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Histoire04:13Publié le 22/06/2026

Marc Bloch est torturé et fusillé par la Gestapo, le 16 juin 1944

Marc Bloch, au nom de la France

Sous la torture, le nom de code de Marc Bloch est lâché. Malgré une victoire proche, Marc Bloch ne rentrera jamais chez lui...

Des témoignages en masse du calvaire subi par les résistants

Lombard, atrocement torturé finit par donner l’adresse de Narbonne, celle de Marc Bloch à qui il le confessera directement lorsqu’ils seront réunis dans les sinistres couloirs du fort de Montluc, là où sont envoyés les prisonniers une fois les interrogatoires terminés. Par les témoignages de ses compagnons, nous savons que Marc Bloch a été également affreusement torturé à plusieurs reprises en mars 1944, au point de passer ensuite plusieurs semaines à l’infirmerie avant d’être à nouveau interrogé en mai.

Une stratégie pour en révéler le moins possible sous la torture

Et c’est par un autre document surgi des archives longtemps après la guerre que nous savons que lui aussi a parlé, tout en essayant de donner le moins d’informations possible. Grâce à cette copie du compte rendu de l’interrogatoire de Marc Bloch, nous mesurons comment, confronté à la torture, de très nombreux résistants ont tenté de mettre en place des stratégies de survie et d’évitement. Marc Bloch avoue dans un premier temps sa véritable identité et reconnaît toutes ses activités. Puis il donne des informations sur l’organisation de la résistance à Lyon et au niveau national avec toujours des noms de code et des descriptions pour évoquer ses camarades. Et quand il donne les véritables noms des responsables, ils sont déjà exfiltrés à Alger ou à Londres, comme François de Menthon, Henri Frenay ou Emmanuel d’Astier de le Vigerie. Mais ce que nous savons surtout, à la lecture de ce document, c’est que Bloch est finalement parvenu à protéger les deux principaux responsables qu’il connaissait. Il ne donne ni la véritable identité de Gilles, l’un des 3 responsables nationaux de la Résistance, le fondateur de Franc-Tireur, Jean-Pierre Lévy, qu’il connaît bien, ni celle de François, alias Alban Vistel, le 3e responsable de la Résistance dans la région lyonnaise.

Marc Bloch et ses camarades payent le prix fort de la victoire

Eprouvé par ces terribles semaines, Marc Bloch signe le 23 mai 1944, son compte rendu d’audition, puis est reconduit dans la cellule 75, au 2e étage de la prison de Montluc.

Le 6 juin 1944, les alliés américains, britanniques et français débarquent en Normandie. La bataille pour la libération de la France vient de débuter. Dans la prison de Montluc, la nouvelle passe de cellule en cellule par des messages codés, frappés sur les portes. La victoire est proche. Tous les espoirs sont permis. Mais dans la ville, la tension est à son comble. Comme le prévoyaient les plans du Débarquement, la résistance française est chargée de harceler comme elle le peut les troupes d’occupation. Alors dans tout le pays, la répression s’abat violemment contre la Résistance. Et par mesure de rétorsion, les nazis vont chaque jour faire un peu plus le vide dans les prisons. Ils seront ainsi plusieurs dizaines de résistants à être tués en quelques jours. C’est le sort qui est réservé à Marc Bloch et à ses camarades, qui le 16 juin 1944, dans la soirée, ont embarqués dans un camion puis exécutés dans un champ, à plusieurs kilomètres, au nord de Lyon.

 

👉 Découvre les autres extraits du documentaire Marc Bloch, au nom de la France.

Réalisateur : Hugues Nancy

Producteur : Nova Production

Année de copyright : 2026

Publié le 22/06/26

Modifié le 22/06/26