Louis XIV, modèle du roi absolu

Le règne de Louis XIV (1643-1715), le plus long de l’histoire de France, marque l’apogée de l’absolutisme.


Publié le 15/11/2012 • Modifié le 03/04/2026

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Louis XIV devient roi de France à l’âge de 5 ans, à la mort de son père Louis XIII. Il est profondément marqué dans son enfance par les événements de la Fronde : le parlement de Paris et la haute noblesse contestent l’autorité royale, obligeant le pouvoir royal à fuir Paris. Le jeune Louis XIV se forme auprès de Mazarin, qui fut le dernier grand ministre de Louis XIII, et qu’il conserve au poste de ministre principal jusqu’à sa mort en 1661.

Un roi qui détient tous les pouvoirs

Il décide de ne pas le remplacer et de prendre personnellement le contrôle du gouvernement. Afin de marquer son autorité, Louis XIV fait arrêter, puis condamner Fouquet, le tout puissant surintendant des finances.

Il choisit Jean-Baptiste Colbert, issu d’une famille de marchands et banquiers champenois, qu’il nomme contrôleur général des finances, pour mener à bien ses réformes. Celles-ci resteront dans l’histoire sous le nom de colbertisme : soutien du gouvernement royal à la production ainsi qu’à l’exportation de produits de qualité et protectionnisme ; création de manufactures d'État (tapisseries de Beauvais, des Gobelins) ou privées (Saint-Gobain) ; amélioration des infrastructures routières et développement de la marine marchande ; création des compagnies commerciales pour développer les colonies.

Ses réformes se traduisent aussi dans la promulgation d’une série de codes : le code Louis, ancêtre du code civil, en 1667, le code criminel en 1670, le code forestier en 1669, l’ordonnance de commerce en 1673 et le code noir, portant sur l’esclavage, en 1685. Afin de faire régner l’ordre, il crée un service de police moderne (particulièrement à Paris) et réprime le « vagabondage » des bohémiens.

Pour appliquer sa politique, Louis XIV s’appuie sur les intendants que les parlementaires à Paris ont voulu supprimer pendant la Fronde. A la différence des parlementaires qui sont propriétaires de leurs charges (offices) et inamovibles, les intendants sont nommés et révoqués par le roi. « L’intendant de justice, police et finances, commissaire départi dans les généralités du royaume pour l'exécution des ordres du roi » est l’ancêtre du préfet.

Tout en renforçant le pouvoir des intendants, Louis XIV musèle celui des parlements, associés au pouvoir législatif du Roi depuis la fin du Moyen Âge. S’ils enregistrent toujours les ordonnances et édits royaux, leur pouvoir de remontrance est limité et le roi peut toujours passer outre (le lit de justice). Enfin Louis XIV retire aux parlements leur titre de cour souveraine en le remplaçant par celui de cour supérieure et amoindri ainsi leur rôle judiciaire.

Louis XIV, chef de guerre

Louis XIV affirme la puissance de son royaume par les armes traditionnelles de la diplomatie, mais surtout en l’engageant dans une série de guerres : guerre de Dévolution (1667- 1668), guerre de Hollande (1672-1678), guerre des Réunions (1683-1684), guerre de la Ligue d'Augsbourg (1688-1697) et enfin guerre de Succession d'Espagne (1701-1713). Elles permettent d’agrandir considérablement le territoire sur le flanc Nord et Est (Alsace, Franche-Comté, Flandre…) et consacrent l’hégémonie française en Europe continentale, même si Louis XIV échoue à faire entrer l’Espagne dans le royaume de France.

Comme tous les rois de France, Louis XIV est un « chef de guerre ». Il reçoit une solide formation militaire auprès de Turenne, qui fut l’un des meilleurs généraux sous Louis XIII, puis lors de la première partie du règne de Louis XIV. A la bataille des Dunes le 14 juin 1658, sous le commandement de Turenne, il a 20 ans lorsqu’il dirige lui-même l’armée à Dunkerque. Surtout Louis XIV réorganise profondément l’armée. Ce n’est que depuis Richelieu, sous Louis XIII, qu’existe un ministère de la guerre et que les armées privées sont interdites. L’organisation d’une armée royale permanente et puissante sera l’œuvre de Michel Le Tellier, secrétaire d’Etat à la guerre, et du fils de celui-ci, Louvois, qui lui succède en 1677. Elle passe par l’amélioration du recrutement, l’unification des soldes et aussi la création de l’hôtel des Invalides pour abriter les invalides de retour des champs de bataille.

