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Commentaire de texte, extrait des « Misérables » de Victor Hugo (23 mars)

La Maison Lumni, les cours - Lycée

A la veille du bac de français, il est l'heure de préparer l’écrit de cette matière. L’écrit consiste en deux exercices : la dissertation ou le commentaire littéraire.

Pour ce travail sur le commentaire de texte, la prof a choisi « L'entrée en scène d'une poupée », extrait du livre Les Misérables de Victor Hugo, publié en 1862. Ce texte met en avant Cosette, un personnage particulièrement émouvant du roman. 

Téléchargez le texte des Misérables de Victor Hugo et le plan proposé dans le cours en PDF.

Le commentaire littéraire

Cette épreuve dure 4 heures. Voici des conseils pour réussir ce commentaire littéraire. 

► Il est très important de prendre son temps : lire le texte attentivement., l’annoter. Puis organiser les remarques (faire attention au style, à la syntaxe de la phrase, à la ponctuation, au temps des verbes).

► Lire et analyser le texte proposé, par exemple : si c’est une poésie, relever les rimes. Si c’est un calligramme, il n’aura pas la même forme que si c’est un sonnet. Si c’est du théatre, penser à étudier les didascalies (voir les mots qui ont été mis en écho par le poète). Si c’est un texte narratif, observer les paragraphes qui se détachent.

► Avant de lire le texte, observé qui est l’auteur du texte, la date de parution et la date de création si c'est du théâtre

La construction du plan

Quand toutes les remarques sont organisées, un plan se dessine. Ce n’est pas forcément celui-là qui fonctionnera.

Par exemple, il est possible d'avoir envie de développer une idée mais ne pas savoir si c’est opportun d’en parler tout de suite ou plus tard. C’est en réfléchissant  que la solution sera trouvée.  Ainsi quand le plan provisoire, puis à modifier, puis à préciser au fil de l’analyse est prêt alors la rédaction de l’introduction peut commencer. A ce moment précis, les grandes parties, les grands axes sont en place. Ils seront présentés dans l’introduction.

Ensuite, il faut identifier les grands axes, réfléchir à des sous parties possibles pour les organiser et les déplacer dans la meilleure partie. Penser à mettre des exemples dans les sous parties. Une citation, un mot, un petit groupe de mots extraits du texte et penser à écrire entre parenthèses la ligne de cette citation ou de ce mot... pour que le correcteur voit que cette citation n’a pas été inventée). Et une analyse. Souligner aussi dans le commentaire, le texte de l’œuvre qui est étudié.

La rédaction de l’introduction.

Elle commence quand le plan est construit car le commentaire est un exercice d’argumentation. Grâce à cette introduction, le correcteur saura là où le développement du commentaire le conduira…. Il faut partir d’une hypothèse et démontrer que le texte a un réel intérêt, quels sont ses grands enjeux.

Ensuite, l’étape de la rédaction commencera.

La conclusion sera rédigée à la fin.  Dans celle-ci, il y a ce qui aura été démontré et une ouverture.

 

Les Misérables, Victor Hugo, Livre II chapitre  IV, « L'entrée en scène d'une poupée » (extrait)

Commençons la lecture. Remarque : attention le chapeau ne fait pas partie de l’analyse. Ce sont les notes que l’éditeur ou le professeur a placé pour comprendre le contexte.

Cosette est une jeune enfant élevée par un couple d'aubergistes, les Thénardier, qui sont rémunérés pour s'occuper d'elle, car sa mère est trop pauvre pour s'en occuper. Cependant, ils la maltraitent et l'exploitent comme servante. Un jour, en sortant chercher de l'eau, Cosette passe devant la vitrine d'un magasin dans laquelle se trouve une poupée.

[…] La dernière de ces baraques, établie précisément en face de la porte des Thénardier, était une boutique de bimbeloterie, toute reluisante de clinquants, de verroteries et de choses magnifiques en fer-blanc. Au premier rang, et en avant, le marchand avait placé, sur un fond de serviettes blanches, une immense poupée haute de près de deux pieds qui était vêtue d'une robe de crêpe rose avec des épis d'or sur la tête et qui avait de vrais cheveux et des yeux en émail. Tout le jour, cette merveille avait été étalée à l'ébahissement des passants de moins de dix ans, sans qu'il se fût trouvé à Montfermeil 1 une mère assez riche, ou assez prodigue2 pour la donner à son enfant. Eponine et Azelma3 avaient passé des heures à la contempler, et Cosette elle-même, furtivement, il est vrai, avait osé la regarder.

Au moment où Cosette sortit, son seau à la main, si morne et si accablée qu'elle fût, elle ne put s'empêcher de lever les yeux sur cette prodigieuse poupée, vers la dame, comme elle l'appelait. La pauvre enfant s'arrêta pétrifiée. Elle n'avait pas encore vu cette poupée de près. Toute cette boutique lui semblait un palais ; cette poupée n'était pas une poupée, c'était une vision. C'étaient la joie, la splendeur, la richesse, le bonheur, qui apparaissaient dans une sorte de rayonnement chimérique4 à ce malheureux petit être englouti si profondément dans une misère funèbre5 et froide. Cosette mesurait avec cette sagacité6 naïve et triste de l'enfance l'abîme qui la séparait de cette poupée. Elle se disait qu'il fallait être reine ou au moins princesse pour avoir une “chose” comme cela. Elle considérait cette belle robe rose, ces beaux cheveux lisses, et elle pensait : Comme elle doit être heureuse, cette poupée-là ! Ses yeux ne pouvaient se détacher de cette boutique fantastique. Plus elle regardait, plus elle s'éblouissait. Elle croyait voir le paradis. Il y avait d'autres poupées derrière la grande qui lui paraissaient des fées et des génies. Le marchand qui allait et venait au fond de sa baraque lui faisait un peu l'effet d'être le Père éternel. 

            Dans cette adoration, elle oubliait tout, même la commission dont elle était chargée. Tout à coup, la voix rude de la Thénardier la rappela à la réalité:

- Comment, péronnelle, tu n'es pas partie! Attends ! je vais à toi ! Je vous demande un peu ce qu'elle fait là ! Petit monstre, va ! 

            La Thénardier avait jeté un coup d'oeil dans la rue et aperçu Cosette en extase. Cosette s'enfuit emportant son seau et faisant les plus grands pas qu'elle pouvait.


1 Village près de Paris

2 Généreuse

3 Les deux filles des Thénardier

4 Sans rapport avec la réalité, de l'ordre du rêve

5 Qui évoque la mort

6 Perspicacité, capacité de comprendre vite

Réalisateur : Didier Fraisse

Producteur : france tv studio

Année de copyright : 2020

Année de production : 2020

Année de diffusion : 2020

Publié le 25/03/20

Modifié le 21/04/20

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