Vidéo : Constantinople, d'un empire à l'autre, partie 2

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Histoire11:34Publié le 27/10/2022

Constantinople, d'un empire à l'autre, partie 2

Points de repères

En 1453, l’Empire ottoman mené par le sultan Mehmet II attaque la cité de Constantinople. C’est le début d’une grande bataille, où les défenseurs en infériorité numérique vont tenir pendant plusieurs semaines. La ville finira par être vaincue, mais continuera d’exister après la disparition de l’Empire byzantin. Jusqu’à devenir, 800 ans plus tard, la ville d’Istanbul.

La grande bataille de Constantinople

L’invention du canon a révolutionné les batailles du Moyen-Age. Face à des défenses dont la hauteur représentait l’efficacité, un assaillant pouvait tenter de l’attaquer avec des échelles ou des tours. Il pouvait aussi s’en prendre à ses points faibles, comme les portes, ou la faire s’effondrer en creusant des tunnels sous les fortifications. On parle alors de travail de sape. Enfin, il pouvait mener un bombardement sur la durée, ou assiéger ses adversaires jusqu’à les affamer, et à les forcer à se rendre. Le canon, bien plus puissant qu’un trébuchet, va donc tout bouleverser, au point de forcer les défenses à s’adapter, avec par exemple des murs obliques et non plus droits, pour dévier les tirs. Lors de la bataille de Constantinople, les défenses sont très anciennes et usées. Mais étonnamment, les byzantins parviennent à résister à tous les assauts des gigantesques canons des Ottomans, qui ne parviennent pas à pénétrer dans la cité.

Pour éviter d’être pris à revers, les byzantins ont fait dresser une longue chaine dans l’estuaire de la Corne d’or, qui protège la ville par le nord. Mais fin avril 1453, une flotte ottomane le contourne en passant par la terre ferme. Cela ouvre un nouveau front qui divise les forces de Constantinople. Mais l’Empire byzantin continue de tenir, colmatant toutes les brèches sur les remparts et détruisant toutes les tentatives de sape. Une possible victoire semble se dessiner, surtout lorsque Venise accepte enfin d’envoyer une flotte de secours de 2 000 hommes. Mehmet II, lui, est dans une position de plus en plus difficile au sein même de son empire. Sachant sa défaite assurée si la flotte vénitienne arrive, il décide de lancer un ultime assaut d’envergure, le mardi 29 mai 1453.

La chute de Constantinople

Ce jour-là, les forces ottomanes s’écrasent par vagues sur les fortifications, mais butent tous sur la défense de Constantinople. 300 hommes parviennent à s’engouffrer dans la cité lorsqu’un boulet de canon détruit une palissade, avant d’être eux-aussi repoussés par l’empereur Constantin XI et sa garde. Mais ces attaques menées simultanément sur l’ensemble du front ne servent qu’à affaiblir les défenses avant l’attaque des 12 000 janissaires, les soldats d’élite de Mehmet II.

Alors que ces derniers se joignent à la bataille, le commandant Giovanni Giustiniani Longo est soudainement touché par balle. Malgré les supplications de l’empereur, il est évacué du front, grièvement blessé. Dans la confusion, une porte est restée ouverte, permettant à leurs ennemis d’entrer. Sans leur commandant charismatique qui les galvanisait, les soldats byzantins sombrent progressivement. Les janissaires progressent jusqu’à atteindre la deuxième muraille que tente de défendre Constantin XI, mais il est trop tard. Constantinople est tombée, et l’Empire byzantin n’est plus. Peut-être que si Giustiniani n’avait pas été évacué, l’issue du combat aurait été totalement différente, jusqu’à entraîner la chute de Mehmet II, voire de l’Empire ottoman tout entier. Les chrétiens n’avaient en effet plus que trois jours à tenir avant l’arrivée de la flotte vénitienne.

La fin de l’Empire byzantin

Après leur victoire, les soldats ottomans pillent la ville, massacrent les blessés et les personnes âgées, et réduisent 50 000 personnes en esclavage. Quant à Constantin XI, si certaines rumeurs avancent qu’il est mort au combat, personne ne sait ce qu’il est réellement advenu de lui. Mehmet II ordonne l’arrêt des pillages le lendemain et entre dans sa nouvelle capitale. Très vite, le monde chrétien apprend avec stupéfaction la nouvelle de la chute de Constantinople, une cité millénaire qui semblait éternelle.

Cependant, si l’empire byzantin est bel et bien mort, ce n’est pas le cas de la ville, qui vient d’être conquise par un jeune empire qui va lui donner un nouveau visage. Les antiques constructions sont conservées, comme la basilique Sainte-Sophie, convertie en mosquée, aux côtés des nouveaux édifices. Tandis que la chrétienté orthodoxe va prendre la direction du nord et de la future Russie, avec Moscou comme capitale, l’Empire ottoman va lui perdurer pendant des siècles. Mais comme son prédécesseur, il finira aussi par disparaître, après la Première Guerre mondiale, et sera remplacé par la Turquie. C’est ce nouveau pays qui va donner à Constantinople le nom d'Istanbul.

Réalisateur : Pierre Lergenmüller

Nom de l'auteur : Pierre Lergenmüller

Producteur : MAD Films, Triarii Prod, Les Films de la Butte, Arte GEIE

Année de copyright : 2017

Année de production : 2017

Publié le 27/10/22

Modifié le 27/10/22

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