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Ile déserte et utopies (25 mai)

La Maison Lumni, les cours - Lycée

Peut-on réinventer notre société grâce aux fictions d'îles désertes ? Alexandra, professeure de littérature, et Florian, professeur de philosophie, poursuivent leur cours sur la notion d'île déserte. Après l'étude du récit de fiction au travers de l'exemple de « Robinson Crusoé », ils se demandent comment les fictions d'île déserte peuvent nous aider à comprendre, critiquer et réinventer nos sociétés.

Retrouvez le cours sur les utopies en PDF.

L'état de nature

L'île déserte apparaît comme le modèle de ce que l’on appelle, dans la philosophie politique des XVIIe et XVIIIe siècles,  l'« état de nature », à savoir l’état d’un être humain en dehors de toute société, dépouillé donc de tout ce que la vie en société nous apporte et nous impose, de tout ce qui est acquis et intégré par nous lorsque nous vivons en groupes : c’est l’idée d’un homme qui n’aurait, en termes de désirs, de règles de conduites et de capacités que ce que sa nature originelle lui procure, sans ajout, sans éducation et sans rien qui supposerait l’interaction avec les autres.

Cet état se distingue de l'état civil, c'est-à-dire la situation dans laquelle se trouve l'homme lorsqu'il vit en société, avec tout ce que cette vie change à sa nature.

Les 3 fonctions de l'état de nature

  • Comment sont nées les sociétés humaines ?
  • Qu'est-ce qui fait réellement partie de la nature humaine et lui est essentiel ?
  • Les institutions et les principes sur lesquelles reposent nos sociétés seraient-elles acceptables pour un être humain naturel ? Que peut-on justifier et que doit-on au contraire critiquer ?

Pour Rousseau, l'état de nature est « un état qui n'existe plus, qui n'a peut-être point existé, qui probablement n'existera jamais... »

Peut-on imaginer la construction d'une société idéal sur une île ?

L’île déserte semble bien le lieu idéal de réflexion sur la place de l’individu dans la société. Or, l’île a aussi était le lieu de l’invention de l’utopie. Nous allons maintenant nous pencher sur
l’œuvre de Thomas More, Utopia.

L’œuvre de Thomas More est particulièrement liée à son contexte d’écriture. Le contexte humaniste tout d’abord, qui implique une nouvelle façon de concevoir le monde à la Renaissance : l’homme devient acteur de son bonheur sur terre, seul, et présente ainsi un nouveau modèle de société. De plus, Utopia peut se comprendre comme une relecture ou une réécriture de Platon, comme un équivalent moderne de la cité idéale dans la République. Le contexte personnel de Thomas More est également important pour la genèse d’Utopie, qui doit faire pendant à l’Eloge de la folie d’Erasme, un texte humoristique paru en 1509, en latin. Avec Utopia, il s’agissait pour Thomas More de répondre à son ami Érasme, philosophe, homme de lettres et théologien hollandais, qui lui avait demandé d’écrire un éloge de la sagesse.
Enfin, le contexte politique joue un grand rôle dans la conception d’Utopie, que Thomas More écrit en réponse à la politique désastreuse d’Henri VII et à l’attitude ambiguë d’Henri VIII. Lors de l’écriture d’Utopie, l’Angleterre subit en effet une effroyable pression financière en raison du financement des guerres contre l’Ecosse, mais aussi des dépenses personnelles fastueuses d’Henri VII et d’Henri VIII : l’agriculture et en ruine, au profit de l’élevage des moutons. C’est la famine. La mendicité et le vagabondage se multiplient. La justice est expéditive, absurde et brutale.

Extrait d'Utopia, livre II « Des rapports mutuels entre les citoyens » de Thomas More (1516)

« La trompette indique l’heure des repas ; alors la syphograntie1 entière se rend à l’hôtel pour y dîner ou pour y souper en commun, à l’exception des individus alités chez eux ou à l’hospice. Il est permis d’aller chercher des vivres au marché pour sa consommation particulière, après que les tables publiques ont été complètement pourvues. Mais les Utopiens n’usent jamais de ce droit, sans de graves motifs ; et si chacun est libre de manger chez soi, personne ne trouve plaisir à le faire. Car c’est folie de se donner la peine d’apprêter un mauvais dîner, quand on peut en avoir un bien meilleur à quelques pas. 

« Les esclaves sont chargés des travaux de cuisine les plus sales et les plus pénibles. Les femmes font cuire les aliments, assaisonnent les mets, servent et desservent la table. Elles se remplacent dans cet emploi famille par famille.
« On dresse trois tables, ou plus, suivant le nombre des convives. Les hommes sont assis du côté de la muraille ; les femmes sont placées vis-à-vis, afin que s’il prenait à celles-ci une indisposition subite, ce qui arrive quelquefois aux femmes grosses2, elles puissent sortir sans déranger personne, et se retirer dans l’appartement des nourrices. »

  1.  syphograntie : ici, l’assemblée des citoyens
  2. grosses : c'est-à-dire enceintes, (le terme s’applique ordinairement aux animaux)

Réalisateur : Didier Fraisse

Producteur : france tv studio

Année de copyright : 2020

Année de production : 2020

Année de diffusion : 2020

Publié le 25/05/20

Modifié le 26/05/20

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