Vidéo : La Nouvelle-Calédonie va-t-elle rester française ?

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La Nouvelle-Calédonie va-t-elle rester française ?

Decod'actu

Le 4 octobre 2020, les Calédoniens vont voter pour savoir s'ils veulent être indépendants ou rester Français. Tout le monde parle de référendum, mais il s’agit en fait d’une consultation. Les partisans du « oui » sont les indépendantistes. Ce sont en majorité les Kanaks, le peuple autochtone. Les défenseurs du « non » sont les loyalistes. Il s’agit plutôt des descendants des Européens arrivés au XIXe siècle, les Caldoches, ou d’autres populations arrivées après.

L’Etat français se dit neutre, mais la Calédonie a un intérêt stratégique : sa position dans le Pacifique, et un sol riche en minerais.

Faisons un petit saut dans l’histoire pour comprendre les raisons de ce référendum.

Pourquoi les calédoniens votent-ils ? 

La France a pris possession de l’archipel en 1853, privant les Kanaks d’une partie de leur liberté et de leurs terres.

Après la Seconde guerre mondiale, les Kanaks deviennent des citoyens à part entière. Mais des inégalités persistent. Des revendications indépendantistes naissent à la fin des années 60. A partir de 1984, le bras-de-fer tourne à l’insurrection. La Calédonie est secouée par « les Evénements », des affrontements qui causent des dizaines de morts. La violence culmine en 1988 avec le drame d’Ouvéa.

Après le choc, une solution de paix émerge. Les ennemis d’hier signent les accords de Matignon. Ils prévoient un référendum d’autodétermination dix ans plus tard. Finalement, il est repoussé à 2018 après l’accord de Nouméa.

Une citoyenneté calédonienne est alors créée : elle se superpose à la nationalité française et la citoyenneté européenne. Un cas unique dans la République française.

Qui peut voter au référendum ?

Seuls les citoyens calédoniens inscrits sur une liste électorale spéciale le peuvent. Pourquoi une telle restriction ? C’est un point délicat de l'accord de Nouméa. La Calédonie a connu plusieurs vagues d’immigration. A tel point que les Kanaks sont devenus minoritaires. Si tout le monde votait, le « non » l’emporterait largement. Alors les indépendantistes ont demandé à limiter le nombre d’électeurs. Les loyalistes ont dénoncé cette discrimination.

En 2007, les députés et les sénateurs français ont tranché en faveur du gel du corps électoral.

Que se passera-t-il après le vote ?

Le processus de décolonisation de la Calédonie est unique. Pour que le résultat soit incontestable, l'accord de Nouméa prévoit trois référendums si le « non » à l’indépendance l’emporte. Le premier a eu lieu en 2018. Le « non » a eu 56,7 % des voix.

Et en 2020, si le « non » gagne encore, il faudra un dernier vote.

Si le « oui » gagne, la Calédonie devient indépendante. Mais pas dès le 5 octobre. Les Calédoniens et l’Etat français devront négocier la suite. La Nouvelle-Calédonie pourrait alors changer de nom, aurait son drapeau, un siège à l’ONU, et les habitants, obtiendraient un passeport calédonien.

L’avenir de la Nouvelle-Calédonie est en train de s’écrire. 

Réalisateur : Maxime Chappet

Nom de l'auteur : Fabien Dubedout

Producteur : France Télévisions

Année de copyright : 2020

Année de production : 2020

Année de diffusion : 2020

Publié le 29/09/20

Modifié le 06/10/20

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