Le Vatican, Etat incontournable de la diplomatie mondiale ?

Géopoliticus
Publié le 21/10/19Modifié le 26/11/19

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Ce qu’on appelle le « Vatican » désigne deux choses : d’une part, le Saint-Siège et, d’autre part, la cité-État du Vatican.

Le Vatican entre pouvoir politique et autorité religieuse

  • Le Saint-Siège est un sujet de droit international. Il représente l’Église catholique en général, avec le pape à sa tête. Théoriquement, il existe depuis les débuts du christianisme et il n’est pas lié à un territoire.
  • La cité-État du Vatican, elle, est un État souverain dont le territoire correspond à un petit quartier de Rome. C’est le plus petit État du monde. Il a été créé en 1929 par les accords du Latran, signés entre le Saint-Siège et l’Italie de Mussolini. Comme le Saint-Siège, c’est le pape qui est à sa tête, en tant que souverain absolu.

Le seul acteur international n’est donc pas l’État du Vatican, qui ne compte que 800 habitants, mais bien le Saint-Siège, qui représente 1,3 milliard de catholiques. Un chiffre en augmentation grâce au nombre croissant de nouveaux catholiques dans des régions comme l’Afrique subsaharienne et l’Asie. Grâce aux Églises locales, aux ordres religieux, aux organisations caritatives ou aux fidèles investis dans tous les domaines de la société, les responsables romains disposent d’un réseau d’information et d’influence de premier ordre. C’est le « soft power » romain.

Des États pontificaux à la cité du Vatican

Mais comment en est-on arrivé là ? Au cours du premier millénaire, la papauté avait édifié un véritable État autour de la ville de Rome : les États pontificaux. Pendant des siècles, le pape était donc à la fois le chef d’un État qui pesait sur l’échiquier politique, et le chef de l’Église catholique. Cette longue expérience a permis à la papauté de développer ses compétences diplomatiques. Si la prétention temporelle des papes a fini par disparaître, notamment à partir du moment où l’État italien a annexé les États pontificaux en 1870, la tradition diplomatique, elle, est restée, avec en particulier un personnel très bien formé. L’autorité spirituelle du pape lui a longtemps permis d’agir comme intermédiaire, voire comme juge dans les affaires internationales. À la fin du XVe siècle, à l’époque des Grandes Découvertes, c’est sous la surveillance du pape Alexandre VI que l’Espagne et le Portugal se sont partagé les nouveaux territoires, avec le traité de Tordesillas en 1494.

Le Vatican et les puissances internationales

Aujourd’hui, les ambassadeurs du Saint-Siège — les nonces — sont accrédités auprès de plus de 180 pays. Le Saint-Siège est également représenté auprès d’organisations internationales telles que l’ONU ou le Haut-Commissariat pour les réfugiés. La diplomatie du Saint-Siège vise d’abord à assurer la défense des intérêts de l’Église catholique, en particulier la liberté de culte et d’enseignement. Mais elle intervient aussi dans des domaines plus politiques ou sociétaux. Elle agit enfin comme intermédiaire dans des négociations de paix ou en faveur des droits de l’homme. Cette influence diplomatique s’est fait sentir, par exemple, au moment de la décomposition du bloc de l’Est. D’autres interventions ont été remarquées : dénonciation de l’intervention américaine en Irak en 2003, reprise des relations entre les États-Unis et Cuba en 2014, et récemment, appel en faveur des migrants.

 

Pour en savoir plus

Observatoire géopolitique du religieux de l’IRIS, sous la direction de Nicolas Kazarian et François Mabille

- Géopolitique du Vatican, émission géopolitique le débat, RFI, animée par Marie-France Chatin

- Comprendre le monde de Pascal Boniface (éd. Eyrolles, 2019)

- L’Année stratégique 2020 sous la direction de Pascal Boniface (éd. Armand Colin, 2019)

- La géopolitique de Pascal Boniface (éd. Eyrolles, 2019)

Réalisateur : Maxime Chappet

Nom de l'auteur : Jérôme Anciberro

Producteur : France Télévisions

Année de copyright : 2019

Année de production : 2019

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