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« Entretiens sur la pluralité des mondes » - Bernard Le Bouyer de Fontenelle (voie générale) : résumé et analyse
Bac français, révise les œuvres en 10 min chrono !Vulgariser les grandes théories scientifiques de son époque pour les rendre accessibles, c’est le pari de Bernard le Bouyer de Fontenelle, à la fin du XVIIe siècle. Dans Entretiens sur la pluralité des mondes, l’auteur s’illustre comme un précurseur de l’esprit philosophique des Lumières. Résumé de l'œuvre, contexte historique, personnages, analyse, présentation du parcours dans lequel elle s'inscrit... Trouve toutes les notions-clés dans cette vidéo 👇.
Bernard le Bouyer de Fontenelle, un précurseur des Lumières
Né en 1657, à Rouen, au sein d’une famille de magistrats, Bernard le Bouyer de Fontenelle suit des études de droit avant de changer de voie. Ce neveu du grand dramaturge Pierre Corneille décide finalement de se tourner vers la littérature. Dès 1683, il rencontre le succès, avec la parution des Nouveaux dialogues des morts. Deux autres de ses œuvres auront un grand succès : Entretiens sur la pluralité des mondes (1686) et Histoire des oracles (1687). Ce qui lui ouvre les portes de l’Académie française en 1691, et de l’Académie royale des sciences en 1697. Bernard le Bouyer de Fontenelle meurt à l’âge de 99 ans, en 1757.
De quoi parle Entretiens sur la pluralité des mondes ?
L'ouvrage Entretiens sur la pluralité des mondes repose sur une conversation fictive entre un savant et une marquise désireuse d’apprendre. Ces discussions sont au nombre de 6 : un entretien par soir. Le dernier entretien a été rajouté un an après les cinq premiers.
Dans quel contexte Entretiens sur la pluralité des mondes est publié ?
Au XVIIe siècle, les différents savoirs ne sont pas cloisonnés comme ils le sont aujourd’hui : on ne distingue pas encore totalement la littérature et la science. Le traitement scientifique sous forme littéraire ne surprend donc pas les lecteurs. L'ouvrage Entretiens sur la pluralité des mondes offre ainsi un premier aperçu accessible à un large public des idées et concepts de Nicolas Copernic et Galilée.
Ils sont écrits en français, et non en latin comme les autres ouvrages scientifiques de l’époque, et ne comportent que peu de mots techniques. Au XVIIe siècle, les découvertes scientifiques sont nombreuses et certaines questions sont très à la mode : on place le Soleil au centre de l’univers ; on appelle cela l’héliocentrisme. Et on s’interroge sur la pluralité des mondes : existe-t-il d’autres planètes habitées ? Mais de nombreuses théories restent réservées à un public averti car l’autorité de l'Église s’exerce par la censure. En effet, l’Église censure les théories scientifiques qui vont à l’encontre des textes sacrés… Ces théories sont donc mentionnées discrètement. Ne l’oublie pas, Galilée s’est vu forcé de renier ses découvertes, sous peine de prison… D’où la prudence de Fontenelle !
À cette époque, les lettres connaissent aussi de grands changements. Le classicisme est un peu à bout de souffle, même si on retrouve bien dans Entretiens sur la pluralité des mondes de Fontenelle l’idéal du placere et docere, expression latine qui signifie « plaire et instruire ». L’auteur doit adopter une forme agréable, plaisante pour transmettre une leçon ! C'est une période de transition entre la tradition et la modernité, qui se manifeste à travers la querelle des Anciens et des Modernes : les Anciens sacralisent l'Antiquité, tandis que les Modernes valorisent le progrès à travers de nouvelles formes artistiques.
► Bernard le Bouyer de Fontenelle s’inscrit en faveur des Modernes, et il est même le plus moderne des Modernes : son goût pour la science et les techniques, que l’on retrouvera plus tard dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, fait de lui le précurseur de l’esprit philosophique des Lumières.
Analyse d'Entretiens sur la pluralité des mondes
L’intention de Bernard le Bouyer de Fontenelle est pédagogique et ludique :
Je dois avertir ceux qui liront ce livre, et qui ont quelque connaissance de la physique, que je n’ai point du tout prétendu les instruire, mais seulement les divertir en leur présentant d’une manière un peu plus agréable et plus égayée ce qu’ils savent déjà plus solidement.
