Les conséquences du Brexit

Decod'actu
Publié le 30/09/16Modifié le 13/11/19

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Le 23 juin dernier, le Royaume-Uni votait la sortie de l’UE. Une situation tellement inédite que personne ne sait vraiment ce qu’elle va donner. Et l’été n’a suffi à dissiper le brouillard qui flotte sur le Royaume-Uni… Sur la météo économique tout d’abord. 

D’un côté, à cause de la surprise du résultat, des indicateurs ont viré au rouge. Il faut l’avouer, c’était un peu la panique au début ! La baisse du cours de la livre sterling s’est accompagnée d’une légère hausse des prix, qui pourrait durer. À cause du nouveau taux de change, certains produits importés coûtent un peu plus cher, notamment pour les entreprises.

D’un autre côté, certains indicateurs sont passés au vert, montrant une économie qui résiste : par exemple, les bourses ont repris des couleurs et le chômage s’est stabilisé après avoir baissé. Le gouvernement avait d’ailleurs pris des mesures pour amortir le choc comme un plan de soutien aux banques. Un choc donc mais pas le krach annoncé…

Mais pour combien de temps ?

Et bien pour l’instant, l’incertitude qui flotte autour du Brexit risque de conduire à un ralentissement de l’économie Britannique, avec une croissance plus ou moins soutenue selon les prévisions. Ce ralentissement pourrait aussi toucher la zone Euro et l’économie mondiale. Pour Catherine Mathieu, économiste à l’OFCE, « Nous sommes dans une période de transition et d’attentisme pour l’économie. L’élément fondamental à venir sera la négociation entre le Royaume-Uni et l’UE. »

Les conséquences à long terme restent encore difficiles à mesurer car elles dépendront surtout de la forme que prendra le Brexit et des nouveaux liens tissés entre le pays et l’UE, mais aussi avec ses autres partenaires économiques comme le Japon. Par exemple, le Royaume-Uni veut contrôler ses frontières mais va-t-il se maintenir dans le marché commun européen ? That is the question…

Et selon la réponse,  les marchés seront rassurés ou risquent au contraire de s’affoler, pouvant causer un électrochoc dans l’économie et sur la City. La bourse de Londres pourrait voir ses activités réduites au profit de Berlin ou Paris. 

Ce vote est clairement un revers pour le conservateur David Cameron, qui a laissé son siège de premier ministre et de député, mais aussi pour le leader des Travaillistes, Jeremy Corbyn. Ils n’ont pas su faire gagner le camp du « remain ». Du coup en politique, c’est un peu le turn over.

Et comme la situation est inédite, personne ne sait vraiment comment s’y prendre.  Alors, un ministère de la sortie de l’UE a été créé et 300 personnes recrutées. Le pays lui-même a été très divisé à propos du Brexit, notamment sur la question de l’immigration. Les crimes de haine, par exemple envers les Polonais, ont bondi. En juin, leur chiffre a augmenté de 42% comparé à l’an dernier. Certains Britanniques se renseignent même pour obtenir un passeport en Irlande et rester dans l’UE malgré le vote. 

L’Écosse et l’Irlande du Nord, elles aussi, voudraient bien garder leur place au chaud dans l’UE. Vont-elles rester dans le Royaume-Uni ou prendre leur indépendance pour se maintenir dans l’UE ?

Enfin, il reste LA question que tout le monde se pose : il sort quand le Royaume-Uni ? Et bien c’est pas demain la veille ! Il faut d’abord déclencher l’article 50 qui ouvre une période de négociation avec l’UE. Elle peut durer deux ans voire plus s’il y a des blocages. Un 2e referendum pourrait par exemple être organisé mais c’est peu probable si on en croit la nouvelle Première ministre Thérésa May.

En attendant, le Royaume-Uni reste dans le brouillard mais dans l’UE quand même. De son côté, l’UE fait grise mine. Elle pourrait subir les effets du Brexit, le Royaume-Uni étant un partenaire commercial clé.

Mais elle ne se laisse pas abattre. Le Président de la Commission européenne a par exemple annoncé en septembre tout une série de mesures (plan d’investissement pour la croissance, développement de la 5G, surveillance des frontières, renforcement d’Europol…). Car surtout, l’UE veut éviter un effet domino : que l’exemple du Brexit inspire d’autres États et menace un édifice européen déjà dans la tempête.

Réalisateur : Maxime Chappet

Producteur : Corner Prod

Année de copyright : 2016

Année de production : 2016

Année de diffusion : 2016

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