Vidéo : « Réparer les vivants », Maylis de Kerangal

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France Télévisions
Français04:44Publié le 12/04/2021

« Réparer les vivants », Maylis de Kerangal

Félix déLIRE avec Félix Radu

Réparer les vivants a été écrit par Maylis de Kerangal (née en 1967). Dans cette œuvre parue en 2014, l’auteure s’empare et suscite une réflexion sur un sujet de bioéthique. Explications.

Que raconte Réparer les vivants ?

Au retour d’une séance de surf, Simon Limbres, 20 ans, et ses copains ont un accident de voiture. Simon est dans le coma avec des lésions cérébrales irréversibles. Son cœur bat, mais son cerveau est mort. Ses parents doivent rapidement décider s’ils débranchent leur enfant, pour donner son cœur à une patiente en attente de greffe. Celle-ci a 51 ans. La décision est difficile, éthique, pour les parents. Le titre mêle à la fois l’organique avec le nom « vivants » et le mécanique avec le terme « réparer ». C’est toute la problématique du roman.
Maylis de Kerangal aborde le don d'organe et la greffe du cœur de manière presque documentaire. Elle s’est beaucoup renseignée sur le prélèvement d'organes. Ici, elle livre à la fois le point de vue des donneurs, qui perdent un proche, du corps médical qui tente de sauver un maximum de vies, et du receveur qui, suite à ses problèmes de santé, met presque sa vie sur pause.

Quelle écriture Maylis de Kerangal use-t-elle ?

L’écriture est rythmée. Maylis de Kerangal a écrit Réparer les vivants comme une « chanson de gestes ». Au Moyen Âge, c’est un long poème épique relatant les exploits guerriers des chevaliers. Ici, les héros des temps modernes sont le personnel médical.

Maylis de Kerangal a aussi une écriture très musicale et orale. Elle joue beaucoup sur les sonorités et les temps. Elle fait de longues phrases, denses, avec beaucoup de métaphores.  Puis, elle fusionne le récit, le discours, le monologue intérieur, sans jamais les dissocier du texte. C’est comme un immense ballet.

Pourquoi l’organe du cœur ?

L’auteure a choisi le cœur de Simon comme sujet principal. Elle le compare à une boîte noire car cet organe est le symbole de la vie et des sentiments. Tout le monde gravite autour de ce cœur, sans savoir où aller. D’ailleurs, la petite amie de Simon, fabrique pour son cours d’arts plastiques un labyrinthe. La description fait écho aux neurones d’un cerveau.

 

Extrait : 
 

Elle élabore son labyrinthe avec régularité depuis Noël. Cet étoilement en rhizome, cet entrelacs complexe où chaque chemin en croisera un autre, où il n’existera ni entrée, ni sortie, ni centre, mais une infinité de pistes, de connexions, d’embranchements, de points de fuite et de perspectives.

 

Réalisateur : Alexandre Mehring

Nom de l'auteur : Félix Radu

Producteur : CALT PRODUCTION

Année de copyright : 2021

Publié le 12/04/21

Modifié le 13/04/21

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