Données personnelles : quand le numérique nous transforme en produit

Les clés du numérique
Publié le 07/11/19Modifié le 18/11/19

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L’Histoire : une nouvelle application fait son apparition à Troupaumé. Elle donne plein d’informations sur les sorties dans la ville et gratuitement ! Les copains se jettent dessus et reçoivent très vite plein de publicités qui correspondent à leurs centres d’intérêt.
Sur le fond : si c’est gratuit c’est toi le produit, illustration de cet adage, toutes les informations qu’on laisse volontairement ou non sur un site, a fortiori s’il est gratuit, sont pain béni pour les publicitaires.

« Eh regardez ce truc, c'est génial ! »

Ce matin, Fama a montré aux copains la trouvaille qu'elle vient de télécharger sur son téléphone.

« Une appli avec tout ce qu'on peut faire à Troupaumé, les bars, les nouveaux magasins... Et en plus c’est gratuit ! »

L’appli s’appelle « Sorties de Trou ». Les copains l’ont tout de suite téléchargée. Mais au bout de quelques jours, Romain a vu passer sur son réseau social plein de publicités pour des chaussures de skate et Léa a été inondée de pubs pour des vinyles. Que s’est-il passé ?

Tout vient, évidemment, de l'application de Fama. Elle est très bien faite, très utile et pourtant, elle est gratuite. C’est curieux non ? Comment ceux qui ont inventé cette appli gagnent-ils leur vie ? La réponse : si c'est gratuit, c'est toi le produit. Autrement dit : ils gagnent leur vie grâce à toi et tes données. Explications.

Quand Léa s’est inscrite sur « Sorties de Trou », elle a cliqué sur ses centres d’intérêt, elle est allée voir les sites partenaires. Ses coordonnées, ses clics, ses recherches, ses likes, tout cela laisse des traces. Vous avez sûrement entendu parler des cookies. C’est comme un portrait de Léa. Voilà ce qu’on appelle les données personnelles. Et c’est de l’or pour les marques et les publicitaires car c’est comme ça qu’ils nous connaissent. Maintenant vous avez compris comment les inventeurs de « Sorties de Trou » gagnent leurs vies. Ils vendent les données de leurs clients à des publicitaires.

Que cherche une marque qui fait de la publicité sur Internet ?

À toucher des consommateurs qu’elle peut vraiment intéresser. Une marque de skate a peu de chances de faire des affaires avec une personne âgée. Mais avec des ados qui likent les vidéos de skate, forcément beaucoup plus. C'est ce qu'on appelle la publicité ciblée.

Alors c’est malin, mais c'est assez flippant. C'est un peu comme si une marque de boissons vous suivait partout pour connaître vos habitudes et vous vendre plus de sodas. Et puis l'utilisation de nos données peut aller plus loin. Si elle sert à une marque qui veut nous vendre un vinyle, ça n'est pas très grave. Mais si elles servent à un parti qui veut influencer notre vote, c’est nettement plus gênant.

Petit à petit les lois évoluent. Les sites doivent dire plus clairement ce qu'ils font de nos données. Et de ce point de vue, l’Europe permet d’aller plus vite pour faire face aux géants américains. Mais notre empreinte numérique ne disparaît pas comme ça. Nos visites, nos recherches, même les plus inavouables, laissent des traces. Sur son réseau social, Leonard reçoit plein de pubs pour des déodorants maintenant. Il a vraiment des problèmes d’empreinte…

Réalisateur : Mathieu Decarli; Olivier Marquézy

Nom de l'auteur : Bruno Duvic

Producteur : France Télévisions; La Générale de Production; Radio France

Année de copyright : 2019

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