1991 : la disparition de l'URSS et naissance de nouveaux Etats

Le mur de Berlin tombé, un à un les régimes communistes tombent à leur tour. Dans cette situation, Gorbatchev tente de maintenir, en la réformant, l'Union soviétique.


Publié le 15/10/2012 • Modifié le 02/09/2022

Temps de lecture : 4 min.

1991 : la disparition de l'URSS et naissance de nouveaux Etats

Après la chute du mur de Berlin, les régimes communistes tombent à leur tour un à un. Dans cette situation, Gorbatchev tente de maintenir, en la réformant, l'Union soviétique.

Réforme de l'Union soviétique : les oppositions

Dans sa volonté, Gorbatchev se heurte à une triple opposition :

  • les poussées nationalistes dans les républiques périphériques de l'URSS veulent être indépendantes ;
  • la poussée nationaliste en Russie souhaite voir cette République se gouverner par elle-même ;
  • des conservateurs ne veulent rien changer au système.

En 1991, Gorbatchev doit faire face d'abord à une tentative de putsch des conservateurs qui échoue, puis à l'indépendance des républiques baltes, de l'Ukraine, et des républiques d'Asie centrale, et enfin, à la volonté de Eltsine de mise en avant systématique des intérêts russes.

Démission de Gorbatchev et fin de l'URSS

Le 6 septembre 1991, Leningrad redevient Saint-Pétersbourg. Devant cette conjonction d'événements, l'URSS n'apparaît plus viable. Elle disparaît fin 1991 en même temps que Gorbatchev démissionne.

La tentative de maintenir un semblant de coopération entre les ex-états de l'URSS avec la création de la CEI (Communauté des États Indépendants) ne permettra même pas d'établir entre tous ces pays l'équivalent de ce qu'est la Communauté économique européenne.

La naissance de nouveaux Etats

L'effondrement du régime communiste soviétique en 1991 entraîne l'éclatement de l'URSS, confrontée à des problèmes économique, politiques et idéaologiques. Plusieurs pays sont créés.

l'europe après l'explosion de l'urss

Après l'éclatement de l'URSS, quinze républiques voient le jour entre 1990 et 1991.

  • Le premier est la fédération de Russie, qui demeure le plus vaste pays de la planète (17 millions de km2) mais aussi l'un des moins denses (7 habitants au km2).
  • Les pays Baltes (Estonie, Lituanie, Lettonie), qui avaient été indépendants entre 1920 et 1939, proclament leur souveraineté.
  • Peu après, l'Ukraine, la Biélorussie, l'Arménie, l'Azerbaïdjan, la Moldavie et la Géorgie se proclament à leur tour indépendantes.
  • En Asie centrale, le Kazakhstan, l'Ouzbékistan, le Turkménistan, le Tadjikistan et le Kirghizstan le deviennent également.

Tous ces nouveaux Etats sont d'anciennes républiques soviétiques. Excepté des problèmes, notamment en Georgie, Moldavie et Ukraine et dans les pays Baltes, il n'y a aucune opposition en Russie. Mais il n'en est pas de même lorsque des régions autonomes de la Russie veulent devenir indépendantes, notamment dans le Caucase. La Russie veut préserver les frontières de ce qu'était la République soviétique de Russie et intervient militairement en Ingouchie et en Tchétchénie dans le Caucase, qui devient une zone marquée durablement par les conflits et l'instabilité politique.

Témoignages

Ils sont nés dans l'un des pays du bloc de l'Est. Ils nous racontent les souvenirs de leur enfance et de leur jeunesse au sein de l'Union soviétique et ce que l'ouverture à l'Ouest a changé dans leur vie.  

On a pu découvrir et surtout lire plein de livres.

« J'avais 9 ans à la chute du mur de Berlin. Je me souviens des jours où ma mère redoublait d'efforts pour nous trouver des bananes ou de bons gâteaux pour fêter nos anniversaires. A cette époque, il était très difficile, par exemple, de trouver du bon chocolat... Avec l’ouverture du mur, on a pu découvrir et surtout lire plein de livres. Avant, on avait toujours les mêmes histoires, un peu monotones, un peu patriotiques. On savait que la grande littérature existait, mais ailleurs ! Pour moi, l'Ouest, c'était un peu exotique, puisque nous n'avions pas vraiment le droit au voyage, sauf dans les autres démocraties populaires. Mais je ne savais pas que nous étions contraints de rester à l'Est. Sans être dans une famille politisée, je me rappelle du grand soulagement de mes parents en novembre 89, de leur envie de rencontrer, de discuter avec "ceux de l'Ouest"... et puis aussi de l'empressement de ma sœur à vouloir s'acheter des jeans !
Aujourd'hui, pour moi, la réunification de l'Allemagne a été une ouverture nécessaire mais aussi une petite désillusion, parce que la vie est dure, partout, et qu'il n'y a pas un monde enchanté, là, de l'autre côté... »

Nicole, 29 ans, étudiante allemande, vit à Berlin-Est.

