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Actualité03:45

#Rap : qu’a donc fait la saoudienne Asayel Slay ?

ZOOM, la série qui décrypte les hashtags en 2 min

La rappeuse saoudienne a publié sur YouTube le clip « Bnt Meeca » (La fille de La Mecque). Une chanson moderne qui lui a valu… une arrestation. Relâchée, Asayel Slay a déclaré avoir été auditionnée non pas pour avoir offensé les  coutumes de son peuple, mais simplement pour avoir tourné son clip sans autorisation. La rappeuse a-t-elle été victime de la politique répressive pratiquée par le royaume d’Arabie saoudite ? Zoom fait le point.

Asayel Slay censurée

Dans son clip « Bnt Meeca », Asayel Slay (Asayel Al-Bishi, de son vrai nom) chante « la force » et « le courage » des filles de La Mecque, la ville sainte d’Arabie saoudite. Danses, attitudes cool... dans ce pays au régime ultra-conservateur, le style très occidental de la rappeuse passe mal. La diffusion de sa vidéo provoque les foudres du gouverneur de La Mecque qui exige l’arrestation d’Asayel Slay. Sur Twitter, il déclare que la rappeuse « offense les coutumes et les traditions du peuple de La Mecque ».

Asayel Slay muselée par le régime saoudien ?

Deux semaines plus tard, la rappeuse sort du silence et déclare avoir été interrogée par la police pour avoir tourné son clip sans autorisations. Une explication qui ne rassure pas les internautes et les fans…

La police aurait-elle fait pression, et comment ?

« En Arabie saoudite, les femmes, quel que soit leur âge, ont un tuteur. Ce marham, en arabe, a un droit de vie et de mort sur ces femmes-là. Les autorités convoquent le tuteur, qui peut être un père, un frère, un mari ou un oncle, pour le tenir informé et l’avertir d’agissements de la femme dont il responsable afin qu’elle ne récidive pas. En Arabie saoudite, ça fonctionne comme ça, on ne s’adresse pas directement aux femmes, mais à leur tuteur », explique Claire Rodriguez, journaliste-correspondante pendant douze ans à Riyad et auteur de Révolution sous le voile.

Une Arabie saoudite à deux visages

Depuis juin 2017 et l’arrivée du prince héritier Mohammed Ben Salman, alias MBS, aux commandes du royaume, le pays semble s’ouvrir. Des concerts, des festivals, jusque-là interdits, sont organisés. Le MDL beast festival a accueilli Tiesto et David Guetta, ou encore le groupe de K-pop BTS qui s’est produit au stade de Riyad en 2019. Pour les Saoudiens, les règles semblent s’assouplir. Notamment chez les femmes et les jeunes, car 70 % de la population du pays a moins de 25 ans.

« Il a permis aux femmes de conduire, mais en parallèle il a fait emprisonner douze militantes au droit de conduire. Il y a une politique double face. Par exemple, quand on dit ouverture de cinémas, de spectacles, de concerts, il n’y a pas de mixité totale chez les spectateurs. C’est une manière de faire diversion », poursuit Claire Rodriguez.

Le royaume reste très observé par l’Onu et les ONG militant pour les droits de l’homme. En février 2020, Amnesty International a par exemple demandé la libération des personnes emprisonnées pour avoir défendu pacifiquement les droits humains en Arabie saoudite.

Le cas d’Asayel Slay alimente le débat sur le double visage qu’affiche le pays. Malgré la suppression du clip, la rappeuse veut revenir avec de nouvelles productions…

Producteur : Jean-François Peralta / France.tv Studio

Année de copyright : 2020

Année de production : 2020

Année de diffusion : 2020

Publié le 05/03/20

Modifié le 16/03/20

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