Faire cesser l’esclavage en France a été un combat long et difficile. Pour ne pas oublier cette période de notre histoire, une Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions a été créée. Elle est célébrée le 10 mai depuis 2006.

Le commerce triangulaire

Du XVIe au XIXe siècle, l’Europe (dont la France) déplace environ 15 millions d’Africains pour les forcer à travailler dans les Amériques et les Caraïbes. Ce commerce dit triangulaire est ce qu'on appelle la « traite ». En France, des navires partent des ports du Havre, de Saint-Malo, de Nantes, de Bordeaux ou encore de Lorient pour rejoindre la côte ouest africaine. Sur place, les Français négocient avec les chefs de tribu. Ils échangent des habitants (hommes, femmes et enfants noirs) contre de la laine, du coton, du rhum ou des armes. Une fois le marché conclu, les esclaves sont entassés dans les bateaux. La traversée de l’Atlantique vers le continent américain dure plusieurs mois. Les conditions sont tellement épouvantables qu’au moins 10 % des esclaves meurent pendant le voyage.

L’esclave perd tout… même son nom

Les survivants sont vendus à de riches propriétaires et intègrent ainsi les plantations des territoires français. Le maître des lieux a le droit de vie et de mort sur ses esclaves. Tout le monde travaille dur, y compris les enfants. L’esclave ne garde même pas son nom : il est rebaptisé par le maître. Cette main d’œuvre africaine est exploitée au maximum et, quand elle est à bout de force, elle est remplacée par un nouvel arrivage d’esclaves.

Un commerce difficile à arrêter

En 1791, une grosse révolte menée par Toussaint Louverture éclate sur le territoire français de Saint-Domingue (l’actuelle île d’Haïti dans la mer des Antilles). Une première abolition de l’esclavage est proclamée en France en 1794. Mais l’esclavage rapporte beaucoup d’argent à ceux qui le pratiquent. Il faut toute une série de lois avant de parvenir à stopper, en 1848, le commerce d’êtres humains en France. Une abolition accélérée par l'arrivée de la révolution industrielle, lorsque les capitaux des puissances occidentales passent des esclaves aux machines... Le 10 mai 2001, la France reconnaît l’esclavage et la traite négrière comme un crime contre l’humanité.

Pour en savoir plus sur l'esclavage

  • Esclaves et négriers, de Jean Meyer, éditions Découvertes Gallimard
  • Sur les traces des esclaves, éditions Gallimard jeunesse
  • Abécédaire de l’esclavage des Noirs, de Gilles Gauvin, éditions Dapper
  • Un hors-série de L'Obs sur l'Esclavage, une histoire française
  • le site de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage. Fondation reconnue d’utilité publique, privée et autonome, créée en novembre 2019 , elle agit pour l’intérêt général et la cohésion nationale. Son action est soutenue par l’Etat et des partenaires privés qui partagent son projet. Elle agit en collaboration avec la société civile, les territoires, le monde de la recherche, de la culture, des médias et de l’éducation pour transmettre l’histoire de l’esclavage mais aussi parler de ses héritages contemporains, par la culture, et pour la citoyenneté.

Publié le 07/05/2013

Modifié le 11/05/2021

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