Vidéo : La religion

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France Télévisions
Philo03:08Publié le 10/05/2023

Romain arrive avec un nouveau skateboard. Sur la planche, il est inscrit « Dieu est mort ». Fama trouve cette provocation ridicule. « Tu ne sais même pas ce que ça veut dire », lui lance-t-elle. « Si, je sais que c’est une phrase de Nietzsche qui critique la religion ». Romain n’a pas tort. Mais pour bien comprendre ce qu’un philosophe peut avoir à dire sur Dieu, il faut d’abord se demander : qu’est-ce que la philosophie peut nous dire de la religion ?

Définition philosophique de la religion

La religion recouvre plusieurs dimensions, elle est à la fois :

  • un système de croyance (la foi en un ou plusieurs dieux)
  • une morale (le bien et le mal)
  • une pratique culturelle (les rites, les cultes) qui forme une communauté

Une étymologie possible est le latin religare qui signifie « relier ».

Henri Bergson (1859-1941) montre que la religion correspond à deux « tendances » chez l’homme : elle constitue une réponse culturelle et collective au risque de désordre social. Elle est ainsi un lien horizontal car elle relie les hommes entre eux par des pratiques et des règles. Mais elle est aussi un lien vertical reliant l’individu au divin. Un « élan créateur » qui transporte l’homme au-delà de son existence terrestre et le met en rapport avec le transcendant. C’est la « religion dynamique ». Cette expérience désigne la foi : l’action de croire ce qui dépasse la raison.

Si la religion est une croyance irrationnelle, peut-on croire en n’importe quoi ?

Blaise Pascal (1623-1662) affirme que la raison et « le cœur », par lequel on croit, sont deux « ordres distincts » qui ne sont pas contradictoires, et qui peuvent cohabiter en nous. La foi n’est donc pas forcément contraire à la raison. Pascal est un philosophe, scientifique et croyant ! Il écrit au XVIIe siècle, dans une Europe entièrement dominée par la chrétienté. Mais la philosophie ne pense pas seulement la religion sous le prisme chrétien ! Dans son histoire, même ancienne, il existe des penseurs musulmans (Averroès), taoïstes (Zhuangzi), juifs (Maïmonide) ou encore bouddhistes (Nāgārjuna).

La religion chez Nietzsche

« Ok, Dieu est mort sur ton skateboard, mais de quel Dieu parle-t-on au juste ? » poursuit Fama, toujours sceptique. Pour être bien comprise, la célèbre exclamation de Friedrich Nietzsche (1844-1900) doit être resituée dans son contexte historique. A l’époque où le philosophe allemand fait ce constat, la pratique du christianisme décline à vue d’œil. Comme il est athée et critique de l’emprise de la morale chrétienne, il s’en réjouit. Mais il met aussi en garde ses lecteurs : même quand les religions sont affaiblies, l’homme continue d’être animé par « la volonté de croyance », c’est-à-dire par le besoin, selon lui, de « se donner des idoles ». Ces survivances de religion hors de la religion (aujourd’hui on pense aux sectes, par exemple), Nietzsche les appelle « ombres de Dieu », et pense que la philosophie doit les combattre comme des illusions.

💡 Philosopher, c’est peut-être prendre les religions comme sujets de réflexion ?

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Réalisateur : Olivier Marquézy

Nom de l'auteur : Léa Veinstein

Producteur : La Générale de Production

Année de copyright : 2023

Année de production : 2023

Année de diffusion : 2023

Publié le 10/05/23

Modifié le 05/06/23

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