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Actualité03:48Publié le 26/01/2024

Les Klarsfeld : une vie de combat contre l'antisémitisme

Décod'actu

Beate et Serge Klarsfeld ont dédié leur vie à traquer d’anciens criminels nazis qui ont échappé à la justice. Pour honorer la mémoire des victimes de la Shoah. Leur engagement a changé le regard sur l’Holocauste.

Qui sont les Klarsfeld ?

Beate Künzel naît en 1939, en Allemagne, dans une famille protestante luthérienne. Serge Klarsfeld, lui, naît en 1935 à Bucarest. Il a un an lorsque sa famille juive roumaine s’installe définitivement en France. En 1943, il a 8 ans quand il assiste à Nice à l’arrestation de son père par la police de Vichy. Déporté à Auschwitz, celui-ci meurt quelques mois plus tard.

Serge et Beate Klarsfeld se rencontrent en 1960 à Paris. Au contact de Serge, Beate prend conscience de la responsabilité de l’Allemagne dans le génocide des juifs.

Dans l'après-guerre, il y a peu de témoignages sur la Shoah

A la sortie de la Seconde Guerre mondiale, on parle en effet peu de la Shoah. Les victimes et les témoins se taisent. Il faut attendre 1961 et la médiatisation du procès d’Adolf Eichmann, dignitaire nazi responsable de la logistique de la « solution finale », pour que la parole commence à se libérer. A cette époque, de nombreux dirigeants nazis n’ont pas été jugés. Certains vivent dans la clandestinité. D’autres accèdent au pouvoir. C’est le cas par exemple de Kurt Kiesinger, ancien propagandiste hitlérien, élu chancelier d’Allemagne de l’Ouest en 1966.

Les premières actions et la traque des nazis 

En France, la responsabilité du régime de Vichy dans la déportation des juifs n’est pas non plus ouvertement reconnue. Pour Beate et Serge, cette situation est insupportable. Ils décident de s’engager : 

  • Beate Klarsfeld enquête sur le passé du chancelier Kurt Kiesinger. En 1968, lors d’un congrès politique à Berlin, elle réussit à s’infiltrer dans la salle et le gifle en public, en le traitant de nazi. Par ce coup d’éclat, elle attire l’attention des médias et de l’opinion publique allemande.
  • Le couple franco-allemand se lance ensuite dans une traque des criminels nazis avec un objectif : les mener devant les tribunaux. Manifestations, provocations, tentatives d’enlèvement, ils n’hésitent pas à recourir à des méthodes musclées. Leur activisme les mène dans le monde entier. 
  • Ils accumulent des preuves et réussissent à faire juger, en 1979, les principaux responsables de la Shoah en France : Ernst Heinrichsohn, Kurt Lischka et Herbert Hagen.
  • En 1971, ils retrouvent aussi la trace de Klaus Barbie en Bolivie. Surnommé le « boucher de Lyon », il a déporté 14 000 personnes et torturé à mort le héros de la Résistance Jean Moulin. Barbie sera jugé 16 ans plus tard pour crimes contre l'humanité, en 1987.

Les Klarsfeld et le devoir de mémoire

Bien que très médiatisé, leur combat ne se résume pas à la traque des nazis. Le couple a aussi mené un minutieux travail de mémoire. En 1978, Serge Klarsfeld, avocat et historien, publie notamment Le Mémorial de la déportation des Juifs de France. Cet ouvrage rassemble pour la 1re fois l'état civil complet et l'adresse de la quasi-totalité des 76 000 déportés juifs de France, de 1940 à 1944.

Cette vie de combat pour la justice, contre l’oubli et l’antisémitisme, a permis de faire prendre conscience de la nécessité du travail de mémoire.

Réalisateur : Maxime Chappet

Nom de l'auteur : Delphine Tayac

Producteur : France Télévisions, Corner Prod

Année de copyright : 2024

Année de production : 2024

Publié le 26/01/24

Modifié le 29/01/24

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