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Arts et culture05:52

La grande restauration de Notre-Dame de Paris (1843-1867)

Notre-Dame de Paris à travers les siècles

Comment Notre-dame de Paris a été restaurée ?

Depuis sept siècles, Notre-Dame de Paris a tout connu : destructions, reconstructions, incendie, et même vandalisme en règle pendant la Révolution.
Or, sous la Monarchie de Juillet, on prend conscience de la nécessité de préserver les Monuments historiques. En 1842, une pétition, signée notamment par Victor Hugo, sensibilise l’opinion au destin de la cathédrale médiévale. Témoin privilégié de l’histoire de France, Notre-Dame doit d’urgence être restaurée.

En 1843, la commission des Monuments Historiques organise un grand concours d’architecture. Les lauréats sont Jean-Baptiste Lassus, un architecte connu pour avoir déjà travaillé sur plusieurs édifices parisiens, et Eugène Viollet-le-Duc, un jeune autodidacte, encore peu expérimenté mais qui s’est formé au cours de ses nombreux voyages.
Leur projet de restauration est prudent : il s’agit avant tout de remettre la cathédrale en état.

Dès 1845, le chantier commence. Les parties les plus fragiles de la cathédrale sont renforcées, chaque pierre est réparée, les statues sont restituées, les arcs-boutants remaniés et couronnés de pinacles.
Pour être proches des ouvriers, les deux architectes installent leurs bureaux dans la Tour Sud de Notre-Dame. Très vite, le chantier se transforme laboratoire archéologique. Pour comprendre comment la cathédrale a été construite au Moyen-Âge, Lassus et Viollet-le-Duc doivent en analyser chaque recoin.
Ils découvrent que les murs de pierre renferment des nombreux renforts en métal : les bâtisseurs du Moyen-Âge avaient posé des agrafes de fer pour renforcer la structure. 
Ils s’aperçoivent aussi que certaines grandes verrières ne sont pas d’origine. Dans le transept, les architectes rétablissent les petites fenêtres telles qu’elles avaient été conçues au XIIème siècle.

Le chantier de restauration est une longue aventure qui nécessite aussi de braver l’instabilité politique et les changements de régime.

En février 1848, Paris se soulève à nouveau. Les parisiens édifient des barricades et mettent à bat la Monarchie de Juillet. La Deuxième République est proclamée.

Mais pour peu de temps. Le 2 décembre 1852, le nouveau président de la République s’autoproclame Empereur : il devient Napoléon III.

En imaginant des décors somptueux dans Notre-Dame pour accueillir les cérémonies impériales, Viollet-le-Duc parvient à s’attirer les faveurs du nouvel empereur.

La cathédrale se retrouve bientôt au cœur d’un immense projet de remodélisation de Paris. Napoléon III veut transformer radicalement la capitale. Avec le baron Haussmann, il fait percer de larges avenues et boulevards et de nouveaux axes pour mettre en valeur les monuments.
Le modeste parvis de la cathédrale sera largement agrandi et libéré de toute habitation.

En 1857, Jean-Baptiste Lassus meurt. Viollet-le-Duc reprend seul le chantier. L’ambition est décuplée, l’architecte ne va plus seulement restaurer Notre-Dame mais faire revivre une « cathédrale idéale », qui n’a peut-être jamais existé.

Il restaure les vitraux, il couvre les parois de gargouilles, réaménage les chapelles, fait fondre de nouvelles grilles.
Viollet-le-Duc veut superviser chaque opération : de la conception des objets liturgiques ou des fauteuils du chœur, jusqu’au choix des poignées de portes.

Surtout, il tient à respecter les techniques de construction du Moyen-Âge, dont il connait tout.
Mais des voix s’élèvent contre ses méthodes jugées trop radicales : on lui reproche de détruire des éléments existants de la cathédrale, sous prétexte qu’ils ne seraient pas de l’époque médiévale.

En réalité́, l’architecte va bien plus loin que de faire revivre les techniques d’autrefois : il invente un Moyen-Âge fantastique. A l’instar de ces nouvelles statues dont il peuple Notre-Dame : 54 chimères, merveilleuses, étranges, ou grotesques, dont la plus célèbre d’entre elles : un démon mi-femme mi-oiseau, le Stryge.
Ces créatures influenceront notre propre représentation du Moyen-Âge.

En 1866, l’architecte fait ériger une nouvelle flèche en bois et en plomb. Culminant à 93 mètres de hauteur, elle est bien plus élancée et virtuose que celle du Moyen-Âge.
Tout autour, sont disposées les statues des 12 apôtres. Viollet-le-Duc donne à l’une d’entre elles son visage.

Après vingt ans de travaux, le chantier prend fin en 1867.
Notre-Dame de Paris est désormais classée aux Monuments Historiques du Patrimoine français.

Le 15 avril 2019, 856 ans après la pose de la première pierre, les flammes dévorent la charpente de la cathédrale, le feu fait s’écrouler la flèche de Viollet-le-Duc.

La structure de Notre-Dame a tenu bon mais de nouveau se pose la même question qu’au XIXe siècle : comment restaurer la cathédrale ? 

Réalisateur : Mathilde Hirsch

Producteur : Program33

Année de copyright : 2019

Année de production : 2019

Publié le 16/12/19

Modifié le 12/05/20

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