Mœurs et coutumes au Moyen Âge

Comment les familles s'alimentent-elles au Moyen Âge ? Et dans quelles conditions d'hygiène vivent-elles ? A quoi ressemble la composition de la famille durant le Moyen Âge ? Comment sont élevés les enfants ?


Publié le 15/10/2012 • Modifié le 02/04/2026

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Une alimentation influencée par la religion chrétienne

Au Moyen Âge, la religion chrétienne a une influence sur l'alimentation. La viande, perçue comme liée au péché de chair, est interdite certains jours. De même, les aliments à base de graisses animales, œufs et laitages, le sont pendant le Carême. Ce temps pascal du Carême englobe le renoncement aux plaisirs sexuels, autre pulsion « animale » que le chrétien doit être apte à maîtriser. Durant toute l’année, la viande est prohibée le vendredi, jour de la mort du Christ, et donc jour maigre de la semaine chrétienne. Les aliments proscrits sont remplacés par le poisson, dont la nature est « froide et humide », sans vision de sang, et donc ne risque pas d’échauffer le mangeur, de l’inciter à « l’incendie de la luxure ».

Ces prohibitions alimentaires, encore plus dures dans les monastères, touchent tous les corps sociaux, mais sont moins pénibles chez les élites, qui, ayant plus de facilité et de choix de nourriture, peuvent transformer une cuisine de substitution en un nouveau raffinement. L’aristocratie est mieux protégée des risques liés à la nourriture : elle a des échappatoires à la disette lorsque celle-ci frappe une campagne qui ne se nourrit que de champs dont une guerre vient de détruire les récoltes. Le régime alimentaire paysan lié à une terre unique présente des déséquilibres : le pain a une place centrale, toute mauvaise récolte de céréales est un fléau. Les plus pauvres, au moment d’une grande famine comme celle de 1033, se sont vus contraints de manger racines, herbes des ruisseaux, et toute sorte de charognes.

Accès difficile à la médecine

Les médecins sont peu nombreux, seuls riches et nobles accèdent régulièrement à leurs services, les paysans et travailleurs ayant surtout accès à des guérisseurs populaires, ou à des femmes, nombreuses à avoir acquis des pratiques de soins essentielles. L’hôpital, terme englobant dispensaires pour pauvres, cliniques pour blessés, maisons pour aveugles, boiteux, malades mentaux, doit beaucoup à la contribution de l'Église. Les hôpitaux monastiques développent, avec des auxiliaires laïcs, des hospices pour les pèlerins victimes d’épidémies et de maladies chroniques, travaillent à l’isolement de la peste et de la lèpre. Les Religieux de Saint Antoine soignent le « mal des ardents », le plus meurtrier du Moyen Âge, contracté par intoxication alimentaire de seigle avarié. Il provoque des gangrènes, un état hallucinatoire proche de la démence, consume ses victimes comme un feu dévorant.

Une hygiène relative à l'ordre social auquel on appartient

L’hygiène dans les foyers varie selon l’ordre social, mais il n’y a pas de pièce dédiée à la toilette, un baquet de bois se posant ici ou là, ceux qui n’ont pas d’accès au savon se servant d’un mélange de saponaire (racine) et de graisse animale. On se frotte rarement les dents, sauf dans les milieux nobiliaires, où l’on utilise du corail en poudre et de l’os de seiche écrasé, et un cordon de soie en guise de fil dentaire. Pour certaines couches sociales des grandes villes, l’hygiène devient un art de vivre, les étuves y sont assez nombreuses au XIVe siècle. Dans ces établissements, on peut y boire et manger sur une planche posée au-dessus du bain, se baigner en compagnie.

Le mariage au Moyen Âge

Après l'an 1100 seulement, les premiers rituels liturgiques du mariage indiquent une pénétration progressive du pouvoir des clercs dans la vie des familles. Ils s’assurent du consentement des époux, de la dignité religieuse de l’union. Au cours de la dernière partie du Moyen Âge, on verra progresser dans les villes une forme de famille étroite classique, groupant autour du couple ses seuls enfants, alors qu’à la campagne le groupe familial élargi persiste plus longtemps. L’aristocratie, qui a toujours considéré le mariage comme un instrument d'alliances politiques et foncières entre lignages, tient peu compte des préceptes canoniques : concubinages et mariages multiples restent pratiqués très longtemps. L’interprétation par l’Église de ses propres principes (par ex. sur les cas de nullité) lui permet de tolérer la séparation de nombreux couples de la noblesse : si la femme n'est pas en mesure d'avoir un enfant, le mariage est remis en question, l’épouse peut être répudiée... 

Mais le mariage chrétien est un sacrement, et l’Église veille au moins à ce qu’il n’ait pas lieu au-dessous d’un certain âge (12 ans pour les femmes, 14 ans pour les hommes) ou contre la volonté d’un des partenaires. L’amour entre conjoints est le seul explicitement permis, à condition de n’y point prendre trop de plaisir et de ne pas éviter la procréation.

L'enfance au Moyen Âge

Les époux doivent être fidèles l’un à l’autre, vivre ensemble en élevant leurs enfants sous l’autorité de l’époux. Souvent au Moyen Âge, le bébé peut hélas mourir rapidement ou naître difforme et risquer l’abandon à la porte d’une église. Le tiers des enfants ne survit pas au-delà des cinq premières années, certains couples n’en voyant aucun arriver à la puberté. L’enfance est vue de fait comme un moment dur à passer, les parents attendant de leurs enfants « bon fruit quand ils seront grands », mais étant inquiets et réservés tant qu’ils n’ont pas passé la période critique. L’enfant n’est pas sacralisé, on admire chez lui ce qui laisse augurer de l’âge adulte. Les familles riches font appel à des nourrices, puis à des précepteurs pour l'éducation (à partir de 7 ans). La brièveté d’ensemble de la vie fait que sa période « productive » commence tôt et l’on pense vite à trouver un métier au nouveau venu  — celui de clerc ou de chevalier ayant la préférence, de très jeunes êtres sont confiés à des monastères, d’autres entraînés à la chevalerie avant l’âge de 10 ans et des petites filles placées chez un employeur dès 8 ans.

 

► Pour en savoir plus, découvrez le dossier La vie quotidienne au Moyen Âge.


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