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Mai 1936 : de la victoire du Front populaire aux grèves « joyeuses »
1936, le Front populaire, entre joie et colèresLa victoire du Front populaire a engendré des grèves inédites. Mais derrière cette joie, que se cache-t-il ?
Une victoire éclatante du Front populaire
Le désistement prévu par le pacte du Front populaire va fonctionner mieux que prévu, puisqu’au soir du 3 mai 1936, la gauche remporte 386 sièges contre 224 à droite. La victoire est éclatante. Ce qui donne à cette victoire un caractère historique, outre la progression communiste, c’est que pour la première fois, les radicaux reculent et les socialistes virent en tête avec 149 députés. C’est donc le socialiste Léon Blum, président du premier groupe parlementaire de la nouvelle Assemblée qui va diriger le gouvernement. Mais dans une révolution, rien ne se passe jamais comme prévu. Alors que le nouveau gouvernement n’entrera en fonction qu’un mois plus tard, les ouvriers vont faire irruption sur le devant de la scène en se mettant massivement en grève.
Pourquoi les ouvriers se sont-ils mis en grève ?
Tout est parti d’une provocation de quelques patrons qui, dans un réflexe autoritaire et de défiance envers le Front populaire, ont mis le feu aux poudres en licenciant les ouvriers grévistes qui avaient manifesté le 1er mai 1936, non férié à l’époque. Au départ, ce sont des grèves de solidarité pour réintégrer les ouvriers licenciés. Cette répression arbitraire ne passe pas du tout dans les ateliers, au moment où les ouvriers ont le sentiment d’avoir remporté une grande victoire électorale. Alors que la grève était partie de quelques usines aéronautiques, c’est l’ensemble de la métallurgie puis des milliers d’entreprises qui se joignent au mouvement. Cette grève considérable qui n’a pas été décrétée par les syndicats, tétanise le patronat. Ce qui va stupéfier tous les acteurs politiques et patronaux, c’est que non seulement les ouvriers vont se mettre en grève, mais pour la première fois, ils choisissent d’occuper les usines. Les ouvriers s’organisent, reçoivent de la nourriture, ils font des gros repas, font des concerts. Au-delà de la sensation de liberté que ressentent des milliers d’ouvriers pendant ces semaines, c’est une véritable colère qui explique en réalité la propagation du mouvement, à tous les secteurs de l’économie, comme son durcissement au fil des jours. Malgré la joie, c’était bien une lutte.
👀Regarde les autres extraits du documentaire 1936, le Front populaire, entre joie et colères.
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Réalisateur : Fabien Béziat, Hugues Nancy
Auteur : Fabien Béziat, Hugues Nancy
Producteur : Hauteville Productions
Année de copyright : 2024
Publié le 27/05/26
Modifié le 27/05/26
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