du sixième soir).
- Il développe un discours galant et scientifique : oui, on peut draguer en parlant astronomie ! « Les autres mondes vous rendent celui-ci petit, mais ils ne vous gâtent point de beaux yeux, ou une belle bouche, cela vaut toujours son prix en dépit de tous les mondes possibles » (entretien du cinquième soir). En effet, c’est parce que la marquise s’intéresse à la science que le savant lui présente différentes découvertes scientifiques. Il veut se rendre intéressant à ses yeux dans le but de la séduire !
Entretiens sur la pluralité des mondes et parcours « Le goût de la science » en voie techno
On te propose trois questions qui pourraient devenir des sujets d’essai à l'écrit du bac de français, et quelques pistes à explorer pour chacune.
⚠️ Attention, ton avis personnel ne compte pas ici ! Dans ton essai, appuie-toi d’abord sur tes connaissances du discours de Fontenelle, le texte de la contraction et ta culture générale, en lien avec le parcours.
💡Exemples de sujets d’essai pour l'écrit du bac de français
SUJET 1 : La littérature peut-elle donner le goût de la science ?
Il s’agit pour Bernard le Bouyer de Fontenelle de transmettre le goût de la science à ses lecteurs. Il veut les intéresser aux faits scientifiques et astronomiques, en les rendant accessibles à un public non averti.
→ Cela passe notamment par la convocation de l’imagination, qui permet ce voyage d’astre en astre, et qui le rend plaisant : « J’aime ces ballons qui s’enflent et se désenflent à chaque moment » (entretien du cinquième soir).
→ Cela passe aussi par le discours galant et par des analogies avec le monde terrestre, qui donnent à ces entretiens une dimension plus légère et suscitent chez le lecteur l’envie d’apprendre. Par exemple, Fontenelle compare l’univers à un opéra dont on admire les décors sans voir les mécanismes cachés derrière la scène.
→ Enfin, si la fiction est présente, elle est toujours clairement signalée : le lecteur ne peut pas se tromper et tenir certaines anecdotes fictionnelles pour vraies.
Tous les procédés littéraires, comme les figures de style (comparaisons, métaphores) ou la vivacité des dialogues, ont pour but de rendre l’enseignement scientifique plaisant et divertissant. La fiction littéraire et les nombreuses questions laissées sans réponse montrent que la connaissance et la raison ont des limites : l’homme ne peut pas tout connaître.
► Ainsi, Fontenelle s’impose en tant que précurseur de la science-fiction : il aborde la question d’éventuels habitants sur d’autres planètes ou encore la possibilité de voyager dans l’espace. Il anticipe des romans comme De la Terre à la Lune de Jules Verne, qui présente des artilleurs voulant envoyer un obus habité sur la Lune. Ou encore le conte philosophique Micromégas de Voltaire, dans lequel un géant originaire d’une autre planète explore l’univers et donne une leçon d’humilité aux hommes, qui se pensent au centre de tout.
SUJET 2: Dans quelle mesure faut-il rendre accessibles les connaissances scientifiques ?
Bernard le Bouyer de Fontenelle ne s’adresse pas qu’aux scientifiques. Il s’adresse également aux lecteurs capables d’utiliser leur esprit et leur raison, ainsi que leur imagination ; et qui savent aussi reconnaître les limites de leurs capacités.
En cela, Fontenelle est un précurseur des Lumières : il rejette les préjugés et les dogmes tout en rendant les connaissances scientifiques accessibles à tous grâce à une formulation simple… Sauf à ceux qui n’ont pas l’esprit assez ouvert pour les accueillir.
En effet, l’entretien de la marquise avec deux individus lors du sixième soir montre que les hommes n’ont pas tous l’ouverture d’esprit nécessaire pour concevoir les révolutions scientifiques. « on ne persuade pas facilement aux hommes de mettre leur raison en la place de leurs yeux » (entretien du sixième soir).
