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Actualité04:31

Polynésie française, derrière la carte postale

Terres d'Outre-mer

Le lagon, les vahinés, les plages paradisiaques... Au centre de l’océan Pacifique, la Polynésie française bénéficie d’une image exotique et idyllique, vue de l’Hexagone. Une réputation qui a attiré et inspiré de grands artistes, comme Gauguin, Brel, Matisse, Stevenson, Melville, Jack London ou encore Marlon Brando.

Un territoire grand comme l’Europe

Le territoire de la Polynésie est magnifique. Et surtout immense. L’équivalent de l’Europe en superficie. Sa zone économique exclusive s’étend sur presque 4,8 millions de km². Soit 44% de toutes les ZEE françaises. Et depuis 2018, elle est aussi une des plus grandes aires marines protégées au monde.

Ce vaste espace reste difficile à gérer, surtout pour les transports et leurs coûts. Ses cinq archipels regroupent tout de même 118 îles… dont 76 habitées… pour une population de plus de 275 000 personnes.

Des essais nucléaires pendant 30 ans

Cet environnement exceptionnel profite au « fenua », le « pays » en tahitien. Le tourisme occupe une place centrale dans l’économie locale, loin devant l’exportation de perles ou de vanille. Mais cet équilibre s’avère fragile… et récent. Pendant plus de trente ans, l’économie de la Polynésie s’est construite autour des essais nucléaires.

Difficile d’imaginer des champignons nucléaires au-dessus des cocotiers. Sauf qu’en pleine Guerre froide, la France se lance elle aussi dans la course à l’armement nucléaire. Chassée du Sahara suite à l’indépendance de l’Algérie, l’armée française choisit la Polynésie pour continuer ses essais. Elle y construit, au début des années soixante, le Centre d’expérimentation du Pacifique.

Entre 1966 et 1996, la France effectue 193 essais nucléaires dans les atolls inhabités de Mururoa et de Fangataufa. Un quart d’entre eux sont en plein air. Certaines bombes sont près de 150 fois plus puissantes, que celle larguée sur Hiroshima, au Japon, lors de la Seconde Guerre Mondiale. Et le tout se fait dans le plus grand secret sans prévenir la population et les militaires des dangers sur la santé.

Les nuages radioactifs atteignent toute la Polynésie, dont l’île de Tahiti, la plus peuplée. Il faut attendre 2010, pour que la France vote une loi sur la reconnaissance et l’indemnisation des victimes des essais nucléaires. Mais une décennie plus tard, les victimes peinent à obtenir gain de cause.

Ces essais ont bouleversé le mode de vie traditionnel. En peu de temps, les Polynésiens ont vu arriver de nouvelles infrastructures, un afflux de population, et la société de consommation.

Un territoire avec une large autonomie politique

L’après Seconde Guerre Mondiale voit aussi naître un mouvement autonomiste. Il se fédère autour de la figure de Pouvana’a a Oopa , surnommé «Te Metua », « Le père » du nationalisme polynésien.

Aujourd’hui, la Polynésie bénéficie d'une large autonomie politique au sein de la République. Elle possède une assemblée territoriale élue au suffrage universel, un président de pays, et un gouvernement. En 2013, elle a même été ajoutée sur la liste de l’ONU des pays à décoloniser. Mais cette inscription suscite de nombreuses tensions politiques.

La revendication politique s’accompagne à partir des années 70, d’un renouveau de la culture tahitienne. La Polynésie est sous protectorat français depuis 1843, mais son peuplement remonterait au début de notre ère.

Une culture identitaire très forte

Cette culture millénaire a bien failli disparaître au XIXe siècle, quand les missionnaires protestants ont banni les traditions jugées « impudiques ». Ils ont obligé les Polynésiens à couvrir leur corps, et ont interdit les danses, les chants, les tatouages et même les parures de fleurs.

Aujourd’hui, l’identité maohie s’exprime au quotidien. Elle s’est même exportée dans le monde avec le tatouage traditionnel et la danse tahitienne, appelée ori tahiti, ou tamure.  En Polynésie, le festival du Heiva i Tahiti est l’événement culturel majeur. Ses compétitions de danse, de chant et de sports traditionnels, durent tout un mois.

Réalisateur : Maxime Chappet

Nom de l'auteur : Fabien Dubedout

Producteur : Corner Prod

Année de copyright : 2020

Année de production : 2020

Publié le 08/09/20

Modifié le 08/09/20

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