Les jeux olympiques, bons pour l'économie ?

Decod'éco
Publié le 17/11/17Modifié le 13/11/19

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13 septembre 2017 : le Comité international olympique annonce l’attribution des JO 2024 à Paris et 2028 à Los Angeles. Pour ces villes, la compétition n’a pas été trop dure : toutes les autres villes candidates ont abandonné la course. Leur motif ? Organiser les jeux coûte trop cher, et n’est pas rentable. Ont-elles eu raison ?

Les jeux olympiques : pas de rentablité 

Les Jeux olympiques coûtent cher aux villes organisatrices; il faut construire des installations sportives, un village olympique, payer la sécurité et l’accueil des athlètes et du public, etc. En moyenne, cela a coûté 8,9 milliard de dollars pour les 6 dernières éditions; et c’est sans compter les infrastructures non sportives (routes, transports publics, hôtels..) qui coûtent parfois plus que les jeux eux-mêmes.

UN DEPASSEMENT DE BUDGET INEVITABLE

Les Jeux olympiques génèrent systématiquement des surcoûts massifs . En moyenne, ils coûtent 2,7 fois plus que leur budget prévisionnel ! Cela a pu monter jusqu’à 8 fois plus pour Montreal en 1976 : mais toutes les villes ont dépassé leur budget. C’est normal : il s’agit d’énormes projets à accomplir dans un délai impératif. On ne peut pas décider de décaler les jeux si le stade n’est pas terminé ! Résultat, l’essentiel des surcoûts se produit dans les 6 derniers mois, lorsqu’il faut à tout prix boucler à temps. 

Une fois les jeux terminés, ces infrastructures risquent de ne plus servir à rien. Celles des jeux d’Athènes pourrissent sur place; à Rio, seulement 15% du village olympique a pu être revendu sous forme de logements.


Quelles sont les gains générés par les JO ?

Il y a trois sortes de gains attendus de l’organisation des jeux :

LES RECETTES DIRECTES
Ces recettes comprennent les droits télévisés, la billetterie et le sponsoring. Les droits télévisés, qui en constituent la plus grande part, sont pour l’essentiel conservés par le CIO, qui n’en laisse qu’une partie (30% en général) aux organisateurs. Mais au final, la somme des recettes ne couvre qu’une petite fraction du coût d’organisation (30% pour Londres). Le reste doit donc être supporté par les contribuables de la ville, de la région ou de l’Etat qui accueille. 

LES BENEFICES INDIRECTS
La ville va recevoir beaucoup de visiteurs pendant les jeux, ce qui va créer des emplois et de l’activité économique. Problème : dans le même temps, beaucoup d’autres renoncent à venir, car faire du tourisme pendant les jeux dissuade certains . Au bout du compte, les gains sont très limités, bien en dessous des attentes. Quelques milliers d’emplois pendant le mois des jeux, au mieux. 
LES GAINS DE NOTORIETE
Certaines villes profitent des jeux pour gagner en visibilité auprès des investisseurs, ou des touristes futurs. Barcelone a bénéficié de cet effet. Mais cela vaut surtout pour des villes peu connues ; une grande capitale comme Paris n’a pas grand-chose à y gagner. Et cet effet n’est pas très grand : certaines études ont montré que les villes ayant échoué dans leur candidature pour les jeux reçoivent autant d’investissements que les villes ayant réussi.

Les JO, une course au prestige ?

Etant donnée cette faible rentabilité, on comprend les villes qui renoncent, plus difficilement celles qui insistent malgré tout. On peut l’expliquer par l’ego des dirigeants politiques avides de médiatisation et de prestige ; mais aussi la pression concurrentielle entre villes qui pousse celles-ci à des dépenses excessives pour obtenir les jeux et se trouvent ainsi prises au piège. Notons que les seuls JO rentables de l’histoire ont été ceux de 1984, dont personne d’autre ne voulait. Un bon présage pour Paris ? 

Pour en savoir plus sur l'impact économique des Jeux olympiques, découvrez Sport mondialisé : du pain et des jeux de la série #Datagueule

 

Réalisateur : Maxime Chappet

Nom de l'auteur : Alexandre Delaigue

Producteur : francetv éducation

Année de copyright : 2017

Année de production : 2017

Année de diffusion : 2017

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