Vidéo : Simone Veil, un combat pour les femmes

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INA
France Télévisions
TV5MONDE
Histoire05:11Publié le 06/09/2021

Simone Veil, un combat pour les femmes

La grande explication

Le 26 novembre 1974, Simone Veil se présente à la tribune de l’Assemblée nationale. La ministre de la Santé s’apprête à défendre l’un des projets de loi les plus controversés de la Ve République : la légalisation de l’avortement

L’interruption volontaire de grossesse illégale et passible de prison

En 1967, la loi Neuwirth autorise la contraception en France. Symbole de libération des femmes, la pilule permet de maîtriser enfin sa fécondité. Mais la loi tarde à être appliquée et la pilule demeure difficile d’accès, notamment pour les mineures. L’interruption volontaire de grossesse est quant à elle toujours illégale et passible de prison. Alors, chaque année, de nombreuses femmes bravent l’interdit et se tournent vers l’avortement clandestin, parfois au péril de leur vie...

MLF : mouvement de libération des femmes

En 1970, bien décidées à faire évoluer les mentalités et à disposer de leurs corps, les françaises descendent dans la rue et se rassemblent au sein du Mouvement de Libération des femmes. Au coeur de leurs revendications : la libéralisation de la pilule et l’avortement, libre et gratuit. “Un enfant si je veux, quand je veux !”. La révolution sexuelle est en marche.

Le manifeste des 343 et le procès de Bobigny

Mais l’opinion reste très divisée. Le 5 avril 1971, le Nouvel Observateur jette un pavé dans la mare avec le Manifeste des 343, dans lequel des Françaises, célèbres et anonymes, défient les pouvoirs publics et déclarent s’être fait avorter. Un an plus tard, le débat prend de l’ampleur lorsqu’à Bobigny, une jeune femme de 16 ans est jugée pour avoir avorté à la suite d’un viol. Défendue par l’avocate Gisèle Halimi, le procès connaît un immense retentissement médiatique et la jeune femme est relaxée. Il faudra encore attendre deux ans pour que Simone Veil, encore inconnue des Français, ne fasse entrer le débat à l’Assemblée. 

La guerre et Auschwitz

Née en 1927 à Nice, Simone Jacob grandit dans une famille juive bourgeoise. Mais l’insouciance est de courte durée. La seconde guerre mondiale éclate et dans toute la France, les juifs sont bientôt traqués et persécutés. Au printemps 1944, la vie de Simone bascule : comme toute sa famille, elle est arrêtée et déportée. À 16 ans, elle découvre l’horreur d’Auschwitz.

Un besoin de justice

Miraculeusement, elle échappe à la mort. Désormais c’est en femme libre que Simone Veil mènera sa vie, avec un besoin irrépressible de justice ! Moins de six mois après son retour des camps, elle s’inscrit à la faculté de droit de Paris et à Sciences Po. Elle y rencontre Antoine, son mari et devient Simone Veil. Il préférerait qu’elle reste à la maison, mais elle devient magistrate.

Ministre de la Santé de Valéry Giscard d’Estaing

En 1974 Simone Veil est nommée ministre de la Santé. Avec courage et conviction, elle s’empare de la lourde tâche qui lui est assignée par le président de la République Valéry Giscard d’Estaing : légaliser l’avortement.

La loi Veil dépénalise l’avortement

Dans l’hémicycle, le ton monte rapidement mais avec dignité, Simone Veil écoute ses adversaires et leur raccourcis injurieux. On l’accuse notamment de vouloir “jeter des embryons au four crématoire ». Sans jamais hausser la voix, Simone Veil domine le débat. Dans la nuit du 29 novembre 1974, les députés adoptent la loi qui portera son nom. Simone Veil a réussi. 

 

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Réalisateur : Flore-Anne d'Arcimoles

Nom de l'auteur : Flore-Anne d'Arcimoles, Olivier Carpentier

Producteur : INA avec la participation de France Télévisions et TV5Monde

Année de copyright : 2021

Année de production : 2021

Publié le 06/09/21

Modifié le 15/09/21

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