Vidéo : Comment la cartographie influence notre vision du monde

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Comment la cartographie influence notre vision du monde

Géopoliticus

La cartographie, c’est l’étude et l’élaboration de cartes et de plans géographiques.

De l’Antiquité aux grandes découvertes, itinéraire des représentations du monde

Historiquement, les premiers cartographes sont des savants grecs, comme Ptolémée, déjà conscients que la Terre était ronde.

Ils réalisent des représentations très avancées du monde.

Au Moyen Âge, si les connaissances géographiques héritées de l’Antiquité ne parviennent pas à l’Europe occidentale, elles perdurent en Orient et dans le monde arabe.

À partir du XVe siècle, la navigation à l’échelle planétaire et les grandes découvertes permettent d’améliorer la précision des cartes, qui représentent alors les rapports de forces géopolitiques.  

En 1569, le scientifique flamand Gerardus Mercator développe la projection du même nom qui permet de représenter la terre sphérique sur une surface plane, et de reporter la mesure des angles au compas sur la carte, ce qui facilite la navigation. Mais les distances et les surfaces sont faussées. Plus les territoires sont éloignés de l’équateur, plus leur taille est amplifiée, favorisant de fait les pays du Nord.

Le Groenland est en réalité quatre fois plus petit que le Brésil ; l’Afrique près de deux fois plus grande que la Russie. Le planisphère de Mercator reste pourtant jusqu’à aujourd’hui la projection de référence.

Quelle planisphère pour quelle vision du monde ?

Néanmoins, d’autres méthodes de projection ont été développées : la projection de Peters qui permet de conserver la taille réelle des territoires ; ou la projection polaire qui tente de respecter la surface et la forme des continents...  

Insidieusement, la cartographie influence notre vision du monde. Celle-ci est d’autant plus orientée que les planisphères sont généralement centrés sur les régions dans lesquelles nous vivons. Voici comment un Européen voit généralement le monde ; alors que les Américains le perçoivent ainsi ; les Chinois de cette manière ; tandis que les Australiens inversent complètement le planisphère !

Au XXe siècle, les satellites permettent le développement d’outils tels que Google Maps, leader de la cartographie en ligne, ou son concurrent Open Street Map, qui donnent à des milliards d’utilisateurs l’accès à une cartographie précise de l’ensemble du globe.

La cartographie moderne face au défi des enjeux stratégiques

Mais la cartographie passe également par le tracé des frontières qui implique inévitablement une prise de position quant à certains conflits frontaliers.

Même Google adapte ses représentations aux exigences de certains États. Par exemple, Google a cédé aux pressions indiennes pour intégrer dans sa version locale l’ensemble de la région disputée du Cachemire au territoire indien, contrairement à la version internationale.

Les choix de tracés frontaliers ont même causé des incidents diplomatiques, comme en 2010 lorsque le Nicaragua, se fondant sur les frontières indiquées par Google Maps, a fait stationner des troupes sur une île appartenant en réalité au Costa-Rica. Preuve que la cartographie a un impact géopolitique concret.

Les nouvelles technologies ont permis de perfectionner nos représentations, sans pour autant libérer le cartographe des choix politiques liés aux tracés frontaliers.

 

 

POUR ALLER PLUS LOIN

  • Le Dessous des cartes. Itinéraires géopolitiques  de JeanChristophe Victor (Tallandier, 2012)
  • Atlas géopolitique du monde global par Pascal Boniface et Hubert Védrine (Armand Colin/Fayard, 2020)
  • Atlas de relations internationales par Pascal Boniface (Armand Colin, 2020)

Réalisateur : Maxime Chappet

Nom de l'auteur : Victor Pelpel

Producteur : France Télévisions

Année de copyright : 2020

Année de production : 2020

Publié le 19/11/20

Modifié le 20/11/20

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