Bernard le Bouyer de Fontenelle (préface, Entretiens sur la pluralité des mondes).
Présentation des six entretiens entre le savant et la marquise, le soir venu :
- Le premier soir : le savant commence son entretien avec la marquise en lui expliquant ce qui est considéré comme la base à leur époque : tout dans la nature fonctionne comme une machine, faite de parties en mouvement. C’est la théorie du mécanisme, que l’on doit au philosophe René Descartes. Le savant fait aussi référence à la théorie héliocentrique de Copernic, rappelle-toi, cette théorie d’après laquelle la Terre tourne autour du Soleil et non l’inverse ; et s’érige contre les Anciens dont les théories sont dépassées ; il est en faveur du progrès. De plus, il dénonce la vanité des philosophes et leur égocentrisme : « Un philosophe dans un système se met au centre du monde, s’il peut. »
- Le deuxième soir, il établit une comparaison entre la Terre et la Lune. Comme elles sont similaires, alors la Lune serait habitée, elle aussi. Le savant fait ensuite une digression pour expliquer ce qu’est une éclipse : c’est la Lune qui cache le Soleil, il ne faut pas en avoir peur ! Enfin, il fait référence à une fiction bien connue de son époque : le roman Roland furieux de l’Arioste, qui décrit le voyage imaginaire d’Astolphe sur la Lune.
- Le troisième soir, le savant revient sur son affirmation précédente : la Lune ne serait finalement pas habitée. Mais la marquise est déçue. Pour la rassurer, il lui dit qu’il y a peut-être des êtres, mais ils sont sûrement différents des humains ! Il se demande si les autres planètes aussi sont habitées. Il n’a pas de réponse et se confronte aux limites de l’imagination : « Nos sciences ont de certaines bornes que l’esprit humain n’a jamais pu passer. »
- Le quatrième soir, il aborde deux nouveaux sujets : il évoque les caractéristiques de chaque planète et il établit que seul le Soleil est inhabitable. De plus, il étudie le mouvement des astres à partir de la théorie des tourbillons de Descartes : ils sont en mouvement permanent !
- Le cinquième soir, la marquise réalise qu’il y a une infinité d’astres, ce qui la trouble alors que cela plaît au savant : « Rien n’est si beau à se représenter que ce nombre prodigieux de tourbillons ». L’univers est en constante évolution, les étoiles peuvent naître et mourir.
- L’entretien du sixième soir a lieu « longtemps » après les précédents. Alors que la marquise vient de dialoguer avec deux hommes qui ne l’ont pas crue lorsqu’elle a affirmé que les autres planètes étaient habitées, la marquise rencontre le savant. Il l’invite à ne pas diffuser ses connaissances, sous peine d’être incomprise : « Trahir la vérité ! dit la marquise. Vous n’avez point de conscience. Je vous avoue, répondis-je, que je n’ai pas un grand zèle pour ces vérités-là, et que je les sacrifie volontiers aux moindres commodités de la société. » ► Ce dernier soir a été ajouté un an plus tard, lors d’une réédition de l'œuvre en 1687, suite à de nouvelles découvertes sur les planètes !
Qui sont les personnages d'Entretiens sur la pluralité des mondes ?
- Le savant, aussi appelé le philosophe, transmet des connaissances scientifiques à la marquise et par extension à son lecteur. Quand il comprend qu’elle s’intéresse à la science, son discours galant devient scientifique pour captiver l’attention de la jeune femme et se rendre intéressant à ses yeux : « Je vous demande seulement pour récompense de mes peines, de ne voir jamais le Soleil, ni le ciel, ni les étoiles, sans songer à moi ». (entretien, le cinquième soir).
- La marquise témoigne de la réalité d’une époque. Bernard le Bouyer de Fontenelle la présente comme ignorante, car les filles ne reçoivent pas d'enseignement scientifique, de peur que leurs esprits fragiles n'y résistent pas. Fontenelle n’est pas d’accord, il va encourager les femmes à se cultiver, comme le fait la marquise au cours des soirées passées avec le philosophe : « J’ai cru que cette fiction me servirait et à rendre l’ouvrage plus susceptible d’agrément, et à encourager les dames par l’exemple d’une femme […] ». D’ignorante, la marquise devient savante. Fontenelle prouve ainsi que les femmes sont capables de raisonner, de questionner, de comprendre un discours scientifique : « Je la tiens savante, à cause de l’extrême facilité qu’elle aurait à le devenir. » (préface). Et elle fait preuve d’une belle vivacité d’esprit. Elle fait progresser le raisonnement du savant, elle repère des points sombres de la réflexion. Malgré quelques remarques parfois naïves et romancées, elle « a le discernement vif et prompt » (entretien, le deuxième soir).
