Israël-Palestine : aux sources du conflit

Géopoliticus
Publié le 23/01/19Modifié le 26/11/19

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Au fil des siècles, de nombreux peuples ont cherché à s’approprier le Proche-Orient israélo-palestinien, une zone grande comme la Bretagne. La terre y est fertile et permet une agriculture variée depuis des décennies. Mais ce qui fait de ce territoire un espace convoité, c’est d’abord le fait que c’est ici que se sont déroulés la plupart des événements contés dans les textes sacrés chrétiens, musulmans et juifs.

Cette terre a souvent été le théâtre de violents affrontements. Mais comment en est-on arrivé là ?

Pour le comprendre, il faut revenir plus d’un siècle en arrière. Les violentes persécutions dont ont été victimes les Juifs dans certains pays d’Europe aux XIXe et XXe siècles, poussent les Européens de confession juive à s’installer massivement dans la province ottomane de Syrie-Palestine.

Dès 1917, le gouvernement anglais signe la Déclaration Balfour, un texte à travers lequel il s’engage en faveur du sionisme, un mouvement international qui vise à donner à la communauté juive un territoire national propre en Palestine.

Après, la Première Guerre mondiale, la Grande-Bretagne prend le contrôle du territoire, qui devient la Palestine mandataire, statut qui sera conservé jusqu’en 1947.

C’est à cette date que l’ONU propose un plan de partage du mandat en deux États : un juif (55 % du territoire) et un arabe palestinien (45 % du territoire), avec la ville de Jérusalem sous contrôle international.

Le plan est adopté malgré l’opposition des Palestiniens et de tous les pays arabes, et en mai 1948 naît l’Etat hébreu. Ses voisins lui déclarent aussitôt la guerre. Le conflit permet à Israël de gagner du territoire (78 % de la Palestine mandataire) et force 700 000 Palestiniens à l’exil. Cet événement traumatique restera dans leur mémoire sous le nom de Nakba, « la catastrophe ».

En 1967, une guerre éclair — la guerre des Six-Jours — permet à Israël de conquérir Jérusalem-Est, la Cisjordanie, Gaza, le reste de la Palestine mandataire, ainsi que le Sinaï égyptien et le Golan syrien. L’Égypte signe en 1979 une paix séparée avec Israël et récupère le Sinaï. En 1987, les Palestiniens se révoltent contre l’occupation israélienne : c’est l’Intifada.

En 1993 sont signés les accords d’Oslo entre Yasser Arafat, le leader palestinien qui accepte de reconnaître Israël, et Yitzhak Rabin, le premier ministre israélien. Mais le Hamas refuse cette reconnaissance et multiplie les attentats. Après l’assassinat de Rabin par un extrémiste israélien en 1995, le processus d’Oslo se délite.

A partir de 2001, le cycle attentats-répression reprend. L’armée israélienne répond souvent de manière radicale. Gaza, dont elle s’est retirée et qui est contrôlée par le Hamas, est soumise à un blocus, tandis que la Cisjordanie et Jérusalem-Est sont toujours occupées.

Au fil du temps, des guerres et des cessez-le-feu avec ses voisins, Israël a redessiné les frontières de la région et accentué son contrôle sur ce qu’on appelle les territoires palestiniens occupés. Cela signifie que la Cisjordanie et Gaza sont des zones habitées par des Palestiniens, mais de nombreuses colonies de peuplement israéliennes y ont été construites. Ces colonies ont été réprouvées par la communauté internationale.

Depuis des décennies, l’ONU et plusieurs pays du monde ont tenté en vain de négocier un accord de paix qui n’a jamais paru aussi éloigné.

 

Pour aller plus loin

Réalisateur : Maxime Chappet

Nom de l'auteur : Mélissa Barra

Producteur : France Télévisions

Année de copyright : 2018

Année de production : 2018

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