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Marc Bloch entre en résistance à Lyon en 1943
Marc Bloch, au nom de la FranceComment Marc Bloch, professeur d'université à Montpellier est-il entré en Résistance durant l'occupation allemande ? C'est ce que tu vas découvrir dans cet extrait du documentaire Marc Bloch, au nom de la France.
Marc Bloch, réfléchit à l'après-occupation
Cela fait plusieurs mois que Marc Bloch est en contact à Montpellier avec des membres du mouvement Combat, l'organisation résistante la plus puissante de la zone sud, dirigée par Henri Frenay et François de Menthon. Bloch a immédiatement accepté la proposition de son jeune collègue de l'université, Pierre-Henri Teitgen, membre fondateur de Combat, de participer à un cercle de discussion clandestin, destiné à réfléchir aux réformes à mettre en œuvre une fois le pays libéré. L'historien contribuera ainsi à la rédaction de plusieurs notes de ce Cercle de Montpellier au cours de l'année 1942.
La Résistance : une affaire de famille chez les Bloch
Au même moment, ses deux fils aînés, Étienne et Louis, ont rejoint les groupes francs de Combat, chargés des actions de propagande et de sabotage dans la ville. Sa fille aînée, Alice, s'engage quant à elle auprès de l'OSE, Œuvre de Secours aux Enfants, pour protéger les enfants juifs de la région de Limoges. Même s'il est inquiet pour ses enfants, le père de famille est satisfait, à 56 ans, d'apporter, lui aussi, sa modeste pierre à l'édifice.
L'extension de l'occupation allemande accélère l'engagement des Bloch
Mais quand, en novembre 1942, l'armée allemande franchit la ligne de démarcation pour occuper l'ensemble du pays, en réponse au débarquement allié en Afrique du Nord, le destin de la famille Bloch bascule. Pour Marc Bloch, il est essentiel d'exfiltrer en priorité ses fils aînés Étienne et Louis, qui veulent poursuivre le combat. En décembre, on trouve une filière pour l'Espagne via Perpignan. Arrêtés par la police du général Franco et internés pendant plusieurs mois, les deux hommes ne renoncent pas. Étienne parviendra finalement à rejoindre Casablanca, avant de s'engager dans la division blindée du général Leclerc. Louis, de son côté, rejoindra Alger puis Londres. Il sera recruté par les services de renseignement de la France libre du général de Gaulle (le BCRA), avant d'être parachuté en France pour participer à des opérations de sabotage. Quant à son troisième fils, Daniel, il choisit, à 17 ans, de rejoindre le maquis en Corrèze, puis dans le Cantal, où il participera à plusieurs combats de la Libération, avant de s'engager dans la 1re armée du général de Lattre de Tassigny.
Marc Bloch veut en faire plus pour la Résistance
Marc et Simone Bloch, eux, trouvent refuge dans leur maison du Bourg-d'Hem, dans la Creuse, avec leurs deux plus jeunes enfants, Suzette et Jean-Paul, qui ont alors 12 et 13 ans. Mais très vite, cette vie à la campagne, tandis qu'au dehors se joue l'avenir du monde libre, ne satisfait pas le patriote, plus que jamais résolu à prendre sa part du combat. C'est ce qu'il écrit dans l'une de ses dernières lettres à Lucien Febvre, en mars 1943.
Pour les enfants, je suis heureux d'être ici.
Les conditions d'alimentation et de santé sont infiniment meilleures. Mais personnellement, je souffre de plus en plus, je l'avoue, de me sentir inutile à bien des égards.
La fuite à Lyon et la vie clandestine
Quand le gouvernement de Vichy le révoque de son poste d'enseignant, le 15 mars 1943, Marc Bloch décide de basculer définitivement dans la clandestinité et de rejoindre Lyon : le centre névralgique de toute la Résistance en zone sud. C'est dans les vieilles ruelles et traboules de la capitale des Gaules, que Bloch va vivre pendant plusieurs mois cette vie difficile de « chien des rues », comme le racontent ceux qui ont connu la clandestinité sous l'Occupation allemande. Les rendez-vous secrets, la course pour rattraper le tramway qui mène sur les pentes de la Croix-Rousse et permet de rejoindre un appartement sommaire, humide et froid.
Les mouvements de la Résistance s'unifient et s'organisent
Marc Bloch a choisi le mouvement Franc-Tireur, républicain et démocrate. Franc-Tireur est la plus petite des trois organisations actives en zone sud, qui viennent de s'unifier à la demande de Jean Moulin, envoyé du général de Gaulle. Moulin est, en effet, parvenu à convaincre Jean-Pierre Lévy, qui dirige Franc-Tireur, Henri Frenay de Combat et Emmanuel d'Astier de la Vigerie de Libération-Sud, de fonder ensemble les Mouvements unis de la Résistance (les MUR), puis de rejoindre le CNR (Conseil national de la Résistance). À tous les échelons de ces mouvements de Résistance unifiés, la direction est confiée à un trio composé d'un représentant par organisation.
👉 Découvre les autres extraits du documentaire Marc Bloch, au nom de la France.
Réalisateur : Hugues Nancy
Producteur : Nova Production
Année de copyright : 2026
Publié le 22/06/26
Modifié le 22/06/26

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