Cyber-harcèlement : la violence n’a rien de virtuel

Les clés du numérique
Publié le 07/11/19Modifié le 18/11/19

Sur le même sujet

L’histoire : Kamel est à l’hôpital, après avoir été victime d’une campagne de cyber-harcèlement. Coming-out forcé via une vidéo où on le voit avec un garçon, moqueries, insultes… Son amie Fama ne sait pas quoi faire, d’autres lycéens se rendent complices du harcèlement sans réaliser la gravité des faits.
Sur le fond : rappeler que cyber-harcèlement et harcèlement tout court vont souvent ensemble. Insister sur l’effet de meute : au-delà de quelques harceleurs actifs, ceux qui relaient une insulte ou une rumeur d’un clic se rendent complices.

Romain a lancé la vidéo, Léonard a relayé, Cindy a commenté, Léa a liké, Fama ne savait pas quoi faire… Kamel a fini aux urgences, après avoir avalé des comprimés.  

Qu'est-ce que le cyber harcèlement ? 

Au départ il y a Romain. Il a renversé le petit frère de Kamel. Rien de grave, mais Kamel, alias monsieur règlement, a tenu à signaler l’incident à la proviseure. Dès le lendemain, une vidéo anonyme a circulé sur les réseaux. Deux garçons de dos, ils sont visiblement très proches, et on reconnaît bien monsieur K, comme il est écrit en commentaire.

La vidéo a circulé, et Kamel a reçu en plus une flopée de messages anonymes ou vengeurs sur les réseaux, sur son mail et même sur son portable.

L’insulte qui revient le plus souvent pour Kamel au lycée, c’est tapette. Et ça c’est un signe. Harcelé sur écran, les victimes sont aussi agressées directement.

Et puis dans cette histoire, il y a l’anonymat. Romain a fait circuler la vidéo sous pseudo, avec un titre bien racoleur. Très courageux et en partie illusoire, car avec des enquêtes minutieuses, on réussit à lever l’anonymat.

Cet anonymat qui fait des réseaux et forums le dernier lieu où l’on insulte, est-ce qu’il faut l’interdire ? C’est sans doute trop difficile et radical, l’anonymat est souvent précieux, par exemple dans un bureau de vote, ou encore dans des pays où la liberté d’expression n’est pas respectée. Sur Internet comme dans la rue, l’équilibre entre liberté et sécurité est toujours en débat.

Message à Fama, qui ne savait pas quoi faire pour aider son ami. Désormais les grandes plateformes permettent de signaler les contenus illicites et les profils des harceleurs peuvent être suspendus. Encore faut-il les dénoncer.

Pareil pour les SMS numéro masqué, avec une plainte, on peut retrouver le correspondant. Quant à ceux qui ont juste liké ou commenté en se disant qu’une petite leçon ne ferait pas de mal à Kamel, en fait c’est comme un coup de pied en plus qu’on donnerait à quelqu’un déjà à terre. C’est l’effet de meute. Désormais, même si on a publié que quelques messages, dans le cadre d’un harcèlement, on est sous le coup de la loi. Car les insultes, les appels à la haine, même sur un écran d’ordinateur ou de téléphone, c’est de la violence, comme une claque, comme un crachat.

Alors comment s’en protéger ? En parlant, à ses amis, sa famille, aux associations qui existent pour écouter, et en faisant attention à ce qu’on poste sur le net.

Réalisateur : Mathieu Decarli; Olivier Marquézy

Nom de l'auteur : Bruno Duvic

Producteur : France Télévisions; La Générale de Production; Radio France

Année de copyright : 2019

Voir plus

Retrouve ce contenu dans :