Vidéo : La biodiversité : un rempart contre les épidémies ?

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Sciences de la vie et de la Terre04:01

La biodiversité : un rempart contre les épidémies ?

Decod'actu

Zoonoses. Vous avez peut-être récemment entendu ce mot qui n'est pas si nouveau. C'est une maladie ou une infection transmise par les animaux.

La covid-19 est une zoonose dont le virus, le SARS-Cov2, provient donc d'un animal. La chauve-souris a probablement été l'animal « réservoir », c'est-à-dire qui héberge le virus. Et le pangolin, peut-être « l'hôte intermédiaire » qui permet au virus d’évoluer afin de parvenir à infecter l’espèce humaine. Ce que l'on sait, c'est que le marché aux animaux du Wuhan aurait joué un rôle crucial dans la propagation du virus.

Depuis quand ces épidémies existent-elles ? 

Ce type d'épidémie a toujours existé. La grande peste noire du XIVe siècle en était une. Et la peste continue encore aujourd'hui : le rat et la puce sont les « hôtes intermédiaires » et les rongeurs sauvages comme les écureuils, les marmottes et les gerbilles, les espèces « réservoirs ». Dans le cas du Sida par exemple, des chercheurs ont montré que la transmission du singe à l'homme a dû se faire par la chasse et la consommation de viande de brousse infectée.

Mais aujourd'hui, les épidémies zoonotiques se multiplient : Sars, Mers, Ebola,  grippe aviaire, grippe mexicaine... plus de 60 % des maladies émergentes sont des zoonoses.

Comment se développent-elles ?

La chasse, la consommation et le commerce d'animaux sauvages multiplient les contacts des êtres humains avec les virus et bactéries que portent ces animaux. Et les risques sont encore plus élevés si ces espèces sont entassées les unes contre les autres. Pourquoi ? Car cette promiscuité permet à l'infection de se développer. Le trafic d'animaux sauvages est florissant. L'ONU estime que le trafic d'espèces sauvages génère entre 7 et 23 milliards de dollars par an.

L'élevage intensif est également un vecteur important des zoonoses. Les infections passent souvent par les animaux domestiqués comme les poulets, les bœufs ou les porcs, car elles se transmettent plus facilement dans les élevages où les animaux sont entassés.

Pourquoi faut-il préserver la biodiversité ? 

Enfin, la déforestation et la destruction des habitats d’espèces sauvages poussent ces animaux au contact avec les êtres humains ou avec les animaux domestiqués. Et plus largement, la pollution, l'agriculture intensive et les mono-cultures, réduisent la biodiversité.

Pourtant la diversité génétique permet de lutter contre les virus et les bactéries. Car il y a toujours une espèce pour développer des anticorps et faire barrière, ou se positionner en espèce « cul-de-sac », c'est-à-dire non transmetteur.

Ainsi pour le virus du Nil occidental aux États-Unis à partir de 1999, des chercheurs ont montré que plus il existait d'espèces d'oiseaux dans un lieu donné, moins les humains étaient infectés : les oiseaux étant les animaux « réservoirs » du virus. C'est l' « effet de dilution ».

La nature a prévu des remparts face à la prolifération des virus parmi lesquels, la diversité. En protégeant la biodiversité, nous nous protégeons nous-mêmes.

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : France Télévisions

Année de copyright : 2020

Année de production : 2020

Année de diffusion : 2020

Publié le 11/06/20

Modifié le 19/06/20

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