Vidéo : Erasme, prince des humanistes

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Erasme, prince des humanistes

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Au cœur de la Renaissance, Erasme fait rayonner dans l’Europe entière les idées de l’humanisme dont il devient la principale figure. Retour avec Manon Bril sur la vie  du « prince des humanistes » et son œuvre majeure, L’Éloge de la folie (1511).

Les origines de l’humanisme

En 1453, les Ottomans s’emparent de Constantinople, l’actuelle Istanbul, provoquant la chute de l’Empire romain d’Orient. A la suite de cette invasion, de nombreux savants byzantins trouvent refuge à l’ouest et apportent dans leurs bagages de précieux manuscrits. Les Européens découvrent alors des poètes, des auteurs, des médecins arabes qui leur étaient jusque-là inconnus, mais redécouvrent aussi les penseurs de l’Antiquité, notamment Aristote ou Platon.

Mais, au Moyen Age, l’Eglise (qui déterminait alors ce qu’il fallait lire, apprendre ou penser) écarte cette culture ancienne teintée de mythologie et ces philosophes. A la Renaissance, certains intellectuels remettent cependant en cause ces interdictions et cherchent à mieux comprendre la Création divine par eux-mêmes. Pour cela, ils sont persuadés que l’idéal est d’étudier l’être humain, à leurs yeux la plus belle et la plus aboutie des créations de Dieu. Ils prennent alors le nom d’humanistes.

Erasme, représentant de l’humanisme

Même s’ils ne remettent pas Dieu en cause, il arrive aux humanistes de critiquer les enseignements et les pratiques de l’Eglise. C’est le cas par exemple du Hollandais Erasme qui, en 1511, dans son Eloge de la folie, dénonce l’attitude du clergé. Bien qu’il ait fait ses études au sein de l’Eglise, Erasme a toujours été relativement critique à son égard. Il rejoint alors assez vite le courant humaniste et contribue à son développement. 

Pour Erasme et les humanistes, la priorité est de comprendre précisément les ouvrages antiques et, pour cela, de pouvoir lire le texte dans sa langue d’origine. Ils étudient le latin de l’Antiquité, apprennent le grec ou l’hébreu, ce qui leur permet de traduire, ou de retraduire, les œuvres anciennes. Erasme, lui, s’attaque au plus sacré d’entre tous : le Nouveau Testament. Il en propose une nouvelle traduction.

Les inventions accélèrent la diffusion des idées humanistes

Diffuser leurs idées à travers toute l’Europe est essentiel pour les intellectuels de l’époque. Erasme va ainsi parcourir les Pays-Bas, l’Angleterre, la France, l’Italie et le Saint Empire romain germanique. Il visite toutes les grandes villes universitaires, rencontre tous les penseurs influents. C’est d’ailleurs pour rendre hommage à sa connaissance des lieux de savoir européens que le programme d’échange universitaire a été baptisé Erasmus.

L’invention de l’imprimerie par Gutenberg en 1455 et le développement du service postal vont également permettre une plus large diffusion des idées. Erasme va ainsi écrire plus de 1 200 lettres à plus de 600 correspondants à travers toute l’Europe.

Jusqu’à sa mort, en 1536, Erasme est l’incarnation de l’humanisme. Parce qu’il conseille les princes (notamment Charles Quint), maîtrise les langues anciennes, connaît des auteurs antiques et de la Renaissance, il est finalement appelé « prince des humanistes ».

Réalisateur : Alexandre Philippe

Nom de l'auteur : Benjamin Valière, Manon Bril, Séverine Beverini, Bastien Beverini

Producteur : France Télévisions, Goldenia Studios

Année de copyright : 2020

Année de production : 2020

Année de diffusion : 2020

Publié le 24/12/19

Modifié le 22/04/20

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