Entretiens sur la pluralité des mondes et parcours « Le goût de la science »
Bernard le Bouyer de Fontenelle fait en sorte de rendre accessibles les faits scientifiques et astronomiques pour intéresser son public… Et pour réussir, il emploie plusieurs outils :
- l’imagination qui permet ce voyage fictionnel d’astre en astre ;
- le discours galant qui mêle explications astronomiques et séduction ;
- les analogies avec le monde terrestre (la nature devient « un grand spectacle qui ressemble à celui de l’opéra ») ;
- les métaphores (l’atmosphère est comparée à de la soie) ;
- le fait d’imaginer que les abeilles sont les habitantes d’une autre planète le troisième soir,
- les apologues, qui sont de courts récits moralisateurs ;
- les références fictionnelles comme le voyage d’Astolphe sur la Lune en chariot de feu. En effet, la fiction rend la théorie et les hypothèses sur la pluralité des mondes et leurs éventuels habitants plus accessibles.
- la vivacité du dialogue (questions, exclamations, échanges dynamiques entre le philosophe et la marquise;
- le décalage comique des répliques de la marquise, comme « je me mettrais de mon propre mouvement dans leurs filets, seulement pour avoir le plaisir de voir ceux qui m’auraient pêchée ».
En quoi Bernard le Bouyer de Fontenelle est un précurseur des Lumières ?
Pour donner le goût de la science, Bernard le Bouyer de Fontenelle compte aussi sur son lecteur et sur sa capacité à utiliser sa réflexion et son imagination. En effet, l’entretien de la marquise avec les deux hommes lors du sixième soir montre que ces deux-là justement ne sont pas capables d’avoir l’esprit ouvert à différentes hypothèses scientifiques : « On ne persuade pas facilement aux hommes de mettre leur raison en la place de leurs yeux. » (entretien, sixième soir).
L’ouvrage s’adresse aussi bien à ceux qui ont déjà le goût de la science, en tant que spécialistes, qu’à ceux qui ne l’ont pas encore, ou qui sont ignorants. Le mélange entre discours plaisant, divertissant et discours scientifique permet d’attirer l’attention de différents profils de lecteurs : « En fait de découvertes nouvelles, il ne se faut pas trop presser de raisonner, quoiqu’on en ait toujours assez d’envie ».
Tout cela permet d’approcher une certaine vérité qui ne peut être ni étudiée ni prouvée. La fiction et les nombreuses questions laissées sans réponse montrent que la connaissance et la raison ont des limites. L’homme ne peut pas tout connaître, et il doit sans cesse garder son esprit ouvert aux nouvelles découvertes et accepter de remettre en cause certains faits établis pour vrais, et qui ne le sont peut-être pas tant que cela.
Ce goût de la science que possède Fontenelle et qu’il tente de transmettre fait de lui un précurseur des Lumières, parce qu’il rejette les préjugés et les fausses croyances, et diffuse des connaissances scientifiques à large échelle.
Mais ce n’est pas tout ! Il est précurseur de la science-fiction aussi, parce qu’il aborde la question d’éventuels habitants sur d’autres planètes, ou encore la possibilité de voyager dans l’espace…
💡Exemple de conclusion pour le bac de français
Bernard le Bouyer de Fontenelle nous prouve qu’il ne faut pas opposer science et fiction. Et il n’est pas le seul, si on pense que le roman De la Terre à la Lune de Jules Verne a été publié en 1865, soit un siècle avant le premier alunissage en 1969. Fascinant, non ? Alors imaginons seulement ce que nous serons capables de faire dans 100 ans !
👉 Retrouve toutes les vidéos et les fiches de révision de la série Bac français, révise les œuvres en 10 min chrono !
Réalisateur : Georges Heilmann
Auteur : Yolaine Lelant-Papin et Pauline Miet
Producteur : J2F Production
Année de copyright : 2026
Année de production : 2026
Année de diffusion : 2026
Publié le 27/04/26
Modifié le 27/04/26
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