► Aujourd’hui, heureusement, un savant ne risque plus d’être condamné pour ses découvertes scientifiques si elles s’érigent contre un dogme, c’est-à-dire une règle religieuse ou morale. Au contraire, les expériences scientifiques sont sans cesse valorisées, et elles vont même dans le sens des théories présentées par Fontenelle. Pour rappel, le cinquième soir s’appelle « Que les étoiles fixes sont autant de soleils, dont chacun éclaire un monde ». Et bien en 1995, les astronomes Michel Mayor et Didier Queloz découvrent la première exoplanète, une planète qui tourne autour d’une autre étoile que le Soleil (autrement dit qui se trouve en dehors de notre système solaire). Elle sera nommée 51 Pegasi b. Cela prouve que chaque étoile est potentiellement le centre d’un système planétaire… On est alors 300 ans après Fontenelle ! De même, tout au long des entretiens, Fontenelle se demande si la Terre est la seule planète habitée. C’est une question que se pose aussi la NASA, qui a lancé en 2021 la mission Perseverance pour chercher des traces de vie passée sur Mars !
SUJET 3 : Tout le monde peut-il développer un intérêt pour les sciences ?
Cet ouvrage s’adresse aussi bien à ceux qui ont déjà le goût de la science, en tant que spécialistes, qu’à ceux qui ne l’ont pas encore, ou qui sont ignorants. Le mélange entre discours plaisant, divertissant et discours scientifique permet d’attirer l’attention de différents profils de lecteurs. Le seul véritable critère est d’avoir l’esprit ouvert et d’être patient, de ne pas se décourager face aux limites de l’esprit humain et des instruments de mesure. C’est ce que souligne la comparaison du philosophe et de l’éléphant : « les vrais philosophes sont comme les éléphants, qui en marchant ne posent jamais le second pied à terre, que le premier n’y soit bien affermi. » (entretien du sixième soir)
Un lecteur qui a du mal à comprendre la science pourrait rapidement se décourager et ne jamais développer d’intérêt pour cette discipline. Mais c’est justement pour cette raison que l’interlocutrice du savant est une marquise ignorante ! Celle-ci incarne le lecteur qui n’a aucune connaissance : même si on n’est pas spécialiste en la matière, on peut développer un intérêt pour les sciences et apprendre !
► Attention, Bernard le Bouyer de Fontenelle ne veut pas dévaloriser la femme et placer l’homme en posture de supériorité. La femme à son époque ne reçoit pas d’instruction scientifique, il est donc normal qu’elle soit ignorante. L’auteur veut ainsi encourager les femmes à s’émanciper de cette ignorance contrainte, et à se cultiver. C’est pourquoi il est écrit, concernant la marquise, « je la tiens savante, à cause de l’extrême facilité qu’elle aurait à le devenir. » (préface). Tout au long des entretiens, elle fait preuve d’une belle vivacité d’esprit et d’une soif d’apprendre. Elle fait progresser le raisonnement du savant. Et malgré quelques remarques parfois naïves et romancées, elle « a le discernement vif et prompt » (entretien du deuxième soir).
Exemple de conclusion pour le bac de français
En 1650, environ 30 ans avant Fontenelle, Cyrano de Bergerac, de son vrai nom Savinien de Cyrano, écrit Histoire comique des Étatset Empires de la Lune. (⚠️On parle bien ici de l'écrivain et non du célèbre héros au grand nez d'Edmond Rostand !).
Cyrano de Bergerac y raconte à la première personne un voyage imaginaire jusqu’à la Lune. C’est pour lui l’occasion de débattre de l’héliocentrisme et de la pluralité des mondes avec un gouverneur rencontré en Amérique du Nord, plus précisément en Nouvelle-France. Un drôle de voyage, qui rappelle le périple imaginaire du savant et de la marquise.
👉 Retrouve toutes les vidéos et les fiches de révision de la série Bac français, révise les œuvres en 10 min chrono !
Réalisateur : Georges Heilmann
Auteur : Yolaine Lelant-Papin et Pauline Miet
Producteur : J2F Production
Année de copyright : 2026
Année de production : 2026
Année de diffusion : 2026
Publié le 27/04/26
Modifié le 27/04/26
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