L'Amazonie, un bien commun pour l'humanité ?

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Publié le 14/11/19Modifié le 14/11/19

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6,7 millions de km², 40 000 espèces de plantes, 10% de la biodiversité mondiale, l’Amazonie a attiré tous les regards lors des feux qui ont dévasté plus de de 4000 km² durant l’été 2019. Près de 285 000 km² ont été rayés de la carte depuis l’an 2000, principalement au Brésil. Les départs de feu sont très souvent volontaires. Le but : créer des terres agricoles, nettoyer les zones déforestées ou développer des prospections minières.

Pourquoi les incendies en Amazonie ont-ils mobilisé les grandes puissances ? 

Face à ce désastre écologique, les plus grandes puissances mondiales se sont mobilisées : les pays frontaliers dont la France avec la Guyane, les Etats-Unis puis tout le G7 ou encore l’Unesco.

Car l’Amazonie est le poumon vert de la planète. Elle abrite la plus grande étendue de forêt tropicale sur Terre. Ces forêts jouent un rôle crucial dans la régulation du climat mondial avec la purification de l'eau et l'absorption de carbone, notamment.

L’Amazonie abrite aussi des peuples autochtones. Certains sont même des peuples « non contactés », c’est-à-dire qu’ils n’ont aucun contact avec l’extérieur. La disparition de la forêt menace leur existence. Mais les pays qui voulaient protéger l’Amazonie se sont heurtés à un mur : la souveraineté d’un Etat sur son territoire. Aucun Etat ne peut intervenir sur le territoire d’un autre sans son accord. Rien n’oblige donc le Brésil à accepter une quelconque aide.

Une petite partie de l’Amazonie a bien été inscrite au Patrimoine de l’Unesco : 12 réserves, soit 1% du territoire. Pas de quoi sauver la planète. Et même si : « L’Unesco est là pour aider, soutenir, orienter, elle ne peut pas se substituer à la responsabilité de l’Etat souverain » a rappelé Mechtild Rossler, directrice du Centre du patrimoine mondial.

Quelles sont les solutions proposées pour protéger l'Amazonie ? 

L’Amazonie mériterait peut-être un traitement différent, à l’image de l’Antarctique : selon un traité de 1959 complété en 1998, l’Antarctique est « un territoire de paix et de sciences », c’est-à-dire un territoire neutre, dédié à la recherche. Ou à l’image de la haute mer qui a longtemps été laissée comme une zone libre, n’appartenant à personne, et apparaissant comme une zone de non-droit ; aujourd’hui des négociations ont lieu à l’ONU pour fixer des règles communes.

La seule solution pour protéger l’Amazonie : que les Etats membres de l’ONU se réunissent pour lui accorder un statut particulier. Mais ça implique que le Brésil renonce à sa souveraineté sur l’Amazonie, et donc qu’il renonce à l’exploitation de ses ressources. Et cela pourrait créer un précédent pour d’autres pays. Pourquoi ne pas protéger l’Himalaya en Inde, Chine, Pakistan, Népal et Bhoutan ? Ou la grande barrière de corail en Australie ? Les Etats devront être prêts à perdre de leur pouvoir sur leur propre territoire souvent acquis de haute lutte. Et ça, ce n’est pas gagné.

Réalisateur : Maxime Chappet

Nom de l'auteur : Cécile Bontron

Producteur : France Télévisions

Année de copyright : 2019

Année de production : 2019

Année de diffusion : 2019

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