Les jeux vidéo rendent-ils violents ?

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Publié le 06/06/19Modifié le 13/11/19

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Les jeux vidéo au centre des débats après les attentats de Christchurch

Le 15 mars 2019, un Australien de 28 ans, Brenton Tarrant, commettait 2 attentats contre des mosquées de Christchurch en Nouvelle Zélande. Bilan : 50 morts et 50 blessés. Juste avant de passer à l’acte, l’homme publiait en ligne un manifeste de 74 pages où il tentait de justifier son geste. Il y expliquait - avec une ironie macabre - que c’est Fortnite, un jeux vidéo populaire au design plutôt enfantin, qui lui "a appris à devenir un tueur"... 

Les jeux vidéo rendent-ils violents pour autant ?

Depuis leur création dans les années 70, les jeux vidéo ont connu une véritable révolution technologique liée à l’augmentation de la puissance des consoles et des ordinateurs.
Graphismes hyper réalistes, mise en scène soignée, utilisation de la réalité virtuelle pour renforcer le sentiment d’immersion… ce saut technologique a été accompagné d’une évolution de l’offre. Il existe désormais non seulement des simulations de sport, des jeux de plateforme, des jeux d’aventure, mais aussi des jeux plus violents. Comme la série des GTA qui propose une immersion dans le monde des hors-la-loi, le jeu Mortal Kombat et son avalanche d’hémoglobine, ou encore les jeux FPS, en vision subjective, comme Doom, où le joueur doit se battre contre des hordes de démons, sans oublier Call Of Duty où le gamer est dans la peau d’un soldat qui doit éliminer des terroristes et dont le  réalisme est criant. 

Beaucoup de sang et de violence dans certains jeux… mais est-ce suffisant pour rendre les joueurs violents ?

De nombreux chercheurs se sont penchés sur la question. Et leurs avis sont contrastés.

Selon une étude de la revue scientifique Molecular Psychiatry qui a analysé 200 personnes pendant 2 mois, la violence des jeux vidéo n’a aucun impact négatif sur les joueurs. 
Des résultats que ne partagent pas deux chercheurs de l’université d’Oxford. Selon eux,  les jeux vidéo peuvent augmenter l’agressivité des joueurs durant les 20 minutes qui suivent la partie. En cause : la complexité du jeu plus que son niveau de violence, mais aussi l’augmentation de l’adrénaline qui va avec. 

Deux études, deux résultats. Pourquoi ? Pour avoir une vision plus claire de l’impact des jeux vidéo sur la personnalité des joueurs, il faudrait suivre un large groupe de personnes sur 20 ans. Ce qui n’a encore jamais été fait.

Ce que l’on peut néanmoins dire, c’est que c’est moins la violence des jeux vidéo que l’excès de jeu qui serait dangereux. Une pratique excessive du jeu vidéo qui peut mener à l'addiction a été reconnue comme une pathologie par l'OMS en mai 2019. Ce "trouble du jeu vidéo" est caractérisé par une pratique à haute dose, incontrôlée, et s'accompagne d'un repli sur soi et d'une désocialisation.

Et pourtant, bien utilisés, les jeux vidéo peuvent  avoir un effet positif sur la santé : 
Le jeu Sea Hero Quest a ainsi été développé pour diagnostiquer précocement Alzheimer.

Certains chercheurs avancent même la thèse que les jeux vidéo pourraient permettre aux joueurs de mieux gérer leurs émotions. Une étude de 2014 publiée dans la revue  Pediatrics a montré, sur 5000 enfants testés, que ceux qui jouaient un peu moins d’une heure par jour étaient plus sociables et avaient moins de problèmes émotionnels que ceux qui ne jouaient pas du tout ! 
Le revers de cette étude c’est que ceux qui jouaient plus de 3 heures par jour voyaient leur capacité à se faire des amis, décliner.
Alors, remède ou poison les jeux vidéo ? En fait, comme pour beaucoup de choses, tout est une question de dosage !

Réalisateur : Maxime Chappet

Nom de l'auteur : Arnaud Aubry

Producteur : France Télévisions

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