Enfin Louis XIV s’attache les services de Vauban, qui révolutionne l’art de faire la guerre, après les dérives dévastatrices de la guerre de Trente ans (1618-1648), avec ses pillages et massacres. Il met au point la guerre de siège, les armées marchant de siège en siège, de ville en ville, obtenant la reddition de l’une avant de s’attaquer à l’autre et permettant chaque fois l’entrée majestueuse du roi vainqueur recevant les clés de la ville et faisant célébrer un Te Deum. Les villes de la frontière du royaume sont fortifiées afin de faire du royaume, selon la propre expression de Vauban, un « pré-carré » : à l’exception de la citadelle de Lille prise une fois, le territoire français demeure inviolé jusqu’à la fin du XVIIIe siècle.

L’effort se porte aussi sur la marine quasiment inexistante au début de son règne. Avec Colbert, qu’il nommera secrétaire d’Etat à la Marine, il mobilise d’énormes moyens humains et financiers pour constituer une flotte capable de rivaliser avec la toute puissance de la flotte anglaise. L’état de guerre quasi permanent coûte cher au budget de l’Etat : près de 50 % en temps de paix et 75 % en temps de guerre à la fin du règne de Louis XIV. Il oblige à accroître la pression fiscale et à créer de nouveaux impôts qui touchent aussi la noblesse (impôts de la capitation et du dixième).

Un monarque de droit divin

Le règne de Louis XIV est celui de l’absolutisme religieux. En religion, comme en tous autres domaines, Louis XIV veut l’unité autour de la personne du roi et lutte contre toute opposition et courants minoritaires.

Le 17 octobre 1685, par l’édit de Fontainebleau, Louis XIV révoque l’édit de Nantes : le protestantisme est interdit sur le territoire français. Le royaume de France devient exclusivement catholique.

Les conversions forcées entraînent des troubles, comme le soulèvement de paysans protestants dans les Cévennes entre 1702 et 1704, et un nouveau mouvement d’exil de 200 000 huguenots, après celui des guerres de religion. L’édit de Fontainebleau a une forte portée symbolique : le protestantisme s’était déjà essoufflé sous le double impact du renouveau du catholicisme avec le concile de Trente et la poursuite de la lutte contre les protestants malgré l’édit de Nantes qui prônait la tolérance.

Louis XIV s’emploie à reprendre le contrôle de l’Eglise de France, agitée par des courants dissidents, comme le parti dévot et le jansénisme. Depuis 1630, l’emprise des dévots sur la société française s’accroit : jésuites, sulpiciens, la compagnie du Saint-Sacrement. Molière, très en cour auprès du roi, présente à Versailles en 1664 sa nouvelle pièce Tartuffe ou l’hypocrite : il y moque le directeur de conscience placé dans les familles ; la compagnie du Saint-Sacrement est directement visée. La pièce déchaîne une cabale chez les dévots de la bonne société.

Sous la pression de l’archevêque de Paris, Louis XIV suspend les représentations de la pièce. Mais cela ne l’empêche pas, la même année, de dissoudre les congrégations secrètes, ce qui vise la compagnie du Saint-Sacrement.

Dès le début de son règne, il combat le jansénisme. Issu d'un courant théologique s'inscrivant dans le cadre du renouveau du catholicisme, il doit son nom à l'évêque d'Ypres, Cornelius Jansen, auteur du texte fondateur L'Augustinus, publié en 1640. Il a pour défenseur le penseur Blaise Pascal (publications des Provinciales en 1656-1657), dont la sœur est alors l’une des grandes figures du monastère de Port-Royal des Champs, bastion du jansénisme.

Devant le refus des jansénistes de signer le Formulaire qui condamne leur théologie, ils sont privés de sacrements. Après une période d’apaisement, le combat reprend en 1779, avec l’expulsion des religieux du monastère et l’interdiction de tout recrutement. Les jansénistes fuient à l’étranger. Enfin, pour affirmer l’autorité du roi sur l’Eglise de France contre la papauté à Rome, Louis XIV s’appuie sur Bossuet, auteur des Quatre articles de 1682 qui forment le socle du gallicanisme. Précepteur de Louis XIV enfant, écrivain et polémiste, évêque de Meaux et conseiller d’Etat ecclésiastique, Bossuet garda jusqu’à sa mort en 1704 la confiance du roi.


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