Le règne de Louis XIV (1643-1715), le plus long de l’histoire de France, marque l’apogée de l’absolutisme.

Louis XIV devient roi de France à l’âge de 5 ans, à la mort de son père Louis XIII. Il est profondément marqué dans son enfance par les événements de la Fronde : le parlement de Paris et la haute noblesse contestent l’autorité royale, obligeant le pouvoir royal à fuir Paris. Le jeune Louis XIV se forme auprès de Mazarin, qui fut le dernier grand ministre de Louis XIII, et qu’il conserve au poste de ministre principal jusqu’à sa mort en 1661.

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Calendrier royal indiquant le cours du soleil, 1706
photo © Prints and Photographs Division, Library of Congress, USA

 

Il décide de ne pas le remplacer et de prendre personnellement le contrôle du gouvernement. Afin de marquer son autorité, Louis XIV fait arrêter, puis condamner Fouquet, le tout puissant surintendant des finances.

Il choisit Jean-Baptiste Colbert, issu d’une famille de marchands et banquiers champenois, qu’il nomme contrôleur général des finances, pour mener à bien ses réformes. Celles-ci resteront dans l’histoire sous le nom de colbertisme : soutien du gouvernement royal à la production ainsi qu’à l’exportation de produits de qualité et protectionnisme ; création de manufactures d'État (tapisseries de Beauvais, des Gobelins) ou privées (Saint-Gobain) ; amélioration des infrastructures routières et développement de la marine marchande ; création des compagnies commerciales pour développer les colonies.

Ses réformes se traduisent aussi dans la promulgation d’une série de codes : le code Louis, ancêtre du code civil, en 1667, le code criminel en 1670, le code forestier en 1669, l’ordonnance de commerce en 1673 et le code noir, portant sur l’esclavage, en 1685. Afin de faire régner l’ordre, il crée un service de police moderne (particulièrement à Paris) et réprime le « vagabondage » des bohémiens.

Pour appliquer sa politique, Louis XIV s’appuie sur les intendants que les parlementaires à Paris ont voulu supprimer pendant la Fronde. A la différence des parlementaires qui sont propriétaires de leurs charges (offices) et inamovibles, les intendants sont nommés et révoqués par le roi. « L’intendant de justice, police et finances, commissaire départi dans les généralités du royaume pour l'exécution des ordres du roi » est l’ancêtre du préfet.

Tout en renforçant le pouvoir des intendants, Louis XIV musèle celui des parlements, associés au pouvoir législatif du Roi depuis la fin du Moyen Âge. S’ils enregistrent toujours les ordonnances et édits royaux, leur pouvoir de remontrance est limité et le roi peut toujours passer outre (le lit de justice). Enfin Louis XIV retire aux parlements leur titre de cour souveraine en le remplaçant par celui de cour supérieure et amoindri ainsi leur rôle judiciaire.

Publié le 15/11/12

Modifié le 14/06/18

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