Vidéo : Mao Zedong et la Révolution culturelle

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France Télévisions
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Histoire04:55Publié le 06/09/2021

Mao Zedong et la Révolution culturelle

La grande explication

Le 18 août 1966, plus d’un million de jeunes Chinois se rassemblent sur la place Tian’anmen à Pékin. Dans une ambiance exaltée, ils scandent leur soutien au nouveau mouvement politique lancé par Mao Zedong, le président du Parti communiste. C’est le début de la Révolution Culturelle. À 72 ans, le Grand Timonier veut restaurer son pouvoir après l’échec du Grand Bond en avant.

L’échec meurtrier du Grand Bond en avant

En 1949, Mao Zedong fonde la République populaire de Chine dont il devient le président. Mao voit grand : il veut transformer le pays et en faire une puissance moderne. En moins d’une génération !  Pour y parvenir, il impose en 1958 un titanesque programme économique qui repose sur la collectivisation des terres agricoles et le développement de l’industrie. Mao ordonne la construction d’infrastructures pharaoniques qui épuise la population. Mais, irréaliste, le projet tourne au fiasco. L’économie s’effondre et une famine sans précédent décime le pays, tuant une trentaine de millions de chinois

1966 : Mao Zedong lance la  Révolution culturelle

La crédibilité et la popularité de Mao sont sévèrement atteintes et le Grand Bond en avant est abandonné. Discrédité, le Grand Timonier doit céder la présidence du pays à Liu Shaoqi, un homme politique plus modéré. Mais Mao n’a pas dit son dernier mot. Encore aux rênes du Parti communiste, il prépare son grand retour avec la Révolution culturelle. L’une des pages les plus sombres de l’histoire contemporaine chinoise.

Le Petit Livre rouge, outil de propagande 

En 1966, bien décidé à restaurer son pouvoir, Mao lance une « Grande Révolution culturelle prolétarienne ». Son objectif : s’appuyer sur la jeunesse pour purger le parti communiste « infesté de traîtres capitalistes » et façonner un homme nouveau doté d’une conscience socialiste absolue. Mao veut se débarrasser de ce qu’il appelle “les quatre vieilleries” : vieilles idées, vieille culture, vieilles coutumes, vieilles habitudes. Ses préceptes sont regroupés dans le Petit Livre rouge, un petit opuscule qui devient bientôt un véritable outil de propagande. « Sans destruction, peut-on y lire, pas de construction ». 

Les gardes rouges, jeunes soldats fanatisés de Mao 

Mao exhorte la jeunesse à se soulever et la révolte se transforme bientôt en une déferlante de persécutions et de massacres. Les universités sont fermées et les étudiants s’enrôlent par millions pour renverser le système. Devenus les gardes rouges, ces soldats fanatisés font régner le chaos et la terreur. Sur simple dénonciation, souvent arbitraire, des milliers d’hommes et de femmes, cadres du parti, professeurs, représentants de la bourgeoisie ou familles toutes entières sont arrêtés, déportés ou assassinés. Liu Shaoqi lui-même mourra en prison. La Chine sombre dans l’anarchie. 

Maoïstes de tous les pays

Pendant deux ans, au nom de la révolution permanente, les brassards rouges envahissent les rues de Pékin et de toutes les grandes villes de Chine, lors de défilés et de gigantesques parades. Les préceptes de Mao traversent les frontières et arrivent jusqu’en France, où en mai 68 de nombreux manifestants reprennent ses slogans et brandissent son portrait. 

Les gardes rouges exilés à la campagne

En 1968, face au chaos qui agite la Chine, Mao fait appel à l’armée pour rétablir le calme. Les gardes rouges, devenus embarrassants, sont expulsés dans les campagnes pour y être rééduqués. Le bilan est catastrophique : certains parlent de plus d’un million de morts. L’économie est dévastée et le pays est désormais gouverné par des cadres incompétents, choisis sur leur dévotion au Petit Livre rouge. 

La Révolution culturelle meurt officiellement  avec Mao

Il faudra attendre la mort de Mao en 1976, puis l’arrivée de son successeur, Deng Xiaoping, pour que la Révolution culturelle soit définitivement démantelée et que le pays sorte de sa torpeur. Pourtant le culte de Mao demeure : encore aujourd’hui, un immense portrait du Grand Timonier trône sur la place Tian’anmen, en plein cœur de Pékin. 

 

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Réalisateur : Flore-Anne d'Arcimoles

Nom de l'auteur : Flore-Anne d'Arcimoles, Olivier Carpentier

Producteur : INA avec la participation de France Télévisions et TV5Monde

Année de copyright : 2021

Année de production : 2021

Publié le 06/09/21

Modifié le 06/09/21

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