le viticulteur

Walter Von Klingen, chevalier de la cour
du Roi Rodolphe 1er, lors d'un tournoi.
Source : Meister der Manessischen Liederhandschrift
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« Nous interdisons ces foires détestables où viennent les chevaliers pour exhiber leurs forces. Ils s'y rassemblent avec une audace téméraire et il advient souvent mort d'homme et péril pour les âmes. À ceux qui y trouvent la mort, on refusera une sépulture chrétienne. »

Ainsi le concile de Clermont, en 1130, condamne-t-il les tournois, ces « spectacles » très populaires du Moyen Âge. Pour la gloire, pour une dame, pour relever un défi ou pour de l'argent, des chevaliers et des princes se lancent dans ces simulacres de batailles, qui peuvent aller jusqu'à la mort. Ils sont un étrange substitut à la guerre, parée alors du statut du divertissement. Le tournoi, à mi-chemin entre fête militaire et entraînement en temps de paix, vient retoucher et actualiser les hiérarchies du moment de la noblesse guerrière. C'est une vaste foire aux seigneuries, aux fiefs, fortunes, rançons et chevaux : un vainqueur recevant non seulement le prix en jeu, mais encore les armes, les chevaux et la personne même du vaincu, lequel, considéré comme prisonnier, ne recouvre la liberté que sous une rançon. Aux danses et fêtes qui encadrent ces rencontres, les jeunes femmes participent... Le tournoi est un divertissement qui ne brasse pas toute la société, mais permet au tout-venant des chevaliers de se confronter aux ténors de la haute noblesse.

Dans la seigneurie, le château abrite des divertissements moins violents, comme le passage de petits spectacles : saltimbanques, ventriloques, conteurs, bouffons, mimes, passent de palais en châteaux, jusqu'aux plus petites cours. Funambules, lanceurs de couteaux, musiciens, montreurs d'ours, peuvent se retrouver jusqu'au village. Tous ces bateleurs ont des publics au château comme au village.

Mais les habitants des campagnes se divertissent surtout lors des fêtes ; les fêtes religieuses elles-mêmes peuvent être des occasions de réjouissance. Certaines d'entre elles prennent même la place d'une fête païenne antécédente : le Carnaval par exemple, que l'église a absorbé dans le temps de Pâques, lui faisant marquer le Mardi-gras, veille de l'entrée en Carême. D'autres fêtes restées plus laïques scandent l'année : fête de l'âne (dite fête des innocents), fête des fous, fête de la Saint Jean, fête du Bœuf gras. Il y a aussi des fêtes purement agricoles : lors des moissons, le seigneur organise de vastes banquets de plein air pour encourager ses sujets.

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Publié le 15/10/12

Modifié le 04/05/18

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