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Histoire05:12

Le procès de Nuremberg

La grande explication

Le 20 novembre 1945, à peine la seconde guerre mondiale terminée, le plus grand procès de l’histoire s’ouvre dans le palais de justice de Nuremberg, en Allemagne. À 9h45, dans le crépitement des flashs des 400 journalistes présents, vingt-et-un des plus hauts dirigeants nazis s’installent sur le banc des accusés. Ils s’apprêtent à comparaître devant un tribunal militaire international composé de juges britanniques, américains, russes et français : les quatre pays vainqueurs. Pendant plus de dix mois, ce procès inédit va tâcher de juger et de punir sans délai les responsables de l’une des pages les plus sombres de notre histoire. 

Quels sont les chefs d’accusation ?

La ville de Nuremberg n’est pas choisie par hasard. C’est là que dix ans plus tôt, en 1935, le IIIe Reich promulguait les lois de Nuremberg : terreau de l’idéologie raciste et antisémite nazie. S’en suivra la guerre, l’horreur, le massacre de populations civiles, l’humiliation, la haine, le génocide de plus de cinq millions de juifs et l’abnégation de la valeur humaine. Face à l’immensité de ce génocide et aux atrocités commises par les nazis, quatre chefs d’accusation sont retenus contre les prévenus : Complot, Crimes contre la Paix, Crimes de guerre et Crimes contre l’Humanité. Tous plaident « non-coupable ». Parmi eux, Hermann Göring, maréchal du Reich, Rudolf Hess, adjoint d’Hitler, Joachim Von Ribbentrop, Ministre des Affaires étrangères et Wilhem Keitl, Chef de la Wermarcht.

Nuremberg, le procès de son siècle

Certains absents manquent cruellement à l’appel. À commencer par Adolf Hitler, principal responsable de la Shoah, qui s’est suicidé dans son bunker quelques mois plus tôt… Pendant près d’un an, de nombreux témoins, rescapés, médecins ou militaires se succèdent à la barre, tandis que des dizaines de milliers de documents sont présentés à la cour. Aucun tribunal n’avait jamais entendu pareille énumération de meurtres de masse. Pour la première fois, plusieurs films sont projetés pendant l’audience, preuves irréfutables de la barbarie nazie. Insoutenables, ces images veulent confronter les accusés à leurs crimes, mais ont aussi valeur de témoignage. Le procès, massivement couvert par la presse internationale, est d’ailleurs intégralement filmé, pour ne jamais oublier… Alors, pour éradiquer à jamais le nazisme et éviter que de tels crimes ne se reproduisent, le procès de Nuremberg innove et jette les bases d’une nouvelle justice.

Une nouvelle justice ?

A la libération des camps en 1945, lorsque s’ouvrent les portes de l’enfer, les mots manquent pour décrire l’horreur. Il n’existe pas non plus de vocabulaire ni de cadre juridique pour traduire ces crimes sans précédent. Les alliés instaurent alors pour la première fois un tribunal international et inventent les notions de crime contre la paix et contre l’humanité pour désigner la violation des droits fondamentaux d’un individu ou d’une population.

La Déclaration universelle des droits de l’homme adoptée par l’ONU

Les hommes ne sont d’ailleurs pas les seuls à être jugés : pour la première fois des institutions telles que la SS - l’escadron de protection nazi - ou la Gestapo - la police du Reich - figurent aussi sur le banc des accusés. Pour consolider ce nouveau droit mondial, l’ONU promulgue la Déclaration universelle des droits de l’homme, le 10 décembre 1948. D’autres procès seront ouverts pour juger les responsables encore vivants : les gardiens de camps, les tortionnaires, les médecins, les complices et les donneurs d’ordre… Parmi les plus célèbres : Adolf Eichmann, artisan de la solution finale, Klaus Barbie, tortionnaire de Jean Moulin, Maurice Papon, fonctionnaire français complice du génocide.

Quel est le verdict ?

Le 1er octobre 1946, à 13h50, la Cour se réunit pour la dernière fois afin de rendre son verdict. Douze prévenus sont condamnés à mort. Parmi eux, Göring, Ribbentrop, ou encore Keitl… Les autres sont condamnés à la prison, parfois à vie. Trois enfin sont acquittés, à la surprise générale. Mais pour certains, cette justice des vainqueurs est contestable. Non pas pour les crimes commis par les nazis, mais pour ceux commis par les alliés, notamment l’utilisation de la bombe atomique en août 1945…

 

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Réalisateur : Flore-Anne d'Arcimoles

Nom de l'auteur : Flore-Anne d'Arcimoles

Producteur : INA, France Télévisions, RTS, avec la participation de TV5Monde et Swedish Film AB

Année de copyright : 2020

Année de production : 2020

Publié le 15/09/20

Modifié le 21/09/20

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