Il y avait une vraie entraide entre « pays frères ».

« Chez nous aussi, se nourrir, s’habiller... C’était compliqué. On avait des tickets de rationnement et on ne se permettait que très rarement une petite fantaisie. Je me souviens très bien de ma première BD en couleur qui venait de l’Ouest, une sorte d’imitation de Disney, et de l’effet qu’elle a eu sur toute la famille ! A l’école, on apprenait le russe bien sûr. Les journées en classe étaient parfois glaciales, la discipline extrêmement rigide, mais ça ne nous empêchait pas de chanter en cœur les grands hymnes soviétiques ! On défilait consciencieusement, habillés dans de pseudo tenues militaires plusieurs fois par an. Et du jour au lendemain, plus rien... En Mongolie, nous étions loin et isolés. C'est d'ailleurs pour cela sans doute que, pour nous, le basculement n'a eu lieu qu'en 1990. Il n'y a pas eu de transition : notre économie était féodale, elle est devenue subitement capitaliste. Alors que quelques semaines avant, c'était interdit, immoral. De la période communiste, je me souviens tout de même du puissant dispositif d'échanges d'étudiants, de voyages d'apprentissage à Berlin, Varsovie ou Prague. On allait faire des études médicales à Cuba, on recevait de jeunes ingénieurs du Laos, du Cambodge ou du Vietnam. Il y avait une vraie entraide entre "pays frères"... Une sorte d'Erasmus dans un pays où la télévision – unique –, le cinéma et les journaux étaient totalement contrôlés ! »

Udval, 36 ans, née en Mongolie, vit et travaille en France.

Le mouvement libertaire a commencé avant la fin du communisme.

« En Pologne, le changement a été plus précoce et plus doux aussi. Finalement, je ne me représente plus vraiment le bloc soviétique. Je n'ai pas l'impression d'avoir été soviétisée. Je n'y pense même plus. C’est peut être de l’autocensure… Je ne sais pas. Le mouvement libertaire a commencé avant la fin du communisme, à partir du moment où on a commencé à le combattre. Finalement, c'est pour ça qu'on se souvient davantage des différences matérielles entre l'Est et l'Ouest. »

Agnieska, 39 ans, Polonaise, vit en Allemagne.

Nous acceptions des choses inadmissibles parce qu’on n’avait pas le choix.

« La vie quotidienne était très dure. Mais les Russes sont résistants ! Nous acceptions des choses inadmissibles parce qu’on n’avait pas le choix. Mes parents fêtaient l’anniversaire de Lénine, mais je n’ai jamais su s’ils y croyaient ou s’ils le faisaient pour ne pas être dénoncés par des voisins. Autre histoire dingue : officiellement, on devait faire du sport et faire attention à l’hygiène de vie, tout le temps. Les Jeux olympiques étaient une fierté nationale. Par exemple, on allait souvent à la piscine, parce qu’il y avait de l’eau propre et un peu chaude. On en profitait pour se laver ! Mais en réalité, tout dépendait du bon vouloir des fonctionnaires ou des membres du Parti. Pour faire une course de vélo, on me prêtait un vélo, puis on me le reprenait… Et on crevait les pneus ou on l’abîmait un peu. Comme ça, officiellement, il allait être "réparé" ! A la chute du mur, il était difficile de résister à la tentation... Toute ma génération est partie travailler à l'Ouest. Il n'y avait pas le choix. Aujourd'hui, les jeunes restent et investissent en Russie. Ce qui m'a le plus troublé en arrivant, c'est que je croyais faire partie d'une "génération sacrifiée" et, finalement, les jeunes en Allemagne et en France, eux aussi, disaient être une génération sacrifiée... Je crois que mes parents avaient un immense espoir en un avenir meilleur, qu'ils voyaient l'histoire comme un long, très long chemin. Alors que maintenant tout le monde vit au jour le jour. En définitive, j'ai arrêté de faire des comparaisons parce que je n'aboutissais à aucune conclusion... »

Dimitri, 49 ans, Russe, vit à Paris.


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