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La fin du Printemps de Prague
La grande explicationLe 21 août 1968, à l’aube, des milliers de chars soviétiques envahissent Prague, la capitale de la Tchécoslovaquie. Les civils désarmés tentent de s’interposer. Mais la population est impuissante face à l'opération de force menée par l’URSS. C’est la fin du Printemps de Prague, un mouvement qui avait généré un immense espoir de liberté face à l’emprise de Moscou.
L'emprise de l'URSS sur les pays du bloc de l'Est
- En 1948, lors du coup de Prague, le Parti communiste confisque le pouvoir en Tchécoslovaquie. La démocratie est abolie et le pays bascule, à l’est du rideau de fer, sous le contrôle de l’URSS de Staline. Débute alors une période autoritaire qui va durer 20 ans. La population est surveillée, les opposants sont emprisonnés, la presse et la culture sont censurées.
- En 1953, Staline meurt et Nikita Khrouchtchev le remplace à la tête de l’URSS. Il engage une politique de « déstalinisation ». Dans cette période de dégel, les pays satellites de l’URSS espèrent se libérer de la tutelle de Moscou.
- En 1956, la Hongrie tente même de reprendre son indépendance et se déclare « pays neutre ». Mais l’URSS répond par la force et envahit le pays. L'insurrection de Budapest est réprimée dans le sang et fait 3 000 morts. Pour les pays satellites, le message est clair : on ne quitte pas le bloc de l’Est.
le Printemps de Prague et le désir d'émancipation de la Tchécoslovaquie
- En janvier 1968, la Tchécoslovaquie tente à son tour de s’émanciper. Alexander Dubček devient le nouvel homme fort du pays et annonce son programme : « le socialisme à visage humain ». Il veut mener des réformes libérales pour son pays, sans pour autant rompre avec Moscou. En quelques mois, la presse gagne en indépendance, d’anciens opposants politiques sont réhabilités et les débats publics réapparaissent. L'économie aussi se fait plus libérale : le pays diminue les subventions aux entreprises et encourage l’exportation. Un vent de liberté souffle sur la Tchécoslovaquie. À l'ouest du rideau de fer, on s’enthousiasme pour ce qu’on appelle déjà le Printemps de Prague.
- En URSS, le Printemps de Prague est vu comme une menace pour l’unité du bloc soviétique. Léonid Brejnev, qui a remplacé Khrouchtchev à la tête de l’État soviétique, s’inquiète d’un effet domino : si la Tchécoslovaquie s'émancipe, les autres pays satellites voudront en faire autant. Alors durant des mois, Moscou fait pression sur Prague pour stopper les réformes. Mais Dubček refuse de céder. Le 18 août 1968, les membres du pacte de Varsovie - l’alliance militaire du bloc de l’Est - se réunissent. Cinq d’entre eux votent en faveur d’un opération conjointe massive. Objectif : écraser le Printemps de Prague.
La répression soviétique du Printemps de Prague
Trois jours plus tard, environ 500 000 soldats et 5 000 chars entrent en Tchécoslovaquie. En quelques heures, tout le pays est occupé. Pour éviter un bain de sang, Dubček demande à l’armée tchécoslovaque de ne pas intervenir. À Prague, les civils médusés assistent au défilé des blindés dans les rues. Ils n'opposent qu’une résistance symbolique : ils détruisent les plaques des rues pour désorienter les troupes, manifestent drapeaux au vent, ou tentent de discuter avec les soldats. Mais en vain. Des échauffourées éclatent et les soviétiques ouvrent le feu, faisant près d’une centaine de morts. Alexander Dubček est arrêté et emmené à Moscou. Les réformes qu’il avait initiées sont annulées et la censure est rétablie. C’est la normalisation, le retour forcé à l’ordre soviétique.
Immolation de Jan Palach, l'étudiant martyr du Printemps de Prague
À l’ouest du rideau de fer, l’intervention soviétique à Prague provoque l’indignation. Mais en pleine guerre froide, personne ne vient en aide à la Tchécoslovaquie, et le pays replonge dans une longue période sombre. En 1969, un jeune étudiant praguois, Jan Palach, s’immole par le feu pour protester contre l’écrasement du Printemps de Prague. Ce suicide public devient le symbole de la résistance civile en Tchécoslovaquie. Il faut attendre 1989 pour que le pays retrouve la démocratie, au terme de grandes manifestations pacifiques : c’est la « révolution de velours ». L’ancien leader, Alexander Dubček, fait son retour comme président de l’Assemblée, et l’ex-dissident, Václav Havel, est élu président de la République.
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Réalisateur : Jean-Christophe Nabères
Auteur : Flore-Anne d’Arcimoles et Jean-Christophe Nabères
Producteur : INA avec la participation de France Télévisions et TV5Monde
Année de copyright : 2026
Année de production : 2026
Année de diffusion : 2026
Publié le 07/09/26
Modifié le 07/09/26

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