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Français29:38

Objectif brevet : grammaire et compréhension de texte (27 mars)

La Maison Lumni, les cours - Collège

Olivier, professeur de français, vous propose une séance d'entraînement à l'épreuve du brevet autour d' un texte de Georges Simenon, L'affaire Saint-Fiacre publié en 1932. 

Ce cours vise à préparer la première partie de l'épreuve de français : grammaire, compréhension de texte, réécriture, dictée. La lecture du texte est un moment important. Lire, ce n'est pas simplement faire défiler un texte, c'est se représenter son monde, le questionner pour en saisir ses enjeux.

Retrouvez la deuxième partie de l'épreuve, la rédaction et le support en pdf pour vous entraîner à l'épreuve de français de brevet.

Georges Simenon, L’Affaire Saint-Fiacre, 1932.

Maintenant le commissaire Maigret était debout, les pieds nus sur le plancher glacial. Il marcha vers la porte qui fermait à l’aide d’une ficelle enroulée à deux clous. Il y eut des pas qui fuyaient et quand il fut dans le couloir, il eut juste le temps d’apercevoir une silhouette de femme en camisole et en jupon blanc.

            Alors il ramassa le broc d’eau chaude que Marie Tatin lui avait rapporté, ferma sa porte, chercha un bout de miroir devant lequel se raser.

            La bougie n’en avait plus pour quelques minutes à vivre.

            Au-delà de la lucarne, c’était encore la nuit complète, une nuit froide d’hiver naissant. Quelques feuilles mortes subsistaient aux branches des peupliers de la grand-place.

            Maigret ne pouvait se tenir debout qu'au centre de la mansarde, à cause de la double pente du toit. Il avait froid. Toute la nuit un filet d’air, dont il n’avait pu repérer l’origine, avait glacé sa nuque. Mais justement cette qualité de froid le troublait en le plongeant dans une ambiance qu’il croyait avoir oubliée.

            Le premier coup de messe…. Les cloches sur le village endormi… Quand il était gosse, Maigret ne se levait pas si tôt… Il attendait le deuxième coup, à six heures moins un quart, parce qu’en ce temps-là, il n’avait pas besoin de se raser… Est-ce que seulement il se débarbouillait ? On ne lui apportait pas d'eau chaude... Il arrivait que l'eau fût gelée dans le broc... Peu après ses souliers sonnaient sur la route durcie....

            Maintenant tandis qu’il s’habillait, il entendait Marie Tatin qui allait et venait dans la salle de l’auberge, secouait la grille du poêle, entrechoquait de la vaisselle, tournait le moulin à café.

            Il endossa son veston, son pardessus. Avant de sortir, il prit dans son portefeuille un papier épinglé d’un papillon administratif qui portait la mention :

            Police municipale de Moulins

            Transmis à toutes fins utiles à la Police Judiciaire de Paris.

            Puis une feuille quadrillée. Une écriture appliquée :

            Je vous annonce qu’un crime sera commis à l’église de Saint-Fiacre pendant la première messe du Jour des Morts.

            Le papier avait traîné pendant plusieurs jours dans le bureau du quai des Orfèvres. Maigret l’avait aperçu par hasard, s’était étonné.

— Saint-Fiacre par Matignon ?

— C’est probable puisque cela nous est transmis par Moulins.

Et Maigret avait mis le papier dans sa poche. Saint-Fiacre ! Matignon ! Moulins ! Des mots qui lui étaient plus familiers que tous les autres.

            Il était né à Saint-Fiacre, où son père avait été pendant trente ans régisseur du château ! La dernière fois qu’il s’y était rendu, c’était justement à la mort de son père qu’on avait enterré dans le petit cimetière, derrière l’église.

            … Un crime sera commis… pendant la messe…

            Maigret était arrivé la veille. Il était descendu à l’unique auberge, celle de Marie Tatin.

            Elle ne l’avait pas reconnu, mais il l’avait reconnue, lui, à cause de ses yeux. La petite fille qui louchait, comme on l’appelait jadis ! Une petite fille malingre qui était devenue une vieille fille encore plus maigre, louchant de plus en plus, s'agitant sans fin dans la salle, dans la cuisine, dans la cour où elle élevait des lapins et des poules !

            Le commissaire descendit. En bas, c’était éclairé au pétrole. Le couvert était mis dans un coin. Du gros pain gris. Une odeur de café à la chicorée, du lait bouillant.

Réalisateur : Didier Fraisse

Producteur : France tv studio

Année de copyright : 2020

Publié le 27/03/20

Modifié le 22/04/20

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