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Portugal : de la dictature à la démocratie

Géopoliticus
Publié le 10/02/20Modifié le 10/02/20
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La dictature au Portugal est la plus longue que l’Europe ait connue au XXe siècle. Au milieu des années 1920, la jeune république portugaise est renversée par un coup d’État militaire. L’armée instaure entre 1926 et 1933 une dictature qui organise toutefois des élections présidentielles afin de légitimer ses leaders. Les scrutins sont dénués de candidats d’opposition.

La dictature de Salazar

António de Oliveira Salazar, influant professeur d’économie, est ainsi nommé ministre des Finances. Le pays traverse une grave crise budgétaire et sociale. Salazar parvient à redresser le déficit et devient très populaire. Le pays sort de l’impasse économique mais sera tenu d’une main de fer pendant plus de 40 ans. En 1932, Salazar est nommé Premier ministre et met en place une nouvelle constitution le 19 mars 1933.

S’ouvre ainsi une ère appelée « Estado Novo ». Il s’agit d’une doctrine d’État anticommuniste, catholique et nationaliste. Elle est fondée sur un État corporatiste : le pouvoir s'appuie sur les organisations professionnelles et les travailleurs pour contrôler et orienter l’économie.

Un régime autoritaire et corporatiste

Le régime de Salazar est antiparlementaire. En tant que président du conseil des ministres, il détient les pleins pouvoirs. L’Assemblée nationale et la Chambre corporative sont élues sur liste unique, celle du parti Union nationale. Les grèves sont interdites et la presse est muselée. La PIDE (Police internationale et de défense de l'État), la police politique, surveille les Portugais à travers un vaste système d’informateurs. Tout parti d’opposition est interdit et quelques 300 prisonniers politiques sont déportés. Proche de l’Espagne franquiste, le Portugal se tient à l’écart de l’Axe Rome-Berlin pendant la Seconde Guerre mondiale. Le pays s’allie aux États-Unis contre l’Union soviétique, participe à la création de l’OTAN et entre dans l’ONU.

L’Estado Novo est aussi un État colonialiste : il applique une politique séparatiste raciale et exploite ses colonies. Dans les années 1960 et 1970, des mouvements d’indépendance surgissent : en Angola, au Mozambique, en Guinée-Bissau et au Cap-Vert. Le régime les réprime dans le sang.

La « révolution des œillets » et la transition démocratique

Après la mort de Salazar en 1970, l’armée est épuisée par les guerres de décolonisation. Dès 1973, des officiers s’opposent au régime, tenu désormais par Marcelo Caetano, ancien ministre des Colonies. Ils s’organisent en secret et tentent un coup d’État l’année suivante, en mars 1974, mais sont arrêtés. D’autres militaires insurgés se rassemblent un mois plus tard près du marché aux fleurs de Lisbonne et mettent des œillets dans leurs fusils en signe de ralliement. Ils sont rejoints par des civils, et le 25 avril 1974 a lieu la révolution des œillets. Le coup d’État rencontre peu de résistance et la révolution ne fait que 4 morts.

Le pouvoir est alors confié à une junte militaire (Junta de Salvação Nacional). Les institutions de l’Estado Novo sont dissoutes et les colonies gagnent leur indépendance. En avril 1976, une nouvelle constitution et des élections libres inaugurent la Troisième République portugaise. Le pays retrouve ainsi son pluralisme politique, permettant aussi le retour des opposants au Portugal.

Réalisateur : Maxime Chappet

Nom de l'auteur : Mélissa Barra

Producteur : France Télévisions

Année de copyright : 2020

Année de production : 2020

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