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Questionner le monde12:49Publié le 13/05/2026

Pourquoi la mémoire de l’esclavage nous concerne encore aujourd’hui ?

Mission info

En cette année 2026, on fête les 25 ans de la loi Taubira qui fait de l’esclavage un crime contre l’humanité. Mais on connaît assez mal l’histoire de l’esclavage. L’occasion pour l’équipe de Mission info de mener l’enquête sur cette période sombre pour mieux comprendre notre histoire commune et celle de nos territoires.

Que fête-t-on le 10 mai ?

Le 10 mai 2001, la France a été le premier pays au monde à reconnaître l’esclavage comme un crime contre l’humanité. Un crime contre l’humanité est un crime très violent organisé contre tout un groupe d’êtres humains. Avec cette loi, la France reconnaît aussi les violences commises lors de la traite négrière. La traite négrière, c’est cette période de l’histoire entre le XVe et le XIXe siècle durant laquelle 12 millions d’êtres humains vont être capturés et vendus comme esclaves pour faire du commerce. 

C’était quoi l’esclavage ?

Des bateaux partaient d’Europe, notamment de ports français, comme Nantes, Bordeaux ou La Rochelle avec des marchandises. En Afrique, ces tissus et objets étaient échangés contre des hommes, des femmes et des enfants capturés. Ils étaient ensuite entassés dans des bateaux, enchaînés, avec très peu d’air et de nourriture, pour traverser l’océan. Ceux qui survivaient étaient vendus dans les Amériques, notamment dans les Antilles comme en Martinique ou en Guadeloupe, en Guyane ou à la Réunion, pour travailler de force dans les plantations. Les bateaux repartaient ensuite vers l’Europe avec des produits comme le sucre, le café ou le coton. À l’époque, la loi qu’on appelait le Code noir, considérait les esclaves comme des objets. L’esclavage reposait donc sur le racisme, c’est-à-dire la certitude que certaines personnes valent moins que d’autres à cause de leur couleur de peau ou de leur origine. La traite négrière sera finalement abolie, c’est-à-dire interdite en France en 1848, aux États-Unis en 1865 et au Brésil en 1888.

Quel était le rôle de la France dans l’esclavage ?

Depuis son abolition en 1848, la France a peu parlé de son rôle dans l’esclavage et très peu enseigné cette histoire. Pourtant, on estime que 8 habitants des Antilles sur 10 ont un ancêtre esclave. Il faut attendre Christiane Taubira, députée de Guyane et sa loi votée il y a tout juste 25 ans pour que les choses changent. Dans cette loi, la France reconnaît l’esclavage comme un crime contre l’humanité, rend obligatoire son enseignement à l’école, et encourage les chercheurs à travailler sur cette période. Aujourd’hui, un mot revient souvent : « réparations ». En effet, les personnes devenues libres après l’abolition de l’esclavage, n’ont rien reçu pour recommencer leur vie. À l’inverse, les anciens propriétaires d’esclaves ont gardé leurs terres, et même reçu de l’argent de l’État pour compenser le départ des esclaves. Aujourd’hui, certaines personnes, principalement des descendants d’esclaves, souhaitent que cette injustice soit réparée.

Comment se passait l’esclavage aux Antilles ?

En Martinique, une île française située dans les Caraïbes, des milliers de personnes venues d’Afrique ont été transportées de force pour devenir esclaves. Ces esclaves travaillaient et vivaient dans des plantations de canne à sucre. À partir du XVIIe siècle, le sucre est devenu un produit très demandé en Europe et valait beaucoup d’argent. Pour le produire, les maîtres ont donc eu besoin de beaucoup d’esclaves qu’ils faisaient travailler comme des machines. Ils avaient droit de vie ou de mort sur eux. Plus ils avaient de sucre, plus ils avaient d’argent. Le soir, épuisés, les esclaves rentraient dans de minuscules cases pour dormir, sans aucun confort. Tous les enfants qui naissaient sur la plantation naissaient esclaves. Dès qu’ils avaient 5 ans, ils étaient mis au travail. Les esclaves n’avaient droit qu’à un seul repas par jour. S’ils se blessaient ou tombaient malades, ils n’étaient pas soignés. Dans ces conditions terribles, beaucoup mouraient aux champs. Ceux qui tentaient de résister aux maîtres étaient fouettés. Certains esclaves parvenaient à s’échapper de leur plantation pour se réfugier dans la forêt. On les appelait des nèg’ marrons (nègres marrons). À l’inverse, les maîtres habitaient dans des habitations grandes et très confortables, construites en hauteur pour pouvoir surveiller les esclaves en permanence.

L’héritage culturel des esclaves

On sait que les esclaves chantaient dans les plantations pour se donner du courage, mais aussi pour communiquer entre eux, sans que les maîtres les comprennent. Aujourd’hui, de nombreuses musiques trouvent leurs racines dans les chants des esclaves. Aux États-Unis, par exemple, le blues et le gospel sont nés dans les champs de coton. Dans les îles françaises, on retrouve toujours le Gwo Ka en Guadeloupe et le Bèlè en Martinique. À La Réunion, c’est le Maloya qui est né dans les champs de canne à sucre. Longtemps interdit, il résonne pourtant toujours aujourd’hui grâce à des groupes comme Lindigo. Le groupe chante en créole : un mélange de langues africaines et européennes, inventé à l’époque par les esclaves et qui est toujours parlé aujourd’hui dans les outre-mers. Les groupes actuels continuent à jouer cette musique, car elle représente un patrimoine et un héritage culturel. C’est une trace des ancêtres.

Qui sont les descendants des esclaves ? 

Aujourd’hui en Martinique, 200 ans après la fin de l’esclavage, beaucoup de Martiniquais cherchent à savoir d’où ils viennent, qui étaient leurs ancêtres esclaves et de quel pays ils venaient. Lorsqu’ils étaient jeunes, on ne leur apprenait absolument rien sur l’esclavage. Heureusement aujourd’hui, il existe des sites internet et des associations pour faciliter les recherches sur les origines des ancêtres esclaves, notamment en accédant à des documents d’archives. Mais ce sont des recherches difficiles, parce qu’à l’époque, les esclaves n’avaient pas de noms de famille, mais simplement un prénom ou un numéro. Ce n’est qu’à la fin de l’esclavage qu’on a attribué à ces hommes, ces femmes et ces enfants un nom de famille. 

Quels effets a encore l’esclavage sur la vie d’aujourd’hui ?

Pour les descendants, cela permet de mieux connaître l’histoire de l’esclavage et de comprendre que si les anciens maîtres ne sont plus là, leurs descendants eux, sont encore là. On les appelle les békés. Ils possèdent de grands magasins, de grandes maisons, alors que les descendants d’esclaves ont moins de richesses et moins de facilités. Il y a donc toujours des différences en fonction de la couleur de la peau, même deux siècles après l’abolition. On peut donc dire que l’histoire de l’esclavage n’est pas entièrement terminée, et que ses effets se répercutent toujours sur les populations locales aujourd’hui. D’où l’importance de maintenir la mémoire de cette période.
 

Réalisateur : Serge Bonafous

Auteur : Carole Bélingard, Myriam Bounafaa, Danaé Pol

Producteur : franceinfo

Année de copyright : 2025

Année de production : 2025

Année de diffusion : 2025

Publié le 13/05/26

Modifié le 13/05/26

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