Baudelaire doit beaucoup à Hugo. Le poétique hugolienne des « rayons et des ombres » est pré-baudelairienne.

Fascination et répulsion pour Victor Hugo

L’auteur des Fleurs du mal hérite de la partie la plus sombre du romantisme, mais ne peut s’empêcher de se gausser du pair de France, père de famille à genoux devant une nature que, lui, exècre. Trois poèmes des « Tableaux parisiens » sont dédiés à Hugo : «  Le Cygne », « Les Sept vieillards », « Les petites vieilles ». Dans une lettre du 1er octobre 1959 à son éditeur, Auguste Poulet-Malassis, Baudelaire confie : « J’ai essayé d’imiter sa manière. » L'auteur des Contemplations lui en sait grès, convaincu que tous les deux ont une mission commune comme il l’écrit dans cette lettre du 18 octobre 1859 : «  Nous sommes d’accord : marcher du même pas au même but. Rallions-nous sous l’idéal, but sublime ». Or, une telle invitation semble faire abstraction de l’ironie de Baudelaire, qui dédie trois poèmes évoquant « l’ancien monde » et « la vieillesse extrême »... au patriarche des lettres françaises.

 

Cécile Ladjali

Publié le 05/05/20

Modifié le 07/05/20