Journée nationale des mémoires de l’esclavage

Faire cesser l’esclavage en France a été un combat long et difficile. Pour ne pas oublier cette période de notre histoire, une Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions a été créée. Elle est célébrée tous les 10 mai depuis 2006.
 

 
 

Noirs de France : mémoire de l'esclavage

Le 23 mai 1998, la marche parisienne commémorant le 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage est un succès. En 2008, l’AGHFA affiche devant la basilique Saint-Denis les noms de famille donnés aux anciens esclaves de Guadeloupe en 1848. Le 21 mai 2001, la loi Taubira inscrit la reconnaissance de la traite et de l’esclavage comme crime contre l'humanité dans l’histoire de la République.

Pour en savoir plus sur l'esclavage des noirs, découvrez notre dossier spécial Noirs de France.

Le 23 mai 1998, la marche parisienne commémore le 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. 


Du XVIe au XIXe siècle, l’Europe (dont la France) déplace environ 15 millions d’Africains pour les forcer à travailler dans les Amériques et les Caraïbes. Ce commerce dit triangulaire est ce qu'on appelle la « traite ». En France, des navires partent des ports du Havre, de Saint-Malo, de Nantes, de Bordeaux ou encore de Lorient pour rejoindre la côte ouest africaine. Sur place, les Français négocient avec les chefs de tribu. Ils échangent des habitants (hommes, femmes et enfants noirs) contre de la laine, du coton, du rhum ou des armes. Une fois le marché conclu, les esclaves sont entassés dans les bateaux. La traversée de l’Atlantique vers le continent américain dure plusieurs mois. Les conditions sont tellement épouvantables qu’au moins 10 % des esclaves meurent pendant le voyage.

L’esclave perd tout… même son nom

Les survivants sont vendus à de riches propriétaires et intègrent ainsi les plantations des territoires français. Le maître des lieux a le droit de vie et de mort sur ses esclaves. Tout le monde travaille dur, y compris les enfants. L’esclave ne garde même pas son nom : il est rebaptisé par le maître. Cette main d’œuvre africaine est exploitée au maximum et, quand elle est à bout de force, elle est remplacée par un nouvel arrivage d’esclaves.

Un commerce difficile à arrêter

En 1791, une grosse révolte menée par Toussaint Louverture éclate sur le territoire français de Saint-Domingue (l’actuelle île d’Haïti dans la mer des Antilles). Une première abolition de l’esclavage est proclamée en France en 1794. Mais l’esclavage rapporte beaucoup d’argent à ceux qui le pratiquent. Il faut toute une série de lois avant de parvenir à stopper, en 1848, le commerce d’êtres humains en France. Une abolition accélérée par l'arrivée de la révolution industrielle, lorsque les capitaux des puissances occidentales passent des esclaves aux machines... Le 10 mai 2001, la France reconnaît l’esclavage et la traite négrière comme un crime contre l’humanité.

 

Élise Bernind

 

Pour aller plus loin

Voici trois livres et un site internet pour vous aider à en savoir plus sur le sujet :

  • Esclaves et négriers, de Jean Meyer, Éditions Découvertes Gallimard
  • Sur les traces des esclaves, Éditions Gallimard jeunesse
  • Abécédaire de l’esclavage des Noirs, de Gilles Gauvin, Éditions Dapper

Publié le 07/05/13

Modifié le 18/04/19