Vidéo : Jeux olympiques et politique

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Réseau Canopé
Sport04:26Publié le 18/06/2021

Jeux olympiques et politique

Sport et histoire

Bien que l’apolitisme et la paix universelle soient des valeurs prônées par la Charte olympique telle qu’imaginée par Pierre de Coubertin, les Jeux ont eu beaucoup de mal à se défaire des tensions qui ont animé le monde durant le XXe siècle. Au contraire, la compétition qui occupe le premier plan du sport mondial aura été maintes fois l’occasion d’illustrer les différends entre pays et peuples.

Une neutralité difficile

Jeux olympiques de Mexico, en 1968. Tommie Smith et John Carlos, deux athlètes afro-américains, terminent respectivement 1er et 3e en finale du 200 mètres. Lors de la remise des médailles, ils marqueront l’histoire des Jeux modernesen baissant la tête et en levant leur poing couvert d’un gant noir en signe de protestation contre les violences racistes qui déchirent les Etats-Unis. Pour avoir importé le débat politique interne d’un pays au sein des Jeux, ils seront immédiatement suspendus puis exclus à vie des compétitions.

 

Ce refus de l’ingérence politique au sein des Jeux remonte à leur renaissance même, par Pierre de Coubertin. Pour lui, l’événement se devait d’être apolitique et avait pour but de promouvoir la paix. Cependant, depuis la fin du XIXe siècle, rares ont été les éditions se déroulant sans aucune tension. Dès leur retour, en 1896, les Jeux auront connu un boycott de la part de l’Empire Ottoman, en conflit frontalier avec la Grèce, pays organisateur. 4 ans plus tard, les Jeux de Paris permettront à la France de montrer un esprit de revanche envers l’Empire Allemand, vainqueur de la guerre de 1870. Puis les jeux de Saint-Louis, aux Etats-Unis, en 1904, témoigneront du racisme régnant dans le pays, tandis que les races considérées comme « inférieures » doivent se contenter de compétitions à part.

 

Les Jeux deviennent ainsi une tribune de premier ordre pour les politiques et les pays, à l’image des Jeux olympiques de Berlin, en 1936, où l’Allemagne, gouvernée depuis 3 ans par un régime nazi, met tout en œuvre pour montrer la supériorité aryenne, sans réaction de la part du CIO ou des pays participants. Mais cette volonté sera quelque peu ébranlée par le succès triomphal de l’athlète afro-américain Jesse Owens, qui y obtiendra 4 médailles d’or. Quant au communisme, qui émerge, lui, dans les années 1920, il s’oppose aux Jeux olympiques et créera, pour les concurrencer, des olympiades ouvrières. Celles-ci, qui auront le mérite d’être complètement ouvertes aux femmes, contrairement aux Jeux à cette époque, se dérouleront pendant près de 30 ans, jusqu’en 1952.

 

Jeux olympiques et l’après-guerre

Après la Seconde Guerre mondiale, les Jeux olympiques feront office de scène dans l’affrontement entre les Etats-Unis et l’URSS, avec, de nouveau, des boycotts répétés. De son côté, le CIO tente de conserver la neutralité politique de l’événement, notamment sous la présidence d’Avery Brundage, de 1952 à 1972. Cette volonté d’apolitisme sera même maintenue lors des Jeux de 1972 à Munich, au cours desquels des athlètes israéliens seront pris en otage puis exécutés par un commando palestinien. Ce à quoi Brundage répondra que « les Jeux doivent continuer ». Le président, connu pour ses opinions racistes et antisémites, montrera plus tard que les limites de cette neutralité peuvent être floues de par son ambiguïté vis-à-vis de deux états exclus des compétitions, l’Afrique du Sud et de la Rhodésie du Sud, alors ségrégationnistes.

 

Les conflits politiques ont moins émaillé les Jeux après la chute de l’URSS. Mais cette période ne durera qu’une quinzaine d’années, jusqu’à l’édition 2008 à Pékin, pour laquelle de nombreux pays et organisations lanceront un appel au boycott en raison des atteintes aux droits de l’homme commis par la Chine envers le Tibet. Ces protestations auront toutefois moins d’effet, à l’instar de celles émises à l’occasion des jeux d’hiver de Sotchi en 2014, car les intérêts diplomatiques et financiers ont pris le pas sur les intérêts politiques à l'échelle mondiale.

Réalisateur : Gérard Lafont

Nom de l'auteur : Frédéric Duchesne

Producteur : Réseau Canopé

Année de copyright : 2017

Année de production : 2017

Publié le 18/06/21

Modifié le 22/07/21

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