Vidéo : L'immunité adaptative

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Réseau Canopé
Sciences de la vie et de la Terre06:28Publié le 03/09/2021

L'immunité adaptative

Corpus, au cœur des organes

Lorsque virus et bactéries ont réussi à franchir la première barrière de défense de l'organisme, appelée la réaction innée, une deuxième ligne se met en action : c'est l'immunité adaptative. Ce deuxième bouclier protecteur est spécifique aux vertébrés. Il met en oeuvre un mécanisme complexe faisant appel à des globules blancs particuliers : les lymphocytes.

Le rôle des lymphocytes

Ce sont des cellules spécialisées capables de s'opposer à un antigène agresseur et un seul. Il y a dans notre corps autant de types de lymphocytes que de types d'antigènes. Lorsqu'un antigène agresseur a franchi les premières défenses de l'organisme, ces lymphocytes se mobilisent et quand ils reconnaissent l'identité de l'intrus, ils s'activent.

Dans le cas de la grippe, par exemple, le virus est endocellulaire car il exerce son pouvoir infectieux en s'insérant au cœur même de la cellule. Il franchit sa membrane, pénètre dans le cytoplasme, où il se multiplie avant de se propager dans l'ensemble du corps. La cellule infectée présente alors à la surface de sa membrane des éléments identificateurs de l'antigène qui l'a contaminée. On les appelle peptides antigéniques. La cellule est alors considérée comme étrangère à l'organisme.

La réponse adaptative à médiation cellulaire

Contre ces antigènes se logeant au cœur des cellules, l'immunité adaptative a une réponse à médiation cellulaire. Tout commence lors de la réaction inflammatoire.

Certaines cellules immunitaires, les cellules présentatrices d'antigène, qui ont été les premières à entrer en contact avec l'antigène agresseur, captent son identité et la présentent à leur surface. Les cellules dendritiques exposent le peptide de l'antigène. Jouant un rôle de messager, ces cellules présentatrices d'antigène, porteuses du peptide, la fiche d'identité de l'agresseur, migrent vers les ganglions lymphatiques, où résident des lymphocytes T4 et T8 dormants. Elles présentent le peptide collecté aux lymphocytes spécialisés dans la réaction à cet antigène, et à celui-là seulement. Une fois le message transmis et le dialogue établi, le lymphocyte T4 concerné est activé. Il va devenir une plaque tournante de la réaction qui va suivre.

Il commence par se multiplier en un grand nombre de clones, ce qu'on appelle la mitose. Certains clones deviennent des LT4 mémoire. D'autres, appelés alors LT helper ou LT auxiliaires, deviennent capables de synthétiser et secréter des médiateurs chimiques, des cytokines, nommées interleukines ou lymphokines, qui vont déclencher la réaction des autres lymphocytes. Les interleukines émises stimulent à distance d'autres lymphocytes, notamment les lymphocytes T8, mis en alerte depuis leur contact avec la cellule présentatrice d'antigène. En réponse au message chimique qu'ils reçoivent, les lymphocytes T8, dits « immunocompétents » se multiplient à leur tour. Une partie, les LT8 mémoire, sont conservés. Les autres deviennent des cellules tueuses, qu'on appelle lymphocytes T cytotoxiques. Patrouillant dans l'organisme, ils sont capables de reconnaître puis de détruire les cellules infectées.

La réponse adaptative à médiation humorale

D'autres agents infectieux peuvent agir en demeurant à l'extérieur des cellules comme le tétanos et le choléra. Contre ces antigènes agresseurs nommés extracellulaires, la réponse adaptative est à médiation humorale. Et là, le scénario se déroule d'une toute autre manière.

L'identification de l'antigène agresseur est opérée par une catégorie différente de lymphocytes : les lymphocytes B. Dès qu'ils ont identifié leur antigène, les lymphocytes B sont stimulés. Recevant à distance des cytokines, les messages chimiques émis par les lymphocytes T4 helper déjà en alerte, ils se multiplient par mitose. Une partie est encore une fois stockée comme LB mémoires.

Les autres clones se transforment en plasmocytes anti-antigènes. Ils produisent alors des « anticorps circulants », spécifiquement dirigés contre l'antigène concerné.

Ces anticorps circulants sont secrétés en grande quantité dans le plasma, à raison de 2 000 à 5 000 à la seconde. Dès qu'ils rencontrent l'antigène agresseur, ils se lient à lui en nombre et forment une sorte de filet qui le neutralise. Les cellules mortes, ainsi que les débris cellulaires résultant de la réponse immunitaire, sont éliminés par les macrophages, les éboueurs du corps humain.

Réalisateur : Thierry Imbert

Producteur : Réseau Canopé / Universcience

Année de copyright : 2014

Année de production : 2014

Publié le 03/09/21

Modifié le 13/10/21

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