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Histoire05:22Publié le 07/09/2026

Le Printemps arabe

La grande explication

En février 2011, le président égyptien Hosni Moubarak est contraint de démissionner et de quitter le pays après 18 jours de manifestations massives. Mais l’Égypte n’est pas un cas isolé. Depuis plusieurs semaines déjà, un vent de révolte souffle sur le monde arabe.

Origines du Printemps arabe

  • Dans les années 1950, le monde arabe est porté par l’espoir du panarabisme, incarné par le dirigeant égyptien Gamal Abdel Nasser. Il prône le rassemblement des peuples arabes, du Maroc jusqu’à l’Irak, au sein d’un grand État laïc, moderne et indépendant des anciennes puissances coloniales.
  • Mais en 1967, l’Égypte perd la guerre des Six-Jours face à Israël. Le prestige de Nasser est touché et le rêve du panarabisme s’éloigne peu à peu. Le monde arabe entre alors dans une période d’autoritarisme. Dans de nombreux pays de la région, des régimes soutenus par l’armée confisquent le pouvoir. Face à eux, des mouvements islamistes, comme les Frères musulmans, deviennent la principale force d’opposition. La population se résigne à cet ordre politique verrouillé.
  • Mais en décembre 2010, en Tunisie, un événement va tout bouleverser : Mohamed Bouazizi, un jeune vendeur de fruits ambulant, s'immole par le feu après avoir été publiquement humilié par des policiers, qui lui ont confisqué sa marchandise. Cet acte désespéré provoque une vague de colère contre le régime autoritaire du président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali. Malgré la répression, la contestation populaire ne faiblit pas.
  • Le 14 janvier 2011, la télévision d’État annonce la démission de Ben Ali. Sa chute fait naître l’espoir au-delà des frontières tunisiennes. Un mouvement est né. On le surnomme Le Printemps arabe, en référence au Printemps des peuples qui a secoué l’Europe un siècle et demi plus tôt.
    ► En quelques semaines, des manifestations éclatent dans de nombreux pays du monde arabe. En Égypte, la situation est particulièrement explosive. Depuis 30 ans, Hosni Moubarak gouverne sous un état d’urgence permanent : la police est omniprésente, les élections sont verrouillées et la corruption est partout. La jeunesse, durement frappée par le chômage, aspire au changement. En janvier 2011, des militants égyptiens appellent à manifester contre le pouvoir. Leur message se répercute sur les réseaux sociaux. En seulement quelques heures, Internet accélère la révolution égyptienne.

La révolution égyptienne de 2011

Le 25 janvier 2011, des centaines de milliers de personnes descendent dans les rues des grandes villes égyptiennes. Ils seront bientôt plusieurs millions. Au Caire, la capitale, la place Tahrir devient le cœur battant du mouvement. Des jeunes, des familles, des religieux ou des laïcs, se rassemblent au cri de slogans tels que « Pain, liberté, et justice sociale ». Le régime répond en coupant les télécommunications. La police est envoyée pour disperser la foule à coup de gaz lacrymogène. Des centaines de personnes sont arrêtées. L’armée est déployée. Mais la répression renforce la détermination. Sur la place Tahrir, les manifestants s’organisent : ils installent des tentes, des cliniques improvisées et instaurent des tours de garde pour se protéger des attaques. Durant 18 jours, la contestation ne faiblit pas. La pression internationale s’amplifie, Moubarak est peu à peu lâché par ses soutiens. Et le 11 février 2011, le président égyptien finit par démissionner et quitter le pays. La foule exulte. L’un des régimes autoritaires les plus solides du monde arabe s’effondre.

Quels changements après les révolutions du Printemps arabe ?

Un an et demi après la chute de Moubarak en Égypte, Mohamed Morsi, le candidat des Frères musulmans, est élu président de la République. Mais une partie de la population considère qu’avec cette victoire, les islamistes ont confisqué la révolution égyptienne. Dès juillet 2013, Morsi est massivement rejeté par la rue, puis renversé par le général Al-Sissi lors d’un coup d’État militaire. Dans les pays voisins, les trajectoires divergent :

  • En Tunisie, une transition démocratique fragile s’engage.
  • En Syrie, au Yémen et en Libye, les révolutions dégénèrent en guerres civiles. Des groupes djihadistes comme Daech en profitent pour s’implanter dans la région. Ces conflits poussent des millions de personnes à fuir leur pays, et alimentent une crise migratoire massive vers l’Europe.

► 15 ans après le Printemps arabe, le bilan est sombre : si des régimes autoritaires sont tombés, les espoirs de démocratie ont le plus souvent laissé place à l'instabilité politique.

👉 Découvre tous les épisodes de La grande explication.

Réalisateur : Jean-Christophe Nabères

Auteur : Flore-Anne d’Arcimoles et Jean-Christophe Nabères

Producteur : INA avec la participation de France Télévisions et TV5Monde

Année de copyright : 2026

Année de production : 2026

Année de diffusion : 2026

Publié le 07/09/26

Modifié le 07/